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Archives de la catégorie ‘Revue de presse’

Expulsions sans l’accord des propriétaires : 270 personnes en Seine-Saint Denis.

Dans Revue de presse, Rroms, Uncategorized le mars 25, 2011 à 14:49

Alors qu’elles étaient installées sur des terrains appartenant aux mairies de Paris et de Bobigny, les familles rroms ont été expulsées de leur terrain par la préfecture du 93, sans consultation des propriétaires !

Bien que l’article dit 32 ter A/90 de la LOPPSI2 ait été considéré comme anticonstitutionnel, on voit que la préfecture du 93 expulse des habitants en se passant de l’avis des propriétaires. Il aura suffit d’une simple plainte d’ERDF pour raccordement illicite a électricité pour chassé 270 personnes; en invoquant alors des questions de sécurité ils mettent à la rue femmes, et enfants…

Le secteur du pont de Bondy

Après la publication d’un arrêté permettant l’évacuation d’un campement de 270 Roms, dans le secteur du pont de Bondy, à Noisy-le-Sec et Bobigny, la fondation Abbé Pierre dénonce un acte « pris au mépris de la récente décision du Conseil constitutionnel ». Elle demande au préfet l’annulation de cet arrêté.

Selon l’Abbé Pierre, « cet arrêté a été pris au mépris de la récente décision du Conseil constitutionnel de censurer l’art.90 de la loi LOPPSI 2, un article qui visait justement à autoriser les préfets à expulser sans décision de justice les occupants illégaux de locaux ou de terrains en cas de « graves risques » pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques ». En outre, les communes concernées – Paris et Bobigny – n’auraient pas été consultées, et s’étonnent dans un communiqué « de ce manquement aux usages républicains », tout comme le milieu associatif.

source: Le Parisien.

La mairie socialiste de Paris et la mairie communiste de Bobigny ont désapprouvé lundi une évacuation de Roms annoncée par la préfecture de Saint-Saint-Denis. Elles dénoncent son "caractère unilatéral", et demandent à l’Etat une table ronde sur les campements roms.

Quelque 270 personnes, principalement de nationalité roumaine, sont installées sur un terrain, situé sur les communes de Bobigny et Noisy-le-Sec, et propriété des villes de Paris et de Bobigny. "L’arrêté préfectoral se fonde sur une question de sécurité des biens et des personnes, à la suite d’une plainte d’ERDF, pour branchements illégaux sur le réseau électrique", expliquent les deux mairies. "Si nous comprenons les raisons de sécurité qui motivent cet arrêté, nous désapprouvons le caractère unilatéral de cette décision prise sans concertation avec les collectivités locales concernées et les associations qui accompagnent ces populations", ajoutent les municipalités.

Une évacuation "sans solution alternative d’hébergement ne réglera pas le problème", estiment-elles, ajoutant: "Les familles iront s’installer ailleurs et d’autres, à plus au moins long terme, viendront s’y réinstaller". Les mairies demandent à l’Etat d’organiser "une table ronde au niveau régional et départemental pour un traitement socio-économique des campements roms associant les collectivités locales".

source: Europe1.fr /AFP

Poissy irruption dans un camp de Roms/revue de presse

Dans Revue de presse le octobre 29, 2010 à 21:52

Des hommes cagoulés et armés, habillés comme des policiers, ont molesté des Roms…

Le commissatiat de Poissy, dans les Yvelines, a ouvert une enquête vendredi sur une étrange affaire. Dans la nuit de jeudi à vendredi,  plusieurs hommes cagoulés et armés se sont introduits dans un camp de Roms des Yvelines.

D’après les témoignages recueillis par les enquêteurs, ces hommes ont fait irruption dans le camp de la plaine de Triel-sur-Seine vers deux heures du matin dans une voiture munie d’un gyrophare. Ils ont pénétré dans des caravanes avec des fusils et des matraques, arrachant certaines portes.

