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Le Conseil de l’Europe rappelle à l’ordre la France sur les Roms

In Uncategorized on août 25, 2010 at 01:14

STRASBOURG (Reuters) – La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (Ecri), un organe du Conseil de l’Europe, a mis en garde mardi la France contre une stigmatisation des Roms.

Cette déclaration publique, une démarche exceptionnelle de la part de ce collège d’experts des 47 Etats membres, fait suite au démantèlement de campements illégaux demandé fin juillet par le président Nicolas Sarkozy dans un discours où il faisait un lien entre délinquance et immigration.

« Ces dernières semaines, des déclarations politiques de responsables de haut rang ainsi que des actions menées par le gouvernement ont stigmatisé les Roms migrants », déclare l’Ecri.

« Ceux-ci sont présentés collectivement comme auteurs d’infractions pénales et sont en particulier caractérisés comme seuls responsables d’abus de la réglementation européenne en matière de liberté de circulation », ajoute la commission.

L’Ecri rappelle avoir demandé en juin aux autorités françaises de combattre les attitudes racistes vis-à-vis des Roms et de « respecter les droits sociaux » de cette population et exprime « sa déception face à cette évolution particulièrement négative ».

« Une politique fondée sur des expulsions forcées et des mesures ‘incitant’ à quitter la France ne peut fournir une réponse durable », ajoutent les experts européens.

« L’antitsiganisme, qui constitue une forme particulière du racisme, devrait être combattu de manière efficace dans tous les pays européens », concluent-ils.

Les déclarations du chef de l’État et de membres du gouvernement français concernant les Roms ont suscité de nombreuses critiques à gauche mais également à droite, jusqu’au sein de l’UMP, ainsi que de la part de l’Église catholique.

Le Premier ministre, François Fillon, a demandé mardi aux ministres intervenant sur ce dossier d’agir avec fermeté, « sans laxisme ni excès ».

Gilbert Reilhac, édité par Jean-Baptiste Vey

[Source : Le Monde, Reuters, mardi 24 août 2010]

Les Roms de Villeneuve-le-Roi échappent à l’évacuation de leur campement

In Revue de presse on août 24, 2010 at 17:54

L’audience devait avoir lieu le 9 septembre. A cette date, les onze familles roumaines qui ont monté quelques cabanes sur un terrain boisé, à Villeneuve-le-Roi, devaient savoir si la justice ordonnait leur expulsion. Au vu de la politique actuelle, nul doute qu’une telle décision n’aurait pas tardé à être mise à exécution.

Mais le Conseil général du Val-de-Marne, propriétaire de ce terrain non-constructible, a décidé ce mardi de se désister de la procédure enclenchée par lui-même il y a quelques semaines. «Nous sommes allés sur le terrain ce matin et constaté que ces gens n’occasionnent pas de gêne», explique-t-on au cabinet du président PCF du département, Christian Favier.

Systématiquement chassés

Un répit pour la trentaine de personnes, qui a connu la pérégrination depuis son arrivée en France. «La plupart ont travaillé quelques années en Italie, raconte Christele Maïcon, membre de l’association Imediat et du collectif Romeurope. Beaucoup d’entre eux sont passés par le camp de Massy, où les conditions de vie étaient terribles».

Le bidonville a été ravagé par un incendie, le 8 mars dernier. Ses habitants ont quasiment tous été reconduits en Roumanie le 10 mars, avec les 300 euros de l’aide au retour.

Revenus en France, «ils ont tourné pendant trois semaines, mais ont été systématiquement expulsés», rapporte Christele Maïcon. «On s’est installés sur un terrain privé, le propriétaire est venu, la police nous a chassés. On a vécu en pleine rue, pendant une semaine. On est partis ailleurs, on a encore été chassés», énumère Cosmin, jeune roumain de 24 ans qui habite le terrain de Villeneuve.

Tentative d’expulsion illégale

Quelques jours après leur installation, aux alentours d’avril, la police a débarqué. «Elle leur a demandé de quitter les lieux, sur le champ», relate Christele Maïcon. Pourtant, le Conseil général n’avait encore rien demandé à cette époque. «Des militants ont réussi à empêcher l’expulsion, en rappelant qu’elle doit respecter une procédure», indique la militante. Depuis, «la police passe de temps en temps, mais elle nous respecte. Elle voit qu’on entretient le terrain, qu’on ne vole pas, etc.», témoigne Cosmin.

Nouveau tourment, le 6 août : les habitants du campement reçoivent une convocation au tribunal pour le 10 août, soit quatre jours plus tard. Le Conseil général a demandé à récupérer son terrain auprès de la justice. «C’est une procédure automatique, à titre de précaution, justifie le cabinet du président. En tant que propriétaires des terrains, nous avons des responsabilités. Si un incendie part de ces emplacements, se propage aux maisons voisines, les gens peuvent se retourner vers nous».

