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Jacques Rancière : racisme d’État et racisme intellectuel «de gauche»

In Uncategorized on septembre 20, 2010 at 23:07

Samedi 11 septembre se tenait à La Parole errante, à Montreuil, un colloque intitulé « les Rroms, et qui d’autre ? », auquel participait, entre autres, le philosophe Jacques Rancière. Ci-dessous, le texte de son intervention.

Je voudrais proposer quelques réflexions autour de la notion de « racisme d’Etat » mise à l’ordre du jour de  notre réunion. Ces réflexions s’opposent à une interprétation très répandue des mesures récemment prises par notre gouvernement, depuis la loi sur le voile jusqu’aux expulsions de roms. Cette interprétation y voit une attitude opportuniste visant à exploiter les thèmes racistes et xénophobes à des fins électoralistes. Cette prétendue critique reconduit ainsi la présupposition qui fait du racisme une passion populaire, la réaction apeurée et irrationnelle de couches rétrogrades de la population, incapables de s’adapter au nouveau monde mobile et cosmopolite. L’Etat est accusé de manquer à son principe en se montrant complaisant à l’égard de ces populations. Mais il est par là conforté dans sa position de représentant de la rationalité face à l’irrationalité populaire.

Or cette disposition du jeu, adoptée par la critique «de gauche», est exactement la même au nom de laquelle la droite a mis en œuvre depuis une vingtaine d’années un certain nombre de lois et de décrets racistes. Toutes ces mesures ont été prises au nom de la même argumentation: il y a des problèmes de délinquances et nuisances diverses causés par les immigrés et les clandestins qui risquent de déclencher du racisme si on n’y met pas bon ordre. Il faut donc soumettre ces délinquances et nuisances à l’universalité de la loi pour qu’elles ne créent pas des troubles racistes.

C’est un jeu qui se joue, à gauche comme à droite, depuis les lois Pasqua-Méhaignerie de 1993. Il consiste à opposer aux passions populaires la logique universaliste de l’Etat rationnel, c’est-à-dire à donner aux politiques racistes d’Etat un brevet d’antiracisme. Il serait temps de prendre l’argument à l’envers et de marquer la solidarité entre la «rationalité» étatique qui commande ces mesures et cet autre –cet adversaire complice–  commode qu’elle se donne comme repoussoir, la passion populaire. En fait, ce n’est pas le gouvernement qui agit sous la pression du racisme populaire et en réaction aux passions dites populistes de l’extrême-droite. C’est la raison d’Etat qui entretient cet autre à qui il confie la gestion imaginaire de sa législation réelle.

J’avais proposé, il y a une quinzaine d’années, le terme de racisme froid pour désigner ce processus. Le racisme auquel nous avons aujourd’hui affaire est un racisme à froid, une construction intellectuelle. C’est d’abord une création de l’Etat. On a discuté ici sur les rapports entre Etat de droit et Etat policier. Mais c’est la nature même de l’Etat que d’être un Etat policier, une institution qui fixe et contrôle les identités, les places et les déplacements, une institution en lutte permanente contre tout excédent au décompte des identités qu’il opère, c’est-à-dire aussi contre cet excès sur les logiques identitaires que constitue l’action des sujets politiques. Ce travail est rendu plus insistant par l’ordre économique mondial. Nos Etats sont de moins en moins capables de contrecarrer les effets destructeurs de la libre circulation des capitaux pour les communautés dont ils ont la charge. Ils en sont d’autant moins capables qu’ils n’en ont aucunement le désir. Ils se rabattent alors sur ce qui est en leur pouvoir, la circulation des personnes. Ils prennent comme objet spécifique le contrôle de cette autre circulation et comme objectif la sécurité des nationaux menacés par ces migrants, c’est-à-dire plus précisément la production et la gestion du sentiment d’insécurité. C’est ce travail qui devient de plus en plus leur raison d’être et le moyen de leur légitimation.

