contrelaxenophobie

Berlusconi au secours de Sarkozy

In Uncategorized on septembre 19, 2010 at 07:06

[L’internationale raciste se défend. En Italie les portraits de Mussolini se multiplient. Entre la Ligue du nord et Berlusconi le parti mussoliniste apparaîtra bientôt à gauche. Rappelons que la campagne anti-roms a pris son envol il y a deux ans à l’initiative du maire, de gauche, de Rome. Aux élections suivantes la gauche était balayée. Depuis, il n’y a d’opposition que sur facebook. Merci la gauche.]

Evacuations forcées de camps illégaux, annonces d’expulsions massives et bras de fer avec Bruxelles. Sur la question rom, Silvio Berlusconi agite les mêmes sirènes que Nicolas Sarkozy. Le numéro 1 italien a d’ailleurs été le premier et l’un des seuls responsables gouvernementaux a soutenir mercredi le président français face à la commissaire Viviane Reding. «L’Europe n’a pas encore compris. Le problème des Roms n’est pas uniquement français, italien, grec ou espagnol. A l’inverse, Sarkozy en est pleinement conscient»,a soutenu le président du Conseil, pressé par ses puissants alliés de la Ligue du Nord, qui soufflent depuis des années sur les braises de la xénophobie. «L’Italie suivra les traces de la France pour l’expulsion des Roms»,a proclamé hier le ministre et leader du parti, Umberto Bossi. Et d’affirmer :«La plupart des petits larcins dans les habitations sont le fait de Roms.»

Déjà en 2008, à peine revenue au pouvoir, la droite berlusconienne avait multiplié les mesures contre les populations nomades après avoir brandi le thème de la sécurité durant la campagne électorale. «Nous n’entendons plus tolérer l’illégalité et la discrimination [sic !] en utilisant si nécessaire la force», avait alors lancé Roberto Maroni, ministre de l’Intérieur et membre de la Ligue du Nord. Les démantèlements de camps abusifs s’étaient alors accrus. Rien qu’à Milan, depuis 2007, la police a effectué l’évacuation de plus de 315 d’entre eux. À l’époque, et alors qu’un campement de nomades avait été attaqué au cocktail Molotov par une partie de la population dans un quartier de Naples, le gouvernement Berlusconi avait même lancé un projet de fichage des Roms, en particulier des mineurs, à travers la prise d’empreintes digitales.

L’initiative ayant provoqué de violentes réactions et des critiques de l’Union européenne, Rome avait finalement été contrainte de faire marche arrière et de confier les démarches d’identification des 110 000 Roms étrangers à la Croix-Rouge italienne. Malgré tout, le gouvernement italien avait continué à afficher sa volonté de renvoyer en masse les Roms en situation illégale. «Sarkozy n’a fait que copier l’Italie», estimait même fin août le ministre : «Depuis des années, l’Italie utilise la technique des rapatriements assistés et volontaires.»

«Ils montrent les muscles, mais en pratique, il y a très peu de renvois à l’étranger, nuance Maria Immacolata Macioti, sociologue de l’immigration à l’université romaine de La Sapienza. Les camps de Roms sont régulièrement évacués, mais les personnes se déplacent et se réinstallent un peu plus loin.» À Rome, les 200 camps illégaux sont régulièrement démolis. Le maire conservateur de la ville, Gianni Alemanno, a néanmoins pris acte de la situation et décidé d’installer dix à douze camps légaux à la périphérie de la ville pour accueillir un total de 6 000 personnes, en coopération avec les associations de nomades. «Nous ne voulons pas imiter la France», a d’ailleurs tenu à préciser hier l’édile romain. Reste que les structures légales ne devraient pas être suffisantes pour répondre à la présence des quelque 15 000 Roms présents sur le territoire romain.

À Milan, la mairie a proposé de l’argent pour que les Roms quittent la ville. En attendant, les élus de la Ligue du Nord continuent de crier à la nécessité de renvoyer les Roms chez eux. «Combien le Luxembourg en accueille-t-il ?» s’est par exemple interrogé l’eurodéputé Mario Borghezio.

«On fait de la propagande sur le dos des Roms en généralisant», juge Massimo Converso, président de l’association Opera Nomadi, qui remarque par exemple que «concrètement, le fichage des Roms n’a rien donné», et ajoute qu’avant 2008, la précédente administration à la mairie de Rome, de centre gauche, procédait elle aussi à l’évacuation régulière des camps abusifs mais sans clameur, «sous les ordres du même colonel des carabiniers». Il n’empêche. Dans le sillage de la France, Roberto Maroni souhaite désormais que «l’on puisse aller au-delà des rapatriements assistés et volontaires pour pouvoir expulser, comme les immigrés clandestins, des citoyens communautaires».

[Source : Libé]

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