«Nous restons vigilants»

A l’audience, le 10 août, ils étaient tous là. L’avocat a fait valoir la nécessité de laisser plus de temps pour préparer la défense. Et demandé le renvoi, accepté.

Le retrait de la procédure par le Conseil général signe l’épilogue provisoire d’un périple peu agréable. «Ce n’est pas une réponse pérenne. L’idée, c’est de travailler à des solutions dignes d’hébergement», indique le cabinet de Christian Favier. «Au moins, ils ne seront plus systématiquement chassés, se félicite Christele Maïcon. Nous restons vigilants, mais avec cette relative stabilité, j’ai bon espoir de pouvoir engager un véritable travail d’insertion». Les soutiens de ces Roms veulent notamment obtenir l’inscription des enfant à l’école.

Les Roms de Villeneuve-le-Roi

Campements de Roms, à Villeneuve-le-Roi, le 20 août 2010. Une trentaine de personnes habitent des cabanes construites sur ce terrain caché de la route par les arbres. (Stéphane LAGOUTTE / M.Y.O.P)

[Source : Libération – ELODIE AUFFRAY ]

À Marseille, on expulse les Roms en continu

In Uncategorized on août 24, 2010 at 17:37

Les associations s’attendaient durant l’été a la multiplication des expulsions des différents squatts recensés dans la ville. La préfecture des Bouches du Rhône nous avait même conviés lors d’une « réunion préparatoire » à une important opération qui devait avoir lieu en août. Les familles prévenues ont pour la plupart quitté les lieux et se sont dispersées dans la ville. Certaines ont été suivies par la police afin de leurs interdire toute nouvelle installation.

Depuis lors le harcèlement de la police est quotidien : Il faut partir, demain on va vous arrêter. Des papiers sont signés sans aucune traduction et sans explication. Devant cette chasse organisée certaines familles tentent de partir par leur propres moyens ; d ’autres se cachent et trouvent parfois l’appui de citoyens responsables Jusqu’à la prochaine fois .

[Source  : association rencontres tsiganes PACA ; C.A.]

Dehors les Gitans !

In Analyses on août 23, 2010 at 22:28

« Les gitans ? Les tanges ? Les Roms ? Les Gens du voyage ? Des parasites ! Des nuisibles ! Sarko y fait s’ki fo ! Ouste les romanos ! »

C’est vrai que les gitans n’ont pas la côte. Et ça date pas d’aujourd’hui. Sans tomber dans la démago ou le cliché parano, juste ces dernières décennies, genre 39/45, au 20ème siècle et pour ceux qui ont la mémoire courte, sachez que l’État français a concentré, déporté, raflé, interné les nomades, pour la majorité d’entre eux français depuis plusieurs générations et, qui plus est, d’une façon plus que zélée, juste pour plaire à l’occupant.

Aujourd’hui au 21ème siècle ça continue : schémas départementaux relatifs à l’accueil des Gens du voyage dénoncés, annulés, stoppés, villages d’insertion surveillés (gardés), chasse aux tsiganes officiellement ouverte depuis juillet 2010, avec obligation de rendement : 300 camps de Roms/Gens du voyage doivent être démantelés selon les ordres du président Sarkozy – dans des communes hors-la-loi faute d’avoir une aire d’accueil pour les nomades.

Une épuration ethno-sociale ? Une chasse aux indésirables ancestraux ? Un contrefeu pour faire oublier pendant la période estivale les autres « affaires brûlantes » liés au pouvoir en place (Bettencourt, les retraites, Woerth, …), d’où le zélé « Hortefeux » (sans jeu de mots) pour solutionner la question « gitane»?

À moins que les campagnes électorales ne soient déjà commencées. Là, on annonce les couleurs : la droite fait ses commissions dans l’extrême droite, la gauche s’intéresse enfin aux conditions des Gens du voyages, de temps en temps à celle des roms, et les Verts, verts de honte… chacun se positionnant histoire d’être devant les feux de la rampe.

On n’y crois pas.

« je possède une grosse cylindrée. Suis-je suspect ? »

Depuis le maréchal Pétain, depuis la fin de la seconde guerre mondiale – mai 1945 – sauf pour les nomades gitans/français pour la plupart – rappelons-le – libérés des camps de concentration/internement en juin 1946, date à laquelle on a qu’il était bon de libérer les « nomades », rien n’a vraiment changé : il faut qu’en période de crise  quelqu’un paye l’addition. Il y a eu les protestants, les juifs, les sarrasins, les gitans, encore les juifs, les sarrasins devenus « arabes », les gitans, encore les juifs et les gitans. Maintenant, c’est les Gens du voyage, les Roms, les français d’origine étrangère (un peu sarrasins), mode oblige.