De là un usage de la loi qui remplit deux fonctions essentielles : une fonction idéologique qui est de donner constamment figure au sujet qui menace la sécurité; et une fonction pratique qui est de réaménager continuellement la frontière entre le dedans et le dehors, de créer constamment des identités flottantes, susceptibles de faire tomber dehors ceux qui étaient dedans. Légiférer sur l’immigration, cela a d’abord voulu dire créer une catégorie de sous-Français, faire tomber dans la catégorie flottante d’immigrés des gens qui étaient nés sur sol français de parents nés français. Légiférer sur l’immigration clandestine, cela a voulu dire faire tomber dans la catégorie des clandestins des «immigrés»légaux. C’est encore la même logique qui a commandé l’usage récent de la notion de «Français d’origine étrangère». Et c’est cette même logique qui vise aujourd’hui les roms, en créant, contre le principe même de libre circulation dans l’espace européen, une catégorie d’Européens qui ne  sont pas vraiment Européens, de même qu’il y a des Français qui ne  sont pas vraiment Français. Pour créer ces identités en suspens l’Etat ne s’embarrasse pas de contradictions comme on l’a vu par ses mesures concernant les «immigrés». D’un côté, il crée des lois discriminatoires et des formes de stigmatisation  fondées sur l’idée de l’universalité citoyenne et de l’égalité devant la loi. Sont alors sanctionnés et/ou stigmatisés ceux dont les pratiques s’opposent à l’égalité et à l’universalité citoyenne. Mais d’un autre côté, il crée au sein de cette citoyenneté semblable pour tous des discriminations comme celle qui distingue les Français «d’origine étrangère». Donc d’un côté tous les Français sont pareils et gare à ceux qui ne le sont pas, de l’autre tous ne sont pas pareils et gare à ceux qui l’oublient !

Le racisme d’aujourd’hui est donc d’abord une logique étatique et non une passion populaire. Et cette logique d’Etat est soutenue au premier chef non par on ne sait quels groupes sociaux arriérés mais par une bonne partie de l’élite intellectuelle. Les dernières campagnes racistes ne sont pas du tout le fait de l’extrême-droite dite «populiste». Elles ont été conduites par une intelligentsia qui se revendique comme intelligentsia de gauche, républicaine et laïque. La discrimination n’est plus fondée sur des arguments sur les races supérieures et inférieures. Elle s’argumente au nom de la lutte contre le «communautarisme», de l’universalité de la loi et de l’égalité de tous les citoyens au regard de la loi et de l’égalité des sexes. Là encore, on ne s’embarrasse pas trop de contradictions; ces arguments sont le fait de gens qui font par ailleurs assez peu de cas de l’égalité et du féminisme. De fait, l’argumentation a surtout pour effet de créer l’amalgame requis pour identifier l’indésirable: ainsi l’amalgame entre migrant, immigré, arriéré, islamiste, machiste et terroriste. Le recours à l’universalité est en fait opéré au profit de son contraire: l’établissement d’un pouvoir étatique discrétionnaire de décider qui appartient ou n’appartient pas à la classe de ceux qui ont le droit d’être ici, le pouvoir, en bref, de conférer et de supprimer des identités. Ce pouvoir a son corrélat: le pouvoir d’obliger les individus à être à tout moment identifiables, à se tenir dans un espace de visibilité intégrale au regard de l’Etat. Il vaut la peine, de ce point de vue, de revenir sur la solution trouvée par le gouvernement au problème juridique posé par l’interdiction de la burqa. C’était, on l’a vu, difficile de faire une loi visant spécifiquement quelques centaines de personnes d’une religion déterminée. Le gouvernement a trouvé la solution: une loi  portant interdiction en général de couvrir son visage dans l’espace public, une loi qui vise en même temps la femme porteuse du voile intégral et le manifestant porteur d’un masque ou d’un foulard. Le foulard devient ainsi l’emblème commun du musulman arriéré et de l’agitateur terroriste. Cette solution-là, adoptée, comme pas mal de mesures sur l’immigration, avec la bienveillante abstention de la «gauche», c’est la pensée «républicaine» qui en a donné la formule. Qu’on se souvienne des diatribes furieuses de novembre 2005 contre ces jeunes masqués et encapuchonnés qui agissaient nuitamment. Qu’on se souvienne aussi du point de départ de l’affaire Redeker, le professeur de philosophie menacé par une «fatwa» islamique. Le point de départ de la furieuse diatribe antimusulmane de Robert Redeker était… l’interdiction du string à Paris-Plage. Dans cette interdiction édictée par la mairie de Paris, il décelait une mesure de complaisance envers l’islamisme, envers une religion dont le potentiel de haine et de violence était déjà manifesté dans l’interdiction d’être nu en public. Les beaux discours sur la laïcité et l’universalité républicaine se ramènent en définitive à ce principe qu’il convient d’être entièrement visible dans l’espace public, qu’il soit pavé ou plage.

