contrelaxenophobie

La France donneuse de leçons de démocratie rejette la critique européenne sur les expulsions de roms

In Uncategorized on septembre 16, 2010 at 12:18

mer, 15/09/2010 – 16:33
Sans les traditions d’accueil et de tolérance de la République Française, Nicolas Sarkozy, immigré de la seconde génération, n’aurait jamais pu en atteindre la présidence. Hélas ce petit kaiser est en train de faire table rase des derniers acquis de la révolution française et des humanistes qui ont fait l’histoire du pays des Droits de l’Homme. On avait déjà connu les charters de Charles Pasqua, mais même le fondateur du SAC n’avait jamais osé citer nommément une communauté. Le pas a été franchi.

En expulsant les roms Sarkozy se montre l’héritier direct des nazis qui les ont exterminés au même titre que les juifs ou les homosexuels dans un génocide occulté qui a pour nom Samudaripen[1].

Condamné par l’Union Européenne, dont la France est l’un des membres fondateurs et de laquelle aujourd’hui elle refuse de suivre les règles, le gouvernement français, par la voix de son parti l’UMP, hurle au complot politique : Jean-François Copé, chef des députés UMP à l’Assemblée nationale, dénonce un « procès d’intention » contre la France. « Vous ne pouvez pas toujours prendre pour argent comptant les attaques qui peuvent venir de l’Union européenne sans jamais regarder si par ailleurs il ne peut pas y avoir une arrière pensée politique venue de l’Europe », a-t-il dit. On croirait entendre les jérémiades du gouvernement congolais contre les ONG telles « Publiez ce que vous payez » et qui osent critiquer sa gestion clanique.

On ne doit pas rester sans réagir contre de tels actes qui ouvrent la porte à tous les extrêmes. Si on veut éviter que demain ce soit une autre communauté, peut être celle des mélanodermes, qui se trouve victime de ces manières fascistes il faut réagir en signant l’une des nombreuses pétitions qui circulent sur la toile.

Voici celle d’avaaz.org :

Pétition au Premier Ministre François Fillon et aux Ministres Bernard Kouchner, Hervé Morin et Fadela Amara :
Nous partageons vos préoccupations sur la politique d’expulsion des Roms et nous sommes fermement opposés à cette politique. Nous vous demandons d’agir pour obtenir du Président Sarkozy la fin immédiate des expulsions collectives et la mise en place de mesures d’accueil et d’intégration des citoyens européens d’origine rom. Aucun nouvel amendement visant les Roms ne doit être introduit dans la loi sur l’immigration, et les mesures transitoires empêchant les citoyens bulgares et roumains de travailler légalement en France doivent être supprimées.

Roms: «La Commission a l’impression de s’être fait rouler dans la farine»

PROPOS RECUEILLIS PAR ELODIE AUFFRAY (LIBÉRATION)

La procédure n’est pas encore enclenchée, ce n’est pas certain qu’elle le soit un jour. Viviane Reding n’a pas en tout cas le pouvoir d’agir seule. Il faut une décision adoptée à la majorité des membres du collège des commissaires, si possible un consensus. On va donc rentrer dans un savant jeu de négociations et de pressions politiques. La Commission européenne accentue la pression sur la France. Viviane Reding, la commissaire en charge de la Justice et des Droits des citoyens, va demander l’enclenchement de deux procédures d’infraction. La première pour transposition insuffisante de la directive européenne 2004/38/CE sur la libre circulation des ressortissants européens. La seconde pour «application discriminatoire» de cette directive. Cela vise la circulaire du 5 août 2010, qui cible explicitement les Roms.
Chercheur au CNRS, politologue spécialiste des questions européennes, Olivier Costa analyse cette décision.

En quoi consiste une procédure d’infraction ?
Cela s’inscrit dans un processus de négociation. La Commission, interpellée sur un sujet, prend d’abord contact avec les administrations nationales, via des échanges de courrier, des rencontres en face-à-face, comme ce qui s’est passé lorsque Eric Besson et Pierre Lellouche sont allés rencontrer Viviane Reding courant août. C’est seulement si l’Etat, bille en tête, poursuit sa politique que la Commission enclenche une procédure contentieuse, avec la saisine de la Cour de justice. Dans ce cas, on en a pour des mois. Mais généralement, ça se règle à l’amiable, car les Etats savent que la Cour de justice ne badine pas avec le droit communautaire. Historiquement, cette Cour a toujours essayé de donner une portée maximale au droit européen et suit certains principes. Parmi ceux-ci, la liberté de circulation prime très nettement sur la sécurité.