Dans l’inconscient collectif ce sont « ces gens là » qui foutent la merde, qui, toujours dans cette mélasse culturelle populo-colonialiste, sont désignés ethniquement et originellement, délinquants et fouteurs de merde. Normal, « c’est pas des gens comme nous, c’est pas des gens civilisés » entendrons-nous. Coupable donc des maux les plus vils.

L’affaire Dreyffus jouée et rejouée sans cesse… Toujours à l’affiche. Depuis, ça se bouscule au portillon de la grande France celtogoth-judéo-chrétienne propre : les leaders ne manquent pas. Les idées non plus, jamais de pénurie de ce coté là.

Un retour en arrière ? Faut-il cloner Jeanne d’Arc ? Faut-il réveiller le Django Reinhardt qui sommeille au fond de chacun d’entre-nous ?

C’est que ça dérape grave.

Où est passé le pays des droits de l’homme, des libertés et de l’égalité (sauf pour les gitans qui bénéficient en France d’un traitement administratif et social discriminatoire) ? Ou est passé le pays de la fraternité (sauf pour les gitans que personne ne veut comme voisin, comme riverain) ?

Ce qui est sur, c’est qu’on glisse de plus en plus.

– Obligation pour les Gens du voyage de se soumettre à un contrôle judiciaire ? C’est déjà fait grâce à la législation du carnet de circulation, digne héritier du carnet anthropométrique, obligatoire pour les «nomades français ».

– Obligation de démontrer sa citoyenneté quand on est nomade ? Déjà fait aussi : il faut être « rattaché » à une commune depuis au moins 3 ans quand on est nomade pour pouvoir jouir de ses droits civiques.

À qui le tour ?

Suspension de la nationalité française ? Nationalité française « à point » comme le permis de conduire avec obligation de stage pour récupérer un ou deux points, histoire de pas être trop en marge? Chasse au chomeurs, au RSAïstes (anciens RMIstes) ? Ça ressemble à une campagne électorale de je ne sais quel candidat. (À moins que cela ne soit…) Mais bien sûr, on est en période de crise. Tout s’explique.

De foie pour certains, de rire pour d’autres, la crise n’est pas forcément la même pour tous le monde et ne possède pas forcément la même intensité de douleur. Certains y perdent leur dignité, leur humanité, leurs enfants, leurs domicile, leurs espoirs, d’autres y gagnent leur notoriété, la popularité, des voix électorales, un train de vie certain.

Certains y voient même un début d’une nouvelle solution « finale » bénéfique contre ceux qui, selon eux, parasitent la France. Moi j’y vois du marron, couleur des idées politiques d’aujourd’hui, j’y vois des mouches à merde porteuses d’un non avenir pour nous les citoyens-voyageurs, Gens du voyage, gitans de France.

Allons enfants de la Patrie….

Gabi Jimenez

Désigné parasite de la société française.

Pétition de Bucarest

In Uncategorized on août 22, 2010 at 22:01

Bucarest, le 30 juillet 2010

Répondez à l’expulsion « immédiate » – en condamnant immédiatement les violations des droits fondamentaux par le Gouvernement français !

RÉPÉTITION DE l’HISTOIRE : LE FAIT DE RELEVER LES EMPREINTES DIGITALES, L’EXPULSION COLLECTIVE DE ROMS, PUBLIQUEMENT ANNONCÉE PAR LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS

Les organisations signataires et les individus protestent fortement et explicitement contre l’initiative récente du Gouvernement français de stigmatiser, collectivement déporter et illégalement limiter les droits fondamentaux du Roms et des Voyageurs, et particulièrement la liberté de circulation.

Le 21 juillet 2010, le Président français a annoncé qu’une réunion avec les Ministres devait être tenue le 28 juillet pour « faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms, et les problèmes que pose le comportement de certains ressortissants de ces communautés au regard de l’ordre public et de la sécurité ».

Apres la reunion, le président francais a annoncé qu’« il a demandé au Gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires afin que ces actes irresponsables soient sévèrement sanctionnés et qu’ils ne puissent jamais se reproduire. Il a également donné instruction que les campements illicites soient systématiquement évacués. Les services fiscaux seront associés à la vérification de la situation de leurs occupants ».