Je conclus: beaucoup d’énergie a été dépensée contre une certaine figure du racisme –celle qu’a incarnée le Front National– et une certaine idée de ce racisme comme expression des «petits blancs» représentant les couches arriérées de la société. Une bonne part de  cette énergie a été récupérée pour construire la légitimité d’une nouvelle forme de racisme: racisme d’Etat et racisme intellectuel «de gauche». Il serait peut-être temps de réorienter la pensée et le combat contre une théorie et une pratique de stigmatisation, de précarisation et d’exclusion qui constituent aujourd’hui un racisme d’en-haut: une logique d’Etat et une passion de l’intelligentsia.

Jacques Rancière, 11 septembre 2010

[Source : Mediapart]

Texte de l’article 32ter A

In Uncategorized on septembre 19, 2010 at 14:59

Ci-dessous le texte de l’article 32ter A tel qu’il a été adopté au Sénat. Le ministre de l’intérieur a déjà annoncé qu’il entendait représenter l’amendement 404 (« l’erreur 404 ») qui élargit l’objet de ces dispositions au « bâti », s’appliquant, au-delà des cabanes, à tout immeuble occupé (squat). Avec ou sans l’amendement 404, cet article est une déclaration de guerre aux plus pauvres des plus pauvres.

Article 32 ter A (nouveau)

I. – Lorsqu’une installation illicite en réunion sur un terrain appartenant à une personne publique ou privée en vue d’y établir des habitations comporte de graves risques pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques, le représentant de l’État dans le département ou, à Paris, le préfet de police peut mettre les occupants en demeure de quitter les lieux.

La mise en demeure est assortie d’un délai d’exécution qui ne peut être inférieur à quarante-huit heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d’affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d’usage du terrain.

Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n’a pas été suivie d’effet dans le délai fixé et n’a pas fait l’objet d’un recours dans les conditions prévues au II, le préfet peut procéder à l’évacuation forcée des lieux, sauf opposition du propriétaire ou du titulaire du droit d’usage du terrain dans le délai fixé pour l’exécution de la mise en demeure. Le cas échéant, le préfet saisit le président du tribunal de grande instance d’une demande d’autorisation de procéder à la destruction des constructions illicites édifiées pour permettre l’installation en réunion sur le terrain faisant l’objet de la mesure d’évacuation. Le président du tribunal ou son délégué statue, en la forme des référés, dans un délai de quarante-huit heures.

Lorsque le propriétaire ou le titulaire du droit d’usage du terrain fait obstacle à l’exécution de la mise en demeure, le préfet peut lui demander de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser l’atteinte à la salubrité, à la sécurité et à la tranquillité publiques, dans un délai qu’il fixe.

Le fait de ne pas se conformer à l’arrêté pris en application de l’alinéa précédent est puni de 3 750 € d’amende.

II. – Les personnes destinataires de la décision de mise en demeure prévue au I, ainsi que le propriétaire ou le titulaire du droit d’usage du terrain peuvent, dans le délai fixé par celle-ci, demander son annulation au tribunal administratif. Le recours suspend l’exécution de la décision du préfet à leur égard. Le président du tribunal ou son délégué statue dans un délai de soixante-douze heures à compter de sa saisine.

[Source : Assemblée nationale]

Berlusconi au secours de Sarkozy

In Uncategorized on septembre 19, 2010 at 07:06

[L’internationale raciste se défend. En Italie les portraits de Mussolini se multiplient. Entre la Ligue du nord et Berlusconi le parti mussoliniste apparaîtra bientôt à gauche. Rappelons que la campagne anti-roms a pris son envol il y a deux ans à l’initiative du maire, de gauche, de Rome. Aux élections suivantes la gauche était balayée. Depuis, il n’y a d’opposition que sur facebook. Merci la gauche.]