La Commission a d’abord exprimé «une certaine inquiétude» en août à l’égard de la politique de la France. Puis elle s’est dite satisfaite des garanties apportées par le gouvernement. Comment analyser la décision d’aujourd’hui ?
Reding l’a dit très clairement: la Commission a l’impression de s’être fait rouler dans la farine par la France, avec la dissimulation de la circulaire du 5 août (visant explicitement les Roms, ndlr). Celle-ci est tellement contraire au droit européen, elle suscite une telle indignation, que Viviane Reding n’avait plus le choix. De plus, ça fait un mois que la Commission s’agace de l’interprétation par la France du droit européen sur la libre circulation. Mais elle ne peut pas commenter à tort et à travers la vie politique d’un État membre, surtout que l’institution ne se caractérise pas par son courage politique. La divulgation de la circulaire fournit des arguments juridiques forts pour déclencher une procédure. Mais il n’y a pas que cela : Viviane Reding souhaite également engager une deuxième procédure, pour transposition insuffisante de la directive de 2004 sur la libre circulation. Tout cela est aussi une belle occasion pour la Commission de se faire entendre sur le thème des droits de l’homme. C’est une façon de montrer que, pour elle, l’UE n’est pas qu’un marché; ce sont aussi des valeurs, que l’exécutif européen entend faire respecter.
Le déclenchement d’une procédure d’infraction est-il courant ?
Les procédures d’infraction sont très rares sur des sujets aussi sensibles politiquement. Dans le droit communautaire, il y a beaucoup de choses sur le marché intérieur, des normes très techniques sur les produits. Mais sur les questions très politiques, la Commission a toujours été extrêmement prudente, elle n’aime pas les conflits avec les États membres. Généralement, c’est le Parlement européen qui monte au créneau. Mais la résolution qu’ils ont adoptée est un symbole fort. Le Parlement se prononce souvent sur ce qui se passe dans les pays tiers, mais plus rarement à propos d’un État-membre. Les précédents concernent l’arrivée de Jorg Haider au pouvoir en Autriche, les dérapages de Silvio Berlusconi ou encore la reprise des essais nucléaires français en 1995.

La France est-elle soutenue par d’autres États-membres ?
La règle en la matière, c’est que tout le monde se tait. En tout cas, personne a priori ne prendra fait et cause pour elle.

La France est donc isolée ?
Elle est vraiment sur banc des accusés. Le gouvernement va devoir au moins changer de registre et arrêter de prendre les gens pour des imbéciles, d’être arrogant en prétendant que ce sont les autres qui ne comprennent pas sa politique. D’autant que les critiques viennent de toute part. La situation est en train d’échapper à Nicolas Sarkozy, qui ne pensait sans doute pas que ça irait aussi loin. Politiquement, le chef de l’État ne peut plus faire autrement que de réagir. À mon avis, il va faire une grande déclaration, pour souligner qu’il n’a rien contre les Roms. Le ton va devoir changer.

[1] Entre 1938 et 1945, des centaines de milliers de Tsiganes ont été exterminés par les nazis et leurs alliés.  En France, ils ont pu disposer du fichage initié bien avant la guerre par la Troisième République, et de la collaboration active du régime de Vichy. Pourtant, si la France a admis sa responsabilité dans la Shoah, elle continue de l’éluder en ce qui concerne le Samudaripen, le génocide des Tsiganes.Voir la définition de Claire Auzias

Claire Auzias est une historienne française née en 1951.

Biographie

À 17 ans, elle prend part à Lyon aux évènement de mai 1968 au sein du Mouvement du 22 mars. Elle s’engage ensuite dans le mouvement féministe et devient historienne. Ses principaux thèmes de recherche concernent l’anarchisme et les Roms.

Elle a raconté sa vie dans en entretien avec Mimmo Pucciarelli paru en 2006 aux éditions Atelier de création libertaire.

Bibliographie

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Gélina Calamita, Fédérop, 1974
Emma Goldman, une tragédie de l’émancipation féministe, Syros
La grève des ovalistes, Lyon, juin-juillet 1869, écrit avec Annick Houel, Payot, 1982
Mémoires libertaires, Lyon 1919-1939, L’Harmattan, 1993 – résultat d’une thèse de troisième cycle en 1980 en sociologie à l’université Lyon II.
Les Tsiganes ou Le destin sauvage des Roms de l’Est suivi de Le statut des Roms en Europe, écrit avec Marcel Courtiade, Éditions Michalon, 1995
Les poètes de grand chemin, Éditions Michalon, 1998
Louise Michel, Éditions Monde Libertaire, 1999
Samudaripen, le génocide des Tsiganes, L’Esprit frappeur, 2000
Un Paris révolutionnaire, Illustré par Golo, Éditions Dagorno, 2001
Les funambules de l’Histoire, Éditions de La Digitale, 2002
La Bartambule, K’A, 2003
Les aventures extraordinaires de Laplume et Goudron, travailleurs de la nuit, Éditions libertaires, 2007
Choeur de femmes tsiganes, éditions Egrégores, 2009

[Source : http://congo-dechaine.info%5D

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