La situation des Roms de l’Europe de l’Est était jugée une situation « de non-droit” et « inacceptable ». 200 camps ont été considérés comme illégaux. Ils doivent être expulsés dans les trois mois. Leurs habitants seront déportés d’après la législation actuelle. Dans le même temps, la loi sera modifiée pour faciliter les déportations des groupes Roms pour raisons de sécurité. La France renforcera la coopération de la police avec la Roumanie et une convention sera conclue sur la réadmission de mineurs isolés. Cette déclaration faisait suite à une première émeute, à Saint-Aignan, par les membres d’une communauté de Voyageurs en raison du meurtre d’un homme de 22 ans par la police pour ne pas s’être arrêté à un poste de contrôle.


De plus, le Ministère français de l’Intérieur a annoncé qu’un système relevant les empreintes digitales sera activé, pour que les Roms expulsés ne reviennent pas en France. Nous reprochons fortement à l’approche que les autorités françaises ont choisie, à savoir un populisme bon marché, la diversion de l’actualité et la vengeance archaïque. Nous soulignons que l’émeute de Saint-Aignan est un cas singulier. Ni les Roms de l’Europe de l’Est ni les Voyageurs ne l’ont fait auparavant. De tels événements doivent être examinés selon la législation existante, et seuls les individus responsables d’enfreindre la loi devraient être punis. Pas leurs familles, pas les enfants, pas leur communauté. Dans aucune circonstance de tels événements ne doivent servir d’excuse au gouvernement français pour concevoir et exécuter des lois racistes et des règlements visant à punir des groupes entiers, basés sur leurs accessoires ethniques.

Donc, nous condamnons fortement les initiatives administratives, fiscales et législatives du Gouvernement français visant à punir la communauté des Voyageurs – des citoyens français – comme une forme moderne de représailles d’inspiration totalitaire.

La Présidence française a vraiment annoncé à l’avance les mesures qui devaient être décidées dans ladite réunion. Ainsi, il a été expliqué, une semaine avant l’ouverture de la réunion que la conclusion principale serait que les camps seraient évacués. La décision d’évacuer les camps n’était pas le résultat d’une analyse prudente et objective de la situation concrète. Le fait que le Gouvernement a convoqué « une réunion de charades » qui a conclu ce qui avait été déjà décidé à l’avance révèle la vraie motivation des autorités françaises : la vengeance, la diversion et populisme bon marché.

Les autorités françaises ont suivi le mauvais exemple de l’Italie en traitant les Roms de l’Europe de l’Est, en les condamnant en masse comme des criminels, des mendiants, etc. Nous insistons sur le fait qu’une telle approche est raciste, en stigmatisant et en humiliant. C’est aussi illicite, tant conformément à la Constitution française que conformément à l’UE et qu’à la loi internationale. De plus, nous rappelons aux autorités françaises que la responsabilité criminelle est strictement individuelle. Elle ne peut pas être élargie aux communautés ethniques; ni à d’autres groupes ou individus. Pour résumer, le crime existant dans les terrains de camping ne devrait pas être utilisé pour représenter le groupe ethnique Rom comme un tout, ne pas justifier des représailles,ni une déportation des Roms de la France. Les communautés sans criminalité doivent encore être identifiées en Europe et ailleurs. Il est embarrassant pour le Gouvernement français de devoir lui rappeler que les criminels ne peuvent pas être punis selon leur ethnicité, mais plutôt selon leur conduite et qu’une telle punition devrait être administrée individuellement et non pas collectivement.

Nous condamnons le fait que les déportations qui suivront dans le trois mois suivant sont racialement-motivées et sont décidées collectivement, sans respect pour la règle de loi, qui viole la Convention européenne de Droits de l’homme. Effectivement, la décision annoncée des autorités françaises pour lancer une campagne pour déporter l’Habitant est-européen Rom jette une grande ombre sur la légalité du processus, particulièrement du point de vue du fait de garantir l’évaluation exacte, objective et individuelle de chaque cas et d’aucune inclination raciste.

Nous sommes tout aussi concernés par les intentions proclamées d’adopter la législation visée pour rendre la déportation de Roms plus facile. Tous les changements devraient être conformément aux garanties juridiques, présentées selon la législation française, aussi bien que selon celle de l’UE et de la loi internationale. Le droit de libérer la circulation de citoyens d’Etats membres d’UE ne peut pas être limité dans une manière contradictoire avec celle de l’UE dont la Directive sur la liberté de mouvement. Nous soulignons particulièrement que les normes juridiques présentées selon la Directive et davantage développé par le Palais de justice européen suivent le principe de proportionnalité et de responsabilité personnelle.