Evacuations forcées de camps illégaux, annonces d’expulsions massives et bras de fer avec Bruxelles. Sur la question rom, Silvio Berlusconi agite les mêmes sirènes que Nicolas Sarkozy. Le numéro 1 italien a d’ailleurs été le premier et l’un des seuls responsables gouvernementaux a soutenir mercredi le président français face à la commissaire Viviane Reding. «L’Europe n’a pas encore compris. Le problème des Roms n’est pas uniquement français, italien, grec ou espagnol. A l’inverse, Sarkozy en est pleinement conscient»,a soutenu le président du Conseil, pressé par ses puissants alliés de la Ligue du Nord, qui soufflent depuis des années sur les braises de la xénophobie. «L’Italie suivra les traces de la France pour l’expulsion des Roms»,a proclamé hier le ministre et leader du parti, Umberto Bossi. Et d’affirmer :«La plupart des petits larcins dans les habitations sont le fait de Roms.»

Déjà en 2008, à peine revenue au pouvoir, la droite berlusconienne avait multiplié les mesures contre les populations nomades après avoir brandi le thème de la sécurité durant la campagne électorale. «Nous n’entendons plus tolérer l’illégalité et la discrimination [sic !] en utilisant si nécessaire la force», avait alors lancé Roberto Maroni, ministre de l’Intérieur et membre de la Ligue du Nord. Les démantèlements de camps abusifs s’étaient alors accrus. Rien qu’à Milan, depuis 2007, la police a effectué l’évacuation de plus de 315 d’entre eux. À l’époque, et alors qu’un campement de nomades avait été attaqué au cocktail Molotov par une partie de la population dans un quartier de Naples, le gouvernement Berlusconi avait même lancé un projet de fichage des Roms, en particulier des mineurs, à travers la prise d’empreintes digitales.

L’initiative ayant provoqué de violentes réactions et des critiques de l’Union européenne, Rome avait finalement été contrainte de faire marche arrière et de confier les démarches d’identification des 110 000 Roms étrangers à la Croix-Rouge italienne. Malgré tout, le gouvernement italien avait continué à afficher sa volonté de renvoyer en masse les Roms en situation illégale. «Sarkozy n’a fait que copier l’Italie», estimait même fin août le ministre : «Depuis des années, l’Italie utilise la technique des rapatriements assistés et volontaires.»

«Ils montrent les muscles, mais en pratique, il y a très peu de renvois à l’étranger, nuance Maria Immacolata Macioti, sociologue de l’immigration à l’université romaine de La Sapienza. Les camps de Roms sont régulièrement évacués, mais les personnes se déplacent et se réinstallent un peu plus loin.» À Rome, les 200 camps illégaux sont régulièrement démolis. Le maire conservateur de la ville, Gianni Alemanno, a néanmoins pris acte de la situation et décidé d’installer dix à douze camps légaux à la périphérie de la ville pour accueillir un total de 6 000 personnes, en coopération avec les associations de nomades. «Nous ne voulons pas imiter la France», a d’ailleurs tenu à préciser hier l’édile romain. Reste que les structures légales ne devraient pas être suffisantes pour répondre à la présence des quelque 15 000 Roms présents sur le territoire romain.

À Milan, la mairie a proposé de l’argent pour que les Roms quittent la ville. En attendant, les élus de la Ligue du Nord continuent de crier à la nécessité de renvoyer les Roms chez eux. «Combien le Luxembourg en accueille-t-il ?» s’est par exemple interrogé l’eurodéputé Mario Borghezio.

«On fait de la propagande sur le dos des Roms en généralisant», juge Massimo Converso, président de l’association Opera Nomadi, qui remarque par exemple que «concrètement, le fichage des Roms n’a rien donné», et ajoute qu’avant 2008, la précédente administration à la mairie de Rome, de centre gauche, procédait elle aussi à l’évacuation régulière des camps abusifs mais sans clameur, «sous les ordres du même colonel des carabiniers». Il n’empêche. Dans le sillage de la France, Roberto Maroni souhaite désormais que «l’on puisse aller au-delà des rapatriements assistés et volontaires pour pouvoir expulser, comme les immigrés clandestins, des citoyens communautaires».