Habillés comme des policiers

Plusieurs personnes du camp ont indiqué avoir été molestées et menacées avec des armes à feu, une femme précisant avoir été obligée de se déshabiller. L’agression aurait duré une demi-heure, les hommes cagoulés tirant en l’air à plusieurs reprises. Les habitants du camp ont précisé que leurs agresseurs «étaient habillés comme des policiers».

«Ces familles ne pourront jamais oublier ce qu’elles ont vécu. Le plus dramatique est que ces hommes sont repartis avec les papiers d’identité de plusieurs personnes du camp», a indiqué à Annick Omond, du Collectif de soutien aux familles roms de la plaine de Triel-Chanteloup.

Une trentaine de familles roms, menacées d’expulsion, vivent depuis plusieurs années dans des conditions précaires sur un terrain privé dans la plaine de Triel-sur-Seine. Elles réclament un autre terrain pour pouvoir vivre dans de meilleures conditions et notamment être raccordées à un réseau d’eau potable.

source: AFP/20minutes

A Montreuil, les Roms restent à la rue/ article

Dans Revue de presse le octobre 12, 2010 à 12:36

Une trentaine de personnes sont livrées à elles-mêmes dans le centre-ville. La municipalité affirme ne plus pouvoir assumer seule leur accueil.

Les Roms campent depuis huit jours dans une rue du centre de Montreuil.

Les Roms campent depuis huit jours dans une rue du centre de Montreuil.

Photo : Vincent Michelon/metro

Ni squat insalubre ni terrain abandonné, mais un simple trottoir pour dormir. Depuis une semaine, une trentaine de Roms, plusieurs familles avec des enfants en bas âge, campent à même la rue, dans le centre-ville de Montreuil (Seine-Saint-Denis), à deux pas du métro Robespierre. Ces personnes ont été chassées le 5 octobre d’une propriété privée qu’elle squattaient.

“Nous vivons ici depuis trois ans, assure une mère de trois enfants. Durant deux ans, nous avons pu rester sur place. Maintenant, la mairie ne veut plus de nous”. Les Roms ont reçu le soutien sporadique de militants montreuillois, qui ont tenté le 7 octobre d’accéder à un bâtiment municipal abandonné pour leur permettre de s’héberger. Bilan : “Trois personnes ont été interpellées, ainsi que deux mineurs Roms, explique May, une habitante venue les soutenir. La police est intervenue et la municipalité a porté plainte”.

Une évacuation “par sécurité”, assure la Ville, car ce bâtiment était "insalubre". Le conseiller municipal écologiste délégué aux populations migrantes, Claude Reznik, ne cache pas sa colère. “Ces militants instrumentalisent la situation et veulent nous faire passer pour les ennemis des Roms. Mais ces derniers se déplacent au rythme des expulsions par la préfecture. Nous en prenons déjà en charge 350 depuis 1 an et demi. Montreuil ne peut plus assumer seule cette situation”.

L’association La Voix des Roms a indiqué lundi qu’elle recherchait des terrains pour accueillir ces familles. “La maire de Montreuil, Dominique Voynet, avait appelé à la ‘résistance’ contre la politique du gouvernement, rappelle Saimir Mile, porte-parole de l’association. Nous lui demandons juste de faire de la résistance passive, et de ne pas envoyer la police quand nous nous installons sur un terrain”.

Source: Vincent Michelon. Metro.

Claire Auzias sur France info

Dans Revue de presse le septembre 10, 2010 à 21:26

Pas de honte à être Rom…

ActusPublié le 6 septembre 2010

A la veille du débat au Parlement européen de Strasbourg sur les Roms, un éclairage s’imposait sur ce peuple qui porte différents noms selon ses régions d’accueil (Roms, Tziganes, Flamencas, Gitans, Gypsies, Bohémiens, Manouches), et que l’on qualifie génériquement de Roms parce que leur langue est le romani. Nos invités : Claire Auzias, docteur en histoire, chercheur au laboratoire Socius de l’Université technique de Lisbonne (elle a publié : Roms, Tziganes, voyageurs : l’éternité et après ?” aux éditions Indigène), et Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