La politique d’expulsion « immédiate », adopté par le Gouvernement français, accusant les Roms d’atteinte à l’ordre public, est tres inquiétante et viole clairement la législation de l’UE la Directive de l’UE sur la liberté de mouvement interdit une telle approche. Cette directive déclare que la conduite personnelle de l’individu concerné doit représenter une vraie menace présente et suffisamment sérieuse affectant un des intérêts fondamentaux de société. De plus, la discrimination dans l’exercice du droit de libérté de circulation est interdite. La politique d’expulsion « immédiate » sape le même esprit de la directive d’UE, qui est que la situation de n’importe quelle personne sera évaluée tout à fait, objectivement et individuellement, et non pas collectivement et superficiellement. De plus, les Roms sont choisis comme cible principale des violations juridiques et des chances de politique par la France.

Nous sommes tout aussi concernés par la réaction de la Commission européenne, qui a annoncé par le porte-parole de la Direction Justice, les Droits Fondamentaux et la Citoyenneté. Il a annoncé que la Communauté européenne ne doit pas évaluer chaque cas individuel de Rom à être extradé et que la décision d’expulsion dépend des Gouvernements nationaux. Tandis que de telles déclarations sont vraies, ceci ne répond pas exactement et entièrement à la situation réelle. La Communauté européenne devrait ouvrir son œil aveugle à la motivation raciste de la politique de déportation du gouvernement français.

Nous croyons fortement que la Communauté européenne a vraiment l’obligation juridique et les moyens nécessaires d’agir dans les situations dans lesquelles la législation d’UE est violée. Donc, nous estimons que la Communauté européenne doit de près scruter les politiques et la législation à être adoptée par les autorités françaises pour s’assurer qu’il se plie à l’acquis communautaire. De plus, nous nous souvenons que la Communauté européenne fut le seul corps international à pardonner le pacchetto sicurezza italien, qui a servi de catalyseur au gouvernement Français et à d’autres gouvernements pour adopter des politiques anti-Roms et des lois dans la violation de législation d’UE. Depuis trois ans, la Commission européenne n’a pas communiqué les raisons qui causent sa décision. Nous estimons que la Commission européenne ne doit pas de nouveau s’échapper de son devoir fondamental d’agir contre la discrimination conformément à l’art. 6 et 7 du traité de la Communauté européenne conformément à ses attributions juridiques.

Le fait de prendre en considération, les violations sérieuses de droits fondamentaux;

Nous conseillons au gouvernement français de renoncer à entreprendre des déportations collectives racialement partiales comme moyen de représailles;

Nous demandons au gouvernement français à se retenir d’adopter des morceaux de législation qui sont incomptatibles avec la loi de l’UE et de la Convention européenne de Droits de l’homme;

Nous demandons aux fonctionnaires publics français de cesser le discours de haine et les remarques racistes contre la communauté Rom.

Nous demandons aux Gouvernements d’Europe de l’Est, particulièrement à la Roumanie et à la Bulgarie, de refuser les accords bilatéraux par rapport à l’expulsion des Roms dans leurs pays d’origine et de dénoncer et rejeter n’importe quelle forme « de pot-de-vin » offert par le gouvernement français dans l’échange en réduisant illégalement les droits fondamentaux de leurs citoyens;

Nous demandons à la Commission européenne de prendre une position pro-active et de contrôler les autorités françaises pour garantir qu’ils respectent la législation d’UE, conformément à leurs attributions juridiques.

On garde le lien

In Uncategorized on août 22, 2010 at 18:14

Romani CRISS, organisation militante des droits de l’homme pour les Roms de Roumanie, premièrement veut remercier toutes et tous de signer notre pétition et pour votre coopération depuis des années.

Nous vous proposons notre soutien relativement aux expulsions de France. Dans ce contexte nous somme prets à offrir nos services dans les cas:

1. d’expulsion (on a déjà fait ça en Italie, dans des cas où l’expulsion est faite sur ordres des autorités locales)

2. s’il y a des personnes qui ont besoin d’assistance après le rapatriement « volontaire » sur le territoire roumain, donnez leurs nos contacts:

Romani CRISS

tel: 00/40/.21.3107070

fax: 00/40./31.8157623

email: office@romanicriss.org

On attend vos réactions,

Nicoleta Bitu

Romani CRISS, organisation militante des droits de l’homme pour les Roms de Roumanie, premièrement veut remercier toutes et tous de signer notre pétition et pour votre coopération depuis des années.

In Uncategorized on août 22, 2010 at 17:53

Dimanche 22 août : réunions de collectifs contre la xénophobie à Paris et à Lyon

In Analyses, Uncategorized on août 22, 2010 at 02:01
On enregistre l’appel à une réunion d’un collectif contre la xénophobie lyonnais, ce dimanche 22 août à Lyon, Place des Terreaux, de 14 heures à 20 heures, « en vue de la manifestation du 4 septembre et au-delà ». À Tours également, on annonce la création d’un collectif contre la xénophobie d’État.