[Source : Libé]

Expulsion des Roms dans la Seine-Saint-Denis :

In Uncategorized on septembre 19, 2010 at 06:25

Les expulsions de Rroms continuent en Seine St Denis comme ailleurs :

[Rappelons qu’en Seine-St Denis sévit le nouveau Préfet Lambert depuis avril. Ex-chef du Raid, tueur professionnel, brute galonnée, ce monsieur a entrepris de terroriser le 93. Opérations coup de poing sont son quotidien. La chasse aux Rroms son amusement. Les chiens racistes sont lâchés.]

Ce mardi 14 septembre 2010 au matin, quatre familles ont été expulsées du petit campement au Vieux Pays à Tremblay en France, à la demande du SEAPFA, syndicat intercommunal pour la gestion et la collecte des déchets, dont le Président n’est autre que le député maire de Tremblay en France ! [NB : François ASSENSI, « Gauche démocrate et républicaine »]

Les policiers sont intervenus sans ménagement, accompagnée de la pelleteuse qui a détruit aussitôt après les quatre petites maisons ou cabanes en bois situées le long d’un chemin pavé abandonné.

Cette expulsion, qui faisait suite à une autre expulsion d’autres Rroms sur ce même lieu fin juin 2010, s’est faite sans qu’un hébergement d’urgence ne soit proposé dans les jours précédents par la municipalité qui avait été pourtant contactée de multiples fois. La seule proposition qui avait été faite par le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) était la possibilité d’une demande de séjour provisoire en foyer mère-enfents pour une jeune mère ayant un bébé de 3 mois, ce qu’elle a refusé pour ne pas se couper de ses parents présents sur la campement.

A nouveau ce sont des personnes parties en errance, que la police voulait envoyer sur le 95 en interdisant au groupe à pied de se diriger vers le centre de Tremblay en évoquant une soi-disant décision d’huissier qui leur aurait interdit de rester sur le 93. C’est tout simplement un abus de pouvoir, puisque renseignement juridique pris par les soutiens, il ne peut y avoir interdiction d’une partie du territoire que dans des jugements au pénal, alors qu’ici aucun jugement n’avait été prononcé.

Force est de constater que les Rroms sont expulsés de partout, y compris des municipalités de gauche. Ces dernières auraient pourtant un rôle concret à jouer dans la lutte contre la xénophobie ambiante, elles devraient arrêter ce jeu de massacre qui détruit les liens établis, le suivi médical quand il existe (pas là !) et empêche toute scolarisation des enfants, qui dans le cas de l’enfant d’âge scolaire de ce camp n’avait même pas eu lieue ! Ces expulsions rendent la vie infernale à ces personnes, elles augmentent leur précarité puisqu’à chaque expulsion il y a destruction du peu de biens qu’elles ont. Où sont l’égalité des droits et la solidarité prônées dans les discours ?

Marie-Thérèse

[Source : liste anti-délation]

POUR LE DROIT D’OCCUPATION DES LIEUX SANS AFFECTATION

In Uncategorized on septembre 18, 2010 at 04:57

Le Collectif contre la xénophobie demande que soit opposé à l’article 32 ter A un amendement qui stipulerait, à l’inverse, le droit d’occupation des terrains sans affectation – et du bâti.

LE COLLECTIF CONTRE LA XÉNOPHOBIE TIENDRA SA PROCHAINE RÉUNION DIMANCHE 19 SEPTEMBRE, de 15h à 18h, comme d’habitude, 38 rue Keller (entre Bastille et Voltaire), à la librairie Lady Long Solo.

Compte-rendu de la réunion du dimanche 12 septembre 2010, et résolutions

Lors de notre cinquième réunion, dimanche dernier, nous avons pu faire le point sur l’article 32 ter A de la loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2), votée au Sénat la semaine dernière. On se félicite que la mobilisation du DAL, de Jeudi noir et de quelques autres, aura permis de faire sauter l’amendement 404 (« l’erreur 404 ») qui étendait l’objet de cette disposition à l’ensemble des squats. Mais le ministre de l’Intérieur a d’ores et déjà annoncé qu’il représenterait cet amendement lors du prochain passage de la Loppsi 2 à l’Assemblée nationale.

