contrelaxenophobie

Compte-rendu de la 7ème réunion du Collectif contre la xénophobie, dimanche 26 septembre

In Uncategorized on septembre 27, 2010 at 00:32

Réunion un brin cahotique ce dimanche… A été discutée pour commencer la situation à Choisy-le roi. Un participant dénonçait le caractère insidieux du contrôle qui semble se mettre en place, dans le contexte d’un village d’insertion destiné à loger les personnes précédemment hébergées dans un gymnase municipal. Les compte-rendus de réunions de la municipalité et des associations qui interviennent sur ce dossier précise qu’il s’agirait d’un village non fermé – répondant par avance aux critiques déjà énoncées contre de tels village, dans lesquels il est d’ordinaire interdit de recevoir des visites. Une participante s’est scandalisée qu’une telle démarche, a priori bien intentionnée, soit l’objet d’une suspicion qu’elle critiquait comme paranoïaque, et a préféré quitter la réunion.

Prenant acte de cette critique, le Collectif a convenu que la problématique des villages d’insertion demande à être documentée précisément. À Pantin comme à Montreuil, comme à Choisy le roi, les villages d’insertion sont présentés comme des solutions, et défendus comme tels par nombre d’associations ou partis de gauche. Or, l’expérience a montré comment de tels villages sont surtout considérés comme utiles dans la mesure où ils sont « sécurisés » (comme à Montreuil, où 75% du budget est consacré à la dite « sécurité »). Cette « sécurité » étant simplement destinée à garantir le contrôle le plus serré possibles des résidents de ces villages.

Lors de la précédente réunion du collectif, une anecdote éloquente était rapportée quant à l’esprit de « l’insertion » dont il peut être question là : trois résidents du village de Bagnolet s’étaient inscrits à un cours de civilisation rrom à l’Inalco (ex-Langues’O) ; revenant de la fac dans leur « village d’insertion », leurs sacs ont été fouillés par le vigile contrôlant l’entrée ; celui-ci, s’étonnant d’y trouver des livres, leur demande ce que c’est ; apprenant qu’ils vont à l’université, il leur aurait signifié que c’était inaproprié ; au résultat un seul de ces trois étudiants continuera à suivre les cours de l’Inalco, en s’y rendant seulement avec un cahier, pour éviter les objections du vigile du camp…

Les participants de la réunion ont convenu que de telles anecdotes demandaient à être vérifiées. A été proposé d’ouvrir un « cahier noir » des villages d’insertion, dans lequel seraient recueillies toutes les observations de leurs habitants et de ceux qui sont en contact avec eux, afin de préciser la critique de ces dispositifs qui apparaissent comme des formes sophistiquées de contrôle social sous couvert de bonnes intentions.

Pour résoudre les contradictions, extrêmement vivaces, qui ont pu apparaître déjà à Montreuil, et qui affleurent dans toutes les situations semblables, y compris ce dimanche au sein du Collectif contre la xénophobie, il est essentiel d’examiner au plus près la réalité de ces « expériences pilotes ». Et si on veut avoir la moindre chance de dissiper l’épaisse confusion régnant à gauche, et jusqu’au sein des associations qui prétendent prendre la défense des roms, il nous faut éviter l’écueil d’une dénonciation rhétorique, et rendre compte de la réalité de ces villages, tels qu’ils sont.

Il est à craindre que la nécessité de cet examen rapproché découle effectivement du caractère insidieux de ces projets de contrôle rigoureux de populations considérées comme a priori dangereuses. On retrouve dans chacune de ces situations le même soucis des autorités de se dédouaner en prenant en charge une partie des migrants, comme pour mieux justifier la persécution des autres, tout en s’assurant du contrôle de ceux qu’on prend ainsi en charge. Mais l’expérience nouvelle de Choisy-le-roi mérite d’être suivie attentivement, ne serait-ce que parce qu’elle résulte d’un authentique mouvement de solidarité citoyenne envers les roms persécutés par l’État sarkozyste. Les dérives sécuritaires qui pourraient apparaître y compris là seraient d’autant plus regrettables, et terriblement révélatrices du traitement xénophobe de la question rom. Et si, au contraire, il s’avérait que Choisy-le-roi tente une expérience différente de celles observées jusque-là, les enseignements de celle-ci ne seraient pas moins intéressants – pouvant y compris servir de modèle pour les autres. Un membre du collectif s’est proposé de retourner recueillir des témoignages de résidents afin de faire avancer les débats.