À Paris, comme dimanche dernier, la réunion du collectif contre la xénophobie se tiendra à la  librairie 38 rue Keller (métro Bastille ou Voltaire), de 15 heures à 18 heures.

Il est possible que d’autres initiatives soient en cours sans qu’on en ait connaissance. On invite tous ceux qui prendraient de telles initiatives à nous le faire savoir afin que nous les répercutions.

Pour information : circule également sur certaines mailing-list un appel au boycott des collectifs contre la xénophobie qui sont dénoncés comme étant une émanation de l’appel « non au pilori », à l’initiative de la manifestation du 4 septembre. Précisons donc, s’il est besoin, que les collectifs contre la xénophobie sont une initiative citoyenne libre, née de façon totalement indépendante de l’appel des cinquante associations et partis à la manifestation du 4 septembre.

Les collectifs contre la xénophobie d’État entendent mobiliser (autant qu’ils le pourront) pour susciter des manifestations le 4 septembre dans le plus de villes possible.

Mais d’ores et déjà il s’agit aussi d’appeler à la manifestation que préprent les organisations roms pour le 15 septembre.

Au delà, les collectifs contre la xénophobie ont pour objet de réfléchir à toutes les initiatives qui pourraient être prises pour combattre la campagne raciste engagée cet été par l’État sarkozyste.

Et ceci dans une optique « unitaire », non sectaire, rassemblant le plus largement possible, mais sans la moindre complaisance envers les politiques plus qu’ambiguës de municipalités ou d’organisations de « gauche » qu’il s’agit tout autant de dénoncer – sans oublier que c’est bien ce gouvernement de droite qui est responsable de l’actuelle entreprise d’incitation à la haine raciale, envers les roms comme envers immigrés.

Néanmoins,  la question de ce qu’on appelle ici les « ambigüités » de la gauche est une des plus cruciales à laquelle de tels collectifs ont à se confronter. Si l’opposition remplissait sont rôle pleinement, il est bien probable que de telles campagnes seraient impossible, de même que la problématique des sans-papiers serait depuis longtemps résolue, si la gauche avait eu le courage de la nécessaire politique de régularisations.

Quant au discours sécuritaire aussi, on voit souvent la gauche s’y rallier sans la moindre pudeur; À l’heure où le gouvernement n’hésite pas à assimiler l’immigration à la délinquance, il serait grand temps qu’un discours alternatif apparaisse, au lieu des glissements démagogiques dont certains se sont fait une spécialité à gauche.

Pour ce qui est des roms et « gens du voyage », là aussi, on attend que l’opposition s’exprime de façon claire, et pas seulement en signant une pétition comme celle dont la Ligue des droits de l’homme a pris l’initiative début août, mais dans la pratique de la gestion municipale de la question. On peut voir malheureusement trop souvent des élus « de gauche » mettre en œuvre la même politique de démantèlement des campements de tziganes à laquelle le président et le gouvernement appellent.

Les collectifs contre la xénophobie d’État pourraient – et devraient – interpeler avec vigueur ces responsables politiques qui déclarent d’un côté s’opposer à la scandaleuse politique gouvernementale, et qui, de l’autre, l’appliquent dans leurs communes…

Lors de la première réunion du collectif contre la xénophonie, qui s’est tenue dimanche 15 août rue Keller à Paris, des représentants d’organisations roms ont dénoncé, par exemple, les villages dits d’insertion, dans lesquels leurs habitants sont soumis à un régime particulièrement critiquable. Il existerait actuellement une dizaine de ces « villages », dont la plupart sont mis en place dans des communes « de gauche ». La dénonciation de telles structures, et l’interpellation des responsables politiques qui les cautionnent, qu’ils soient de droite ou de gauche, s’impose de toute évidence.

Le rapprochement de la situation actuelle avec l’époque de Vichy et de l’occupation allemande est fréquent – et souvent débattu. Rappelons qu’en dépit des lois raciales promulguées par Vichy dès le départ, l’engagement dans la politique de Collaboration fut souvent le fait d’individus ou d’organisations qui, jusque-là, se classaient « à gauche ». Tout comme, lors de l’affaire Dreyfus, il y a plus d’un siècle, il aura fallu de dures polémiques au sein même de la gauche pour que celle-ci se rallie majoritairement au camp « dreyfusard » anti-raciste.

