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« Village d’insertion », quelle arnaque !

In Uncategorized on juillet 31, 2010 at 17:31

Avant que des cocktails molotoff se lancent sur des habitations de fortune de Rroms ou d’autres, il est de notre devoir de vous informer d’une grande arnaque, qui porte le nom de « village d’insertion ». Concept nouveau d’une politique démagogique, fondamentalement raciste et économiquement et socialement désastreuse, les « villages d’insertion » n’ont rien à voir avec l’image que vous en donnent leur gestionnaires, directement ou via les médias.

Village d’insertion et cochon d’Inde

Ne vous y méprenez pas, ce n’est pas l’origine indienne des Rroms qui explique le titre de ce message. C’est l’origine erronée des cochons d’Inde, qui en fait ne sont pas des cochons. Les villages d’insertion, c’est un peu la même chose: tout comme les cochons d’Inde ne sont ni cochons, ni d’Inde, les villages d’insertion aussi, ne sont ni villages, ni d’insertion. Pourquoi?

1. Sauf pour ceux qui ont voyagé dans des pays en guerre, avez-vous déjà vu des villages entourés de tôle avec un maître chien à l’entrée, qui vous empêche d’y accéder? Eh bien, les « villages d’insertion des Roms », comme leurs gestionnaires les appellent, sont fermés et si vous essayez d’entrer, les premiers êtres que vous y verrez ce sont le gardien et son berger allemand. Et ceux-ci risquent de rester les seuls êtres vivants que vous y verrez, car vous ne pouvez pas y entrer. Même les membres de la famille des habitants ne peuvent y entrer. Ainsi, une grand-mère qui a été placée dans un tel village, doit sortir dans la rue pour voir son petit-fils, qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil, et elle ne peut pas lui montrer comment elle fait sa cuisine. Est-ce qu’un village c’est comme ça?

2. Ce sont des « villages d’insertion ». Est-ce peut-être pour cette raison qu’on empêche des gens d’y entrer? Au-delà de ça, avez-vous vu des gens s’insérer sans pouvoir travailler? Les Rroms qu’on parque dans ces camps (ils ressemblent en effet plus à des camps qu’à des villages) sont originaires de Roumanie et de Bulgarie. Selon la législation en vigueur, pour pouvoir travailler ils doivent obtenir à la préfecture une autorisation de travail. Les préfectures sont bien partie-prenantes dans ces projets de « villages d’insertion », mais elles ne délivrent pas d’autorisations de travail, sauf dans les conditions drastiques établies par une circulaire de décembre 2006, qui rendent l’obtention de celle-ci quasi impossible.

Les gestionnaires de ces camps ce sont des associations bien téméraires pour tenir le discours qu’elles tiennent. A titre d’exemple, l’un des représentants de « Coup de main » se disait surpris de voir que « les Rroms se comportent comme n’importe quelle population ». « Pact Arim », prétend que le fait pour les familles de payer un loyer est un pas vers leur insertion. Vous aurez compris, on responsabilise des irresponsables. Payer un loyer, soit, mais avec quel argent, lorsqu’on ne peut pas travailler légalement? Avec de l’argent gagné par du travail illégal, voire pire. Et tout ça, sous l’oeil vigilant d’un Etat qui stigmatise le travail au noir.

Voilà, en quelques mots, la réalité des « villages d’insertion ». Vous choisirez la version des faits qui vous semble correspondre le plus à la réalité. Et si vous voulez dénoncer cette pratique, rejoignez notre campagne sur facebook!

L’éfficacité des villages d’insertion pour Rroms

On vous l’avait dit… Et quelle tristesse que de voir qu’on avait raison! Le Hanul, quartier de Saint-Denis qui existe depuis 10 ans, qui faisait l’objet d’une convention avec la mairie depuis 7 ans, a été rasé. Ses habitants et leurs amis ont été éjectés de force par les CRS le mardi 6 juillet 2010. Le Hanul était cité en exemple dans le rapport du Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe en 2003. Il sera très vraisemblablement cité encore en exemple par cette instance et d’autres, mais désormais certainement pas en tant que bonne pratique.
Retournés vers la mairie suite à cette expulsion, les anciens habitants du Hanul se sont trouvés devant le mur de la bureaucratie froide. La chaleur humaine des contacts précédents avec la municipalité (M. le maire connaît personnellement les expulsés, chez qui il allait comme ami), n’est plus de mise. La mairie a refusé d’ouvrir un local pour accueillir les expulsés, parmi lesquels deux enfants atteints d’un cancer. Saint-Denis et ses élus font beaucoup pour les Rroms! La preuve, les maires de Plaine commune ont fait une conférence de presse le 8 avril dernier, et M. Braouezec, député et président de Plaine commune, a interpellé le gouvernement. Mais surtout, Saint-Denis dispose d’un VILLAGE D’INSERTION! Cela équivaut donc à une carte blanche pour jeter ou laisser dans la rue les Rroms que les gestionnaires de la misère n’ont pas inscrits sur leurs listes sinistres de « matière première prise en charge ». La chasse pouvait donc commencer, et elle est bien en route. La police chasse les familles de partout. Posés devant la Basilique de St-Denis avec des tentes jeudi 8 juillet, espérant une réouverture de dialogue avec la mairie, les expulsés ont vu confirmée une fois de plus la position de celle-ci: à la demande de la mairie, une centaine de CRS et autres policiers intervenait vers 23 heures. Ils ont embarqué 24 personnes venues en soutien des expulsés du Hanul:
Selon des militants dyonisiens, c’était la première fois que des arrestations de ce type avaient lieu dans leur ville. L’impressionnante démonstration de force pour réprimer un camp de réfugiés à Saint-Denis n’est pas uniquement liée à l’expulsion du Hanul. Quoi qu’il en soit, voilà un effet de la mise en place de ces camps de réclusion par l’étrange alliance « mairie de gauche – Etat de droite – gestionnaire de la misère humaine ». Un effet dont nous nous doutions et que nous avons désormais devant les yeux: l’alternative est réduite: mise en réclusion dans un camp joliment appelé « village d’insertion » dans lequel 75% du budget est affecté au contrôle et à la surveillance, ou bien mise en ligne de mire d’une politique répressive de tous les instants. Même le choix entre ces deux types d’anéantissement de la liberté ne revient aux cibles, puisque ce ne sont pas les Rroms qui décident, mais les gestionnaires des villages d’insertion. Aujourd’hui, ce sont les Rroms roumains et bulgares, pour lesquels la précarité systémique a été bien planifiée et structurée par les décideurs de tous niveaux, toutes couleurs et tous bords. Demain…
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