L\’interview

Roms

Cette compagnie aérienne qui collabore aux dernières expulsions de Roms

Dans Revue de presse le août 26, 2010 à 23:40

19 août 2010 : 86 Roms (61 de Lyon-St Exupéry et 25 de Paris-Roissy) sont expulsés en deux vols sur la compagnie low-cost roumaine Blue Air vers Bucarest (Roumanie). Comme les autres vols prévus pour expulser officiellement 850 Roms avant septembre, ils ont été affrétés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).

Il s’agit du 25e charter d’expulsés Roms depuis le début 2010 (8313 personnes dont 1291 l’ont été officiellement «de manière contrainte»), tandis qu’en 2009 selon le ministère, 10’000 Roms ont été reconduits en Roumanie ou en Bulgarie à bord de 44 vols, dont environ 30% de retours forcés.

20 août : 124 Roms sont expulsés de Paris-Roissy vers Timisoara (Roumanie) sur un nouveau vol charter de Blue Air.

26 août : Deux nouveaux vols sont prévus ce jour de Paris (158 personnes) et Lyon (125 personnes)… Le ministère précise que 681 ressortissants roumains et bulgares ont été expulsés entre le 28 juillet et le 25 août. Il y a eu 132 départs forcés et 549 «volontaires».

Deux nouveaux vols sont programmés les 14 et 30 septembre.

Note : Blue Air est une compagnie aérienne roumaine charter créée en décembre 2004 et présente dans beaucoup de pays (ici à Paris-Beauvais et Nice). On remarquera que pour faciliter le travail des flics, ses charters d’expulsés de Roms sont partis de l’aéroport de Roissy alors que sa base pour tout un chacun est à Beauvais… Son président est Gheorghe Răcaru.

Agence : 1, Boulevard Pershing, 75017 Paris. 01 45 74 69 83 ; 961 49 65 03

Rappelons aussi que le plus grand expulseur reste Air France, et que c’est l’entreprise Carlson Wagonlit Travel (CWT) qui réserve depuis des années pour le compte du ministère les places d’avion pour les expulsés et leur escorte (et l’hôtel à l’arrivée pour l’escorte). On trouve ses agences dans tous les départements.

Brèves du désordre, 26 août 2010.

Près de 300 Roms décollent pour Bucarest

Dans Revue de presse le août 26, 2010 à 16:13

Nouveaux décollages vers Bucarest

Près de 300 Roms décollent pour Bucarest

Des Roms à leur arrivée le 26 août 2010 à l'aéroport de Saint-Exupery à Lyon. (AFP Philippe Desmazes)

Près de 300 Roms doivent regagner la Roumanie aujourd’hui, à bord de deux avions spécialement affrétés. Un avion devant transporter 125 personnes a décollé de Lyon en fin de matinée. Un autre est parti de l’aéroport de Roissy, reconduisant 158 personnes en Roumanie. Deux vols spécialement affrétés ont déjà décollé la semaine dernière. Il s’agit du 29e appareil spécialement affrété depuis le début de l’année.

Mercredi, Eric Besson, le ministre de l’Immigration, a annoncé une «accélération» des reconduites de ressortissants roumains et bulgares. Avec les vols de ce jeudi, ce seront 8.313 Roumains et Bulgares qui auront été raccompagnés, en grande majorité «de manière volontaire» (c’est-à-dire avec les 300€ par adulte de l’aide au retour humanitaire), depuis le 1er janvier, contre 9.875 pour l’ensemble de l’année 2009.

Par ailleurs, un nouveau campement a été évacué à Villeneuve-d’Ascq, près de Lille. Les 29 adultes du campement ont été placés en garde à vue.