Rappelons qu’indépendamment de cet amendement « anti-squats » l’article 32 ter A permet aux Préfets d’ordonner l’expulsion dans un délai de 48 heures de tout terrain occupé de façon « illicite », sans en passer par une décision judiciaire. Aux termes de cet article les forces de l’ordre sont aussi autorisées à détruire les biens des personnes occupant un tel terrain. Est prévue également une amende de 3750 euros pour quiconque n’aurait pas déguerpi dans le délai imparti…

Cette disposition législative a été formulée de façon à donner les pleins pouvoirs aux Préfets pour expulser les terrains occupés par les Rroms que le gouvernement s’est vanté de faire disparaître dans les plus brefs délais. D’une manière plus générale, c’est une sorte de bombe atomique contre le nomadisme qui est ainsi instituée.

Le 30 août, à France inter, le Premier ministre déclarait que «  le mode de vie nomade est de moins en moins adapté à la vie d’une société moderne ». C’est son point de vue. Ceux qui pratiquent le nomadisme en ont un autre – est-ce une raison pour les persécuter et les priver de toute protection juridique ? Ceux qui, sans abri, n’ont d’autre solution que d’occuper un terrain, sont aujourd’hui exposés à une précarité sans bornes – qu’ils soient ou pas nomades d’ailleurs, Roms arrivés de Roumanie ou simplement pauvres de France.

N’en déplaise au Premier ministre, le nomadisme est une richesse – une liberté pour ceux qui le pratiquent ; et, bien souvent, une nécessité. C’est une richesse pour l’ensemble de la société, et pour chacun, que de disposer de cette liberté. Mais, aujourd’hui, c’est aussi une réponse à la misère. À la misère en Roumanie – et à la misère en France.

L’occupation de terrains, comme l’occupation de maisons, sont bien souvent les seules solutions qui s’offrent à des jeunes, à des pauvres, ou à des migrants comme les Rroms aujourd’hui ostracisés.

L’article 32 ter A contrevient aux principes du droit au logement, tels qu’ils sont intégrés dans le droit français avec la loi DALO qui stipule que l’État est en faute s’il ne parvient à assurer le logement social de qui en a besoin. De plus, il institue dans la loi la violation de domicile et l’atteinte aux personnes comme à leurs biens. Mais, surtout, cette loi scélérate s’inscrit dans le contexte de la campagne raciste lancée cet été par le Président de la république – dénoncée à ce jour aussi bien par le Pape que par l’Onu, le Parlement européen, et même la Commission européenne, qui entend poursuivre la France pour infraction au droit communautaire si celle-ci ne met pas immédiatement un terme à sa politique scandaleuse.

La persécution des nomades, revendiquée bruyamment par le gouvernement – et théorisée ici par le Premier ministre – contrevient également au premier alinéa de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. »

Mais cette persécution, et les lois qui s’additionnent pour l’organiser, ne sont pas seulement contraires à ce principe fondamental du droit. Elles privent tout un chacun d’une liberté essentielle. À l’inverse de ce que professe le chef du gouvernement, elles sont, de plus, à contre-courant de l’époque où les moyens du nomadisme se multiplient, entre autres du fait du développement des moyens de communication et de transport, mais, plus profondément, en raison de l’extension de l’imaginaire de tous à mesure qu’augmente la circulation d’informations.

L’État autoritaire rêve d’une société figée, alors que la crise économique comme l’ensemble des évolutions de la société incitent, au contraire, à une plus grande mobilité. Et c’est bien cette contradiction entre l’ambition totalitaire et la réalité des peuples qui provoque le déchaînement de violence envers les plus fragiles auquel on assiste aujourd’hui.

Le Collectif contre la xénophobie demande que soit opposé à l’article 32 ter A un amendement qui stipulerait, à l’inverse, le droit d’occupation des terrains sans affectation – et du bâti. Une telle disposition s’impose dans la situation actuelle de crise du logement, particulièrement aiguë en France ces dernières années. La multiplication des sans abri au nom d’une conception abstraite du droit de propriété n’est pas acceptable. Il est au contraire nécessaire et urgent d’introduire dans la loi la protection de ceux qui ont trouvé par eux-mêmes un abri dans une société qui n’est pas capable de leur en proposer.