Si chaque époque et chaque situation sont évidemment différentes, on assiste aujourd’hui à la même confusion dans les rangs de la « gauche », qu’il s’agisse de sécurité, d’immigration ou de politique anti-tziganes. Nous sommes persuadés que seule une clarification de ces questions à gauche pourrait permettre de faire reculer le racisme d’État en France.

QSP

Sud-Ouest : évacuation nocturne de 53 roms

In Revue de presse on août 21, 2010 at 16:26

Les engins de travaux publics et une société de dépannage automobile ont investi, hier matin, le petit terrain situé dans une zone boisée de la commune de Dompierre-sur-Mer (près de La Rochelle). Il s’agissait de débarrasser le site, propriété du Conseil général de Charente-Maritime, de la quinzaine de caravanes déglinguées et de quelques automobiles hors d’usage.

Là, une cinquantaine de Roumains, de la communauté rom avaient, depuis novembre dernier, élu résidence dans des conditions de vie extrêmement précaires. L’occupation du lieu était illégale mais tolérée. Les services sociaux ne se préoccupaient guère de ces personnes. À minuit, avant-hier, hommes, femmes et enfants prenaient place dans un bus affrété par l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Direction Roissy-Charles-de-Gaulle pour un aller simple à destination de Timisoara, en Roumanie.

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Destin scellé par Sarkozy

Besson veut limiter le retours des Roms
Au premier jour d’une série d’expulsions de Roms vers leur pays, Éric Besson a profité de son passage à Washington pour évoquer de prochains aménagements de lois afin de lutter contre l’abus de droit au court séjour. Le ministre a déclaré avoir « des pistes » mais ne pas pouvoir en parler, évoquant « une ou deux réunions avec le président de la République et le Premier ministre ». Des rencontres prévues pour créer un certain nombre d’amendements au projet de loi sur l’immigration soumis en septembre à l’Assemblée nationale. Car si une cinquantaine de camps illégaux ont été démantelés et les Roms expulsés, au nom de la libre circulation en Europe, rien n’empêche qu’ils reviennent en France. Alors, pour éviter ces allers-retours, Éric Besson a assuré que le gouvernement allait « adapter la législation ». Concrètement, Roumains et Bulgares peuvent entrer en France et y rester trois mois sans formalité particulière. Toutefois, « les États membres peuvent restreindre la liberté de circulation pour des raisons d’ordre public, de sécurité publique ou de santé publique ». C’est d’ailleurs dans ce cadre que la France a renvoyé hier et avant-hier plus de 215 Roms en Roumanie.

Ces 53 personnes, comme d’autres, donnent corps à l’intervention du président de la République qui, fin juillet, pointait du doigt cette communauté installée en petits groupes sur le territoire national.

À Dompierre-sur-Mer, le sort des Roms était scellé, même si aucun n’était en situation irrégulière. Le scénario d’une évacuation avec « départ volontaire » et dispositif de « retour humanitaire » se profilait depuis début août.

Les Roms n’avaient aucune carte en main. Jeudi, la partie se joua donc sans incident entre 23 heures et minuit, les Roms ayant été dûment avertis du timing de l’opération. Placée sous la direction de la préfecture, y participaient une demi-douzaine de gendarmes, une trentaine de gardes mobiles et quelques sapeurs-pompiers. Pour prévenir tout risque d’accident, l’axe routier passant devant le camp avait été coupé aux deux extrémités par les services du Conseil général. Il s’agissait aussi, dans cette opération nocturne, de « dissuader les curieux et les journalistes de s’approcher ». Cela ne fut pas dit officiellement aux derniers intéressés.

« Il y a eu une concertation avec les Roms », assurait Julien Charles, le secrétaire général de la préfecture présent sur place. Refusant de parler d’« expulsions », il est dans la même ligne que le ministre de l’Immigration, Éric Besson, qui bannit le mot « rafle ». Détaillant l’aide financière (300 euros par adulte Rom et 100 euros par enfant), le secrétaire général précisait que « 58 personnes de ce camp sont concernées ; 5 sont déjà parties en voiture ». Chaque candidat « volontaire » au départ avait été, les jours précédents, préalablement identifié.

La petite communauté, qui oscillait entre résignation et excitation, s’approchait alors du bus Le Basque Bondissant, baigné dans la lumière d’un projecteur des pompiers. Souriants malgré tout, tirés à quatre épingles à la mesure de leurs pauvres moyens, ils démontraient de façon pacifique leur dignité en pareille situation. Chacun prit place, ayant préalablement mis en soute ses 20 kilos de bagages réglementaires. Le voyage de plus de sept heures se fera en compagnie de Sylvana Maurade et de son adjoint, de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

« Les Roms auront juste un peu de repos avant d’aller dans la salle d’embarquement » , expliquait un gendarme. Un témoin de l’opération relevait la contradiction d’une Europe où la libre circulation des hommes est relative, sans pour autant discuter la politique de l’État français. Il trouvait cependant «étonnant, voire malsain, qu’une telle évacuation se fasse de nuit ».