Les roumains inquiet d’actions «pouvant dégénérer dans le racisme et la xénophobie»

La formule est alambiquée, mais sonne comme une prudente mise en garde à l’encontre du gouvernement français. «Beaucoup de gens en Roumanie sont inquiets que l’on puisse croire dans la possibilité de résoudre le problème par des actions pouvant dégénérer dans le racisme et la xénophobie», a averti Valentin Mocanu, secrétaire d’Etat roumain chargé du dossier des Roms.

«Nous ne considérons pas qu’il y a un excès de citoyens roumains aujourd’hui en France», a-t-il poursuivi, répétant toutefois qu’il n’y avait pas de tension avec le gouvernement français.

Avec son collègue Dan Valentin Fatuloiu, secrétaire d’Etat chargé de l’Ordre et de la Sécurité publique, il doit encore rencontrer cet après-midi Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

Après les premières discussions, les autorités des deux pays ont convenu de «mieux gérer les flux migratoires bilatéraux» et «de soutenir le renforcement des politiques d’intégration des populations défavorisées». Parmi les premières mesures concrètes, le nombre de policiers roumains en Ile-de-France passera de 4 à 14.

[Source : Libération - Société 26/08/2010 à 12h41 ]

Dénonçant le sort des Roms, un médecin refuse la Légion d’honneur

Dans Revue de presse le août 25, 2010 à 01:40

Paris, le mardi 24 août 2010.

Le docteur Anne-Marie Gouvet, anesthésiste à la polyclinique de Navarre à Pau a décidé, sans doute inconsciemment, de faire mentir Jules Renard. L’écrivain amoureux d’aphorismes affirmait en effet : « En France, le deuil des convictions se porte en rouge et à la boutonnière », faisant allusion à ceux, nombreux, qui préfèrent taire leurs ressentiments et leurs révoltes, pour le seul plaisir d’arborer la Légion d’honneur à leur veston. Anne-Marie Gouvet ne sera pas de ceux-là. Si les décorations remises par la République semblent une coutume familiale, puisque ses parents et son grand-père reçurent la Légion d’honneur, l’honneur est une tradition à laquelle elle se veut bien plus fidèle. Or, pour Anne-Marie Gouvet, face à « la politique mise en œuvre par le gouvernement » elle ne pouvait consentir à être élevée au rang de Chevalier de la Légion d’honneur pour son « engagement fidèle au service de la France».

Bulldozer

C’est le sens même de cet engagement qui lui est apparu au fil des semaines en contradiction avec les engagements du pouvoir actuel qui souhaitait lui décerner la légion d’honneur. Après la promulgation de sa distinction le 14 juillet, Anne-Marie Gouvet, surprise de cette annonce, fruit des démarches secrètes de son fils et son époux, choisit après un temps de réflexion d’accepter cette décoration. L’été, pourtant, l’a conduite à modifier ses positions. Le démantèlement de plusieurs camps de Roms et la stigmatisation de ces populations furent en effet vécus comme des événements difficilement tolérables aux yeux de celle qui aux côtés d’organisations comme Médecins du Monde ou aujourd’hui la Chaîne de l’Espoir a sillonné le monde du Kurdistan iranien au Rwanda en passant par l’Afghanistan. C’est notamment ce dernier pays qu’elle gardait à l’esprit en écrivant ces derniers jours sa lettre de refus de la Légion d’honneur au Président de la République : « Comment pourrais-je repartir en Afghanistan, en Mongolie  ou ailleurs avec cette décoration, tandis que les Roms, citoyens européens, vivent dans la boue et assistent, impuissants, à la destruction au bulldozer de leurs rudimentaires campements ?» s’interroge-t-elle dans cette missive adressée à Nicolas Sarkozy. « J’ai travaillé dans trop de camps de déplacés pour tolérer la manière dont sont traités par la France les réfugiés et autres sans papiers » écrit-elle encore.