D’autre part, et dans la même lignée de préoccupations, le Collectif a précisé les modalités de fonctionnement de l’Observatoire des politiques municipales relativement aux Rroms et « gens du voyages », en particulier dans les communes de gauche (mais pas exclusivement). L’urgence de mettre en œuvre effectivement ce travail d’observation et de dénonciation est particulièrement criante, comme on le voit avec la problématique des « villages d’insertion ».

Le Collectif a par ailleurs validé le texte de projet d’amendement à la Loppsi 2, « l’anti 32 ter A », pour le droit d’occupation des terrains et bâti sans affectation réelle. Se dégage, à la réflexion, l’idée qu’un tel droit d’occupation serait une réponse immédiate à la crise actuelle. Chassés, pourchassés en tous lieux, les roms de Montreuil ou d’ailleurs, ne demandent qu’une chose : qu’on leur fiche la paix sur un terrain qui leur permettrait de vivre tout simplement. Or, les autorités municipales font valoir qu’elles ne disposeraient pas de terrains, alors qu’on sait qu’il n’en manque pas sur le vaste terrotoire d’une commune comme Montreuil. Dès lors, la meilleure solution pourrait être qu’on laisse les gens se débrouiller. En l’état des textes et de leur application, le principal problème que posent les occupations de terrains ou de maisons, c’est qu’elles exposent à de brutales expulsions, ainsi que les roms ont pu l’expérimenter à répétition ces derniers temps à travers tout le pays. Une telle disposition législative, instituant un droit d’occupation des lieux sans affectation réelle, est d’autant plus nécessaire qu’elle constituerait l’indispensable protection des occupants de tels lieux contre l’indécente chasse à l’homme entreprise par le gouvernement, ses Préfets et sa police.

La proposition a été faite de publier sous forme d’affiche le projet d’amendement à la loi visant à instituer le droit d’occupation des lieux sans affectation.

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  1. Désolée cher collectif, ce n’est pas la suspicion que je déclarais comme paranoïaque mais la personne . Une personne qui n’est présente que pour la deuxième fois, qui ne sait que monopoliser la parole, et faire du discours politique un discours égotique qui ne met en perspective que ses expériences très personnelles sans jamais prouver ce qu’elle avance. Une personne qui se permet des clichés du style ‘ la LDH militarisée ‘ ‘ les travailleurs sociaux flics déguisés ‘ ‘ telle ou telle association qui instrumentalise … ‘
    J’ai donc réagi à l’ensemble des paroles de cette personne et à son attidute générale et non à un discours sur les villages d’insertion.
    Ce collectif est autrement plus intéressant et plus constructif quand des personnes qui travaillent depuis des années avec les roms, qui font partie depuis des années de collectifs de soutien locaux, et ont des paroles mesurées et au plus près des faits sont présentes.
    De plus Je reste étonnée que dans ce collectif soient prononcés que très rarement des mots contre la politique de notre gouvernement. Il s’agit plutôt de militants des diverses tendances d’extrême gauche qui se servent de la cause des roms pour continuer à se détruire les uns les autres. AU final c’est une fois de plus la gauche qui est perdante et la droite qui se renforce mais il est vrai que certains tendances de l’extrême gauche se trouvent définitivement mieux dans l’opposition et la destruction que la construction d’un monde plus juste.
    Enfin je reste étonnée de la distorsion entre les C.R. de ces réunions et le contenu de ces réunions : il est des militants qui ont une belle plume capable de donner à ces réunions une valeur qu’elle n’ont pas . Je demande donc au responsable de ce collectif de me retirer de la liste de diffusion

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