Quelques heures avant l’épisode du bus, dans le camp de misère, des hommes avaient exprimé leur désarroi. « On n’a pas le choix. On ne peut pas s’opposer à ce qu’ils nous fassent partir. En Roumanie, on n’a pas d’avenir. » Certains annonçaient qu’ils reviendraient en France. Un jeune lâchait : « Je préfère tenter ma chance à Londres. »

Le bus n’avait pas démarré qu’une autre phase de l’opération « retour humanitaire » s’engageait. Les gardes mobiles, après avoir quadrillé la zone boisée, investissaient le camp. Sans ménagement, ils fouillaient chaque abri, jusqu’à soulever les matelas, vérifiant qu’aucun Rom n’était resté sur le site, échappant par on ne sait quelle malignité à l’appel de son nom.

[Source : Sud-Ouest, 21 août 2010]

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Liberté, égalité, fraternité… pour les Gens du voyage aussi ?

In Uncategorized on août 20, 2010 at 23:50

Communiqué de presse du Forum européen des Roms et des Gens du voyage

Strasbourg, le 26 juillet 2010

Suite aux dramatiques incidents de Saint-Aignan et en vue de la réunion à l’Élysée convoquée par le président Sarkozy le 28 juillet, le Forum européen des Roms et des Gens du voyage appelle la France à considérer tous ses citoyens comme égaux, età ne pas désigner les Gens du voyage comme l’une des causes principales des maux de la société.

« Une communauté entière ne doit pas être tenue responsable pour un seul incident. Il existe des éléments criminels dans chaque secteur de la population que l’on se réfère à l’ethnicité ou à la classe sociale. Cela ne veut pas dire que tout le secteur en question est criminel » souligne Rudko Kawczynski, président du Forum européen des Roms et des Gens du voyage.

En demandant dans l’urgence de tenir une réunion afin de répondre « aux problèmes que posent certains parmi les gens du voyage et les Roms », et ce dans le cadre de la « lutte implacable que le gouvernement mène contre la criminalité », le Chef de l’État a soudainement renforcé les stéréotypes contre cette communauté au sein de l’opinion publique. Si le président a eu la délicatesse de mentionner « certains », pourquoi les mesures d’expulsionsd’ores et déjà annoncées devraient elles être collectives ?

Quel est par ailleurs le rapport entre le fait divers impliquant un citoyen français d’origine gitane et sédentarisé avec les mesures d’expulsions annoncées devant toucher une population française itinérante ou bien des Roms migrants citoyens de l’Union européenne pour leur immense majorité ?

Va-t-on désormais décider d’expulser des citoyens européens en représailles d’un délit commis par des citoyens français ?

De plus, afin d’avoir une discussion constructive et équilibrée ce mercredi, des représentants des Gens du voyage et des Roms ne devraient-ils pas siéger autour de la table ? Ils pourraient contribuer au débat et exprimer leur point de vue, notamment comment la législation dérogatoire au droit commun qui leur est appliquée, contrairement aux autres citoyens français, affecte leur réalité quotidienne ?

« Les gens du voyage ne sont pas au-dessous des lois et ils ne sont pas au-dessus des lois non plus » a déclaré récemment le ministre Hortefeux. Que dire donc des municipalités françaises de plus de 5 000 habitants, qui, à plus de 50% et 10 ans après l’adoption de la loi Besson, n’appliquent toujours pas la loi en matière de mise en place de terrains d’accueil ?

M. Kawczynski, président du Forum européen des Roms et des Gens du voyage a envoyé une lettre au président Sarkozy afin de clarifier la position française et s’assurer que les Gens du voyage, citoyens français comme les autres, bénéficieront bientôt dans les faits de la liberté, de l’égalité et de la fraternité prônées par la République française.

* * *

Le Forum européen des Roms et des Gens du voyage, qui a un accord de partenariat avec le  Conseil de l’Europe et un statut spécial auprès de cette institution, est l’organisation la plus importante et la plus inclusive de Roms et des Gens du voyage en Europe. Il rassemble lesprincipales ONGs-roms internationales et plus de 1.500 organisations nationales des Roms et des Gens du voyage de la plupart des États membres du Conseil de l’Europe.

Forum européen des Roms et des Gens du voyage

c/o Conseil de l’Europe

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Tel.: 00 33 3 90 21 53 50

Email: info@ertg.org

http://www.ertf.org