Aurélie Haroche

[Source :  JIM (journal international de médecine)]

Les Roms de Villeneuve-le-Roi échappent à l’évacuation de leur campement

Dans Revue de presse le août 24, 2010 à 17:54

L’audience devait avoir lieu le 9 septembre. A cette date, les onze familles roumaines qui ont monté quelques cabanes sur un terrain boisé, à Villeneuve-le-Roi, devaient savoir si la justice ordonnait leur expulsion. Au vu de la politique actuelle, nul doute qu’une telle décision n’aurait pas tardé à être mise à exécution.

Mais le Conseil général du Val-de-Marne, propriétaire de ce terrain non-constructible, a décidé ce mardi de se désister de la procédure enclenchée par lui-même il y a quelques semaines. «Nous sommes allés sur le terrain ce matin et constaté que ces gens n’occasionnent pas de gêne», explique-t-on au cabinet du président PCF du département, Christian Favier.

Systématiquement chassés

Un répit pour la trentaine de personnes, qui a connu la pérégrination depuis son arrivée en France. «La plupart ont travaillé quelques années en Italie, raconte Christele Maïcon, membre de l’association Imediat et du collectif Romeurope. Beaucoup d’entre eux sont passés par le camp de Massy, où les conditions de vie étaient terribles».

Le bidonville a été ravagé par un incendie, le 8 mars dernier. Ses habitants ont quasiment tous été reconduits en Roumanie le 10 mars, avec les 300 euros de l’aide au retour.

Revenus en France, «ils ont tourné pendant trois semaines, mais ont été systématiquement expulsés», rapporte Christele Maïcon. «On s’est installés sur un terrain privé, le propriétaire est venu, la police nous a chassés. On a vécu en pleine rue, pendant une semaine. On est partis ailleurs, on a encore été chassés», énumère Cosmin, jeune roumain de 24 ans qui habite le terrain de Villeneuve.

Tentative d’expulsion illégale

Quelques jours après leur installation, aux alentours d’avril, la police a débarqué. «Elle leur a demandé de quitter les lieux, sur le champ», relate Christele Maïcon. Pourtant, le Conseil général n’avait encore rien demandé à cette époque. «Des militants ont réussi à empêcher l’expulsion, en rappelant qu’elle doit respecter une procédure», indique la militante. Depuis, «la police passe de temps en temps, mais elle nous respecte. Elle voit qu’on entretient le terrain, qu’on ne vole pas, etc.», témoigne Cosmin.

Nouveau tourment, le 6 août : les habitants du campement reçoivent une convocation au tribunal pour le 10 août, soit quatre jours plus tard. Le Conseil général a demandé à récupérer son terrain auprès de la justice. «C’est une procédure automatique, à titre de précaution, justifie le cabinet du président. En tant que propriétaires des terrains, nous avons des responsabilités. Si un incendie part de ces emplacements, se propage aux maisons voisines, les gens peuvent se retourner vers nous».

«Nous restons vigilants»

A l’audience, le 10 août, ils étaient tous là. L’avocat a fait valoir la nécessité de laisser plus de temps pour préparer la défense. Et demandé le renvoi, accepté.

Le retrait de la procédure par le Conseil général signe l’épilogue provisoire d’un périple peu agréable. «Ce n’est pas une réponse pérenne. L’idée, c’est de travailler à des solutions dignes d’hébergement», indique le cabinet de Christian Favier. «Au moins, ils ne seront plus systématiquement chassés, se félicite Christele Maïcon. Nous restons vigilants, mais avec cette relative stabilité, j’ai bon espoir de pouvoir engager un véritable travail d’insertion». Les soutiens de ces Roms veulent notamment obtenir l’inscription des enfant à l’école.

Les Roms de Villeneuve-le-Roi

Campements de Roms, à Villeneuve-le-Roi, le 20 août 2010. Une trentaine de personnes habitent des cabanes construites sur ce terrain caché de la route par les arbres. (Stéphane LAGOUTTE / M.Y.O.P)

[Source : Libération - ELODIE AUFFRAY ]

Sud-Ouest : évacuation nocturne de 53 roms

Dans Revue de presse le août 21, 2010 à 16:26

Les engins de travaux publics et une société de dépannage automobile ont investi, hier matin, le petit terrain situé dans une zone boisée de la commune de Dompierre-sur-Mer (près de La Rochelle). Il s’agissait de débarrasser le site, propriété du Conseil général de Charente-Maritime, de la quinzaine de caravanes déglinguées et de quelques automobiles hors d’usage.

Là, une cinquantaine de Roumains, de la communauté rom avaient, depuis novembre dernier, élu résidence dans des conditions de vie extrêmement précaires. L’occupation du lieu était illégale mais tolérée. Les services sociaux ne se préoccupaient guère de ces personnes. À minuit, avant-hier, hommes, femmes et enfants prenaient place dans un bus affrété par l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Direction Roissy-Charles-de-Gaulle pour un aller simple à destination de Timisoara, en Roumanie.

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Destin scellé par Sarkozy

Besson veut limiter le retours des Roms
Au premier jour d’une série d’expulsions de Roms vers leur pays, Éric Besson a profité de son passage à Washington pour évoquer de prochains aménagements de lois afin de lutter contre l’abus de droit au court séjour. Le ministre a déclaré avoir « des pistes » mais ne pas pouvoir en parler, évoquant « une ou deux réunions avec le président de la République et le Premier ministre ». Des rencontres prévues pour créer un certain nombre d’amendements au projet de loi sur l’immigration soumis en septembre à l’Assemblée nationale. Car si une cinquantaine de camps illégaux ont été démantelés et les Roms expulsés, au nom de la libre circulation en Europe, rien n’empêche qu’ils reviennent en France. Alors, pour éviter ces allers-retours, Éric Besson a assuré que le gouvernement allait « adapter la législation ». Concrètement, Roumains et Bulgares peuvent entrer en France et y rester trois mois sans formalité particulière. Toutefois, « les États membres peuvent restreindre la liberté de circulation pour des raisons d’ordre public, de sécurité publique ou de santé publique ». C’est d’ailleurs dans ce cadre que la France a renvoyé hier et avant-hier plus de 215 Roms en Roumanie.

Ces 53 personnes, comme d’autres, donnent corps à l’intervention du président de la République qui, fin juillet, pointait du doigt cette communauté installée en petits groupes sur le territoire national.

À Dompierre-sur-Mer, le sort des Roms était scellé, même si aucun n’était en situation irrégulière. Le scénario d’une évacuation avec « départ volontaire » et dispositif de « retour humanitaire » se profilait depuis début août.

Les Roms n’avaient aucune carte en main. Jeudi, la partie se joua donc sans incident entre 23 heures et minuit, les Roms ayant été dûment avertis du timing de l’opération. Placée sous la direction de la préfecture, y participaient une demi-douzaine de gendarmes, une trentaine de gardes mobiles et quelques sapeurs-pompiers. Pour prévenir tout risque d’accident, l’axe routier passant devant le camp avait été coupé aux deux extrémités par les services du Conseil général. Il s’agissait aussi, dans cette opération nocturne, de « dissuader les curieux et les journalistes de s’approcher ». Cela ne fut pas dit officiellement aux derniers intéressés.

« Il y a eu une concertation avec les Roms », assurait Julien Charles, le secrétaire général de la préfecture présent sur place. Refusant de parler d’« expulsions », il est dans la même ligne que le ministre de l’Immigration, Éric Besson, qui bannit le mot « rafle ». Détaillant l’aide financière (300 euros par adulte Rom et 100 euros par enfant), le secrétaire général précisait que « 58 personnes de ce camp sont concernées ; 5 sont déjà parties en voiture ». Chaque candidat « volontaire » au départ avait été, les jours précédents, préalablement identifié.

La petite communauté, qui oscillait entre résignation et excitation, s’approchait alors du bus Le Basque Bondissant, baigné dans la lumière d’un projecteur des pompiers. Souriants malgré tout, tirés à quatre épingles à la mesure de leurs pauvres moyens, ils démontraient de façon pacifique leur dignité en pareille situation. Chacun prit place, ayant préalablement mis en soute ses 20 kilos de bagages réglementaires. Le voyage de plus de sept heures se fera en compagnie de Sylvana Maurade et de son adjoint, de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

« Les Roms auront juste un peu de repos avant d’aller dans la salle d’embarquement » , expliquait un gendarme. Un témoin de l’opération relevait la contradiction d’une Europe où la libre circulation des hommes est relative, sans pour autant discuter la politique de l’État français. Il trouvait cependant «étonnant, voire malsain, qu’une telle évacuation se fasse de nuit ».

Quelques heures avant l’épisode du bus, dans le camp de misère, des hommes avaient exprimé leur désarroi. « On n’a pas le choix. On ne peut pas s’opposer à ce qu’ils nous fassent partir. En Roumanie, on n’a pas d’avenir. » Certains annonçaient qu’ils reviendraient en France. Un jeune lâchait : « Je préfère tenter ma chance à Londres. »

Le bus n’avait pas démarré qu’une autre phase de l’opération « retour humanitaire » s’engageait. Les gardes mobiles, après avoir quadrillé la zone boisée, investissaient le camp. Sans ménagement, ils fouillaient chaque abri, jusqu’à soulever les matelas, vérifiant qu’aucun Rom n’était resté sur le site, échappant par on ne sait quelle malignité à l’appel de son nom.

[Source : Sud-Ouest, 21 août 2010]

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Une cinquantaine de CRS dans le camp de Roms de Triel-sur-Seine

Dans Revue de presse le août 20, 2010 à 17:14

L’échéance d’une expulsion se rapproche pour le camp de Roms implanté à Triel-sur-Seine. Hier matin, les obligations qui résultent de leur situation ont été signifiées aux occupants.

«Les gens du camp ont eu très peur en voyant le dispositif. Beaucoup de femmes et d’enfants pleuraient. » Michel Mallet, membre du collectif de soutien aux Roms de Triel-sur-Seine, était présent hier matin à 7 h 30, lorsqu’une cinquantaine de CRS et des agents de procédure sont arrivés sur place pour notifier aux occupants leurs différentes situations et les obligations légales qui en résultent.

« Depuis le passage de la police la semaine dernière pour relever toutes les identités, le collectif organise des présences de nuit sur le camp. C’était ma première veille », explique le militant. Cette opération fait suite au passage de la police nationale le 12 août pour « procéder à l’examen individuel de la situation des 37 adultes et de leur famille », comme on le précise du côté de la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye.

Pour Philippe Court, sous-préfet, la situation est sans ambiguïté : « Je l’ai toujours dit, ce camp n’a pas vocation à perdurer. Les familles qui s’y trouvent sont, pour la plupart, dans une double illégalité. D’abord, elles occupent un terrain privé, et les propriétaires ont le droit de le récupérer. Ensuite, la majorité de ces familles est en situation irrégulière et ne peut pas rester sur le territoire français. » Pour les trois familles qui sont en situation régulière, l’état a d’ores et déjà réservé des nuits d’hôtel dans les communes avoisinantes pour « quelques jours ».

Cette solution se transformera progressivement en logements dans des centres d’hébergement social pendant plusieurs mois avant « une solution de logement pérenne ». Pour les autres cas, environ 16 familles, Philippe Court rappelle que « l’offre d’aide financière au retour volontaire est toujours valable », même si pour l’heure aucun Rom ne l’a encore acceptée. Cette aide financière est d’environ 300 € par adulte et 100 € par enfant.

Il reste que, lors de cette opération, 11 personnes demeurent introuvables. Sur le camp, on explique que certains hommes, afin d’éviter le regroupement de leur famille en vue du départ lors de l’évacuation du camp, partent se cacher dans les champs pour y dormir.

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