Il est, de plus, nécessaire de prendre en compte le nomadisme au lieu de le nier envers et contre l’évidence de sa réalité – et de ses nécessités. Des mesures tendant non seulement à permettre mais à faciliter les occupations de terrains – et du bâti – sont aussi à prévoir. Ainsi les communes de plus de 5000 habitants ont, aujourd’hui, l’obligation de mettre à disposition des « gens du voyage » de relativement coûteuses aires de stationnement – rarement satisfaisantes. Dans le même esprit, et à un bien moindre coût, les municipalités devraient faire en sorte que les occupations de terrains ou d’immeubles sans affectation puissent se faire dans de bonnes conditions, en garantissant à leurs occupants la fourniture de l’eau et de l’électricité comme l’enlèvement des déchets et, de manière générale, l’accès aux services sociaux, à la santé comme à l’éducation.

Le Collectif contre la xénophobie entend solliciter des députés afin que, lors du passage en deuxième lecture de la Loppsi 2 devant l’Assemblée, soit présenté au Parlement un amendement instituant ce nécessaire droit d’occupation – complémentaire du droit de réquisition qui existe. Comme on sait, ce dernier étant à l’appréciation des Préfets, il est bien rarement appliqué, ceux-ci préférant se retrouver en infraction avec la loi – ainsi que le vérifient quotidiennement les tribunaux administratifs où sont présentées les innombrables plaintes de personnes en attente de logement. Ne serait-ce que pour ce motif, parce que la loi sur les réquisitions est en panne, et parce que le droit au logement n’est pas assuré, la légitimité de toute occupation de lieu sans affectation est entière. Dans le climat de violence sociale institué par l’administration contre les plus démunis, il est nécessaire que ce droit vital soit reconnu et protégé par la loi.

Par ailleurs, le Collectif contre la xénophobie rappelle qu’il entend poursuivre son activité d’observatoire des communes, pour identifier la réalité des pratiques municipales, et encourager à la désobéissance civile face à la campagne raciste engagée par le gouvernement.

De même, le Collectif contre la xénophobie entend prolonger son action en faveur de l’abrogation du carnet de circulation imposé en France aux « gens du voyage » depuis 1912. Il faut mettre un terme à cette mesure de contrôle abusive qui institue carrément une sous-citoyenneté. Et que l’égalité juridique de tous, nomades ou pas, soit enfin reconnue.

Pour le Collectif contre la xénophobie,

Michel Sitbon

À Angers comme à Montreuil, l’hypocrisie est au pouvoir

In Uncategorized on septembre 18, 2010 at 00:39

À Montreuil, les Rroms hébergés à la Parole errante depuis quinze jours seront,encore, à partir de lundi, en quête d’un nouveau toit. Et ce en vertu du plan municipal de leur trouver des solutions, prises en charge par les associations, de quinze jours en quinze jours. La Mairie disposerait d’appartements vides, mais ne semble pas prête à les mettre à leur disposition. Les Rroms demandent simplement qu’on leur donne un terrain, même pas forcément viabilisé, et la mairie fait semblant de découvrir cette revendication. À trois jours de leur déménagement, personne ne peut assurer les 36 Rroms, ballottés depuis un an, de leur prochaine destination.

Correctif : l’adjoint municipal chargé de l’urbanisme, Saunier, qui avait posé sa démission suite à l’échec de son projet de déclaration commune avec les associations, serait toujours en place. Et la politique municipale, poussant l’hypocrisie au maximum, n’a pas changé d’un poil. À Angers aussi, ainsi qu’en rend compte le communiqué ci-dessous, les autorités municipales prétendent aux meilleures intentions, mais ne semblent pas prêtes à assumer le début d’une véritable politique anti-raciste.

Les Rroms, qui sont obligés de camper sur le bord de la Maine, accompagnés par un membre du CSSP49 avaient rendez vous avec la mairie, pour évoquer la question de leur logement. Conscients que cette question fait débat non seulement en France mais également en Europe et dans le monde après les réactions indignées au discours de Mr Sarkozy à Grenoble, nous avions averti la presse de la tenue de cette réunion.

L’enjeu est en effet de taille et nécessite la plus large information pour que chacun, dans ce pays, puisse en discuter sereinement et en connaissance de cause.

Il s’agit de décider si les ostracismes, les discriminations qui ont déjà causés tant de morts devaient continuer ou si, au contraire, les manifestations du 4 septembre devaient être l’élan d’un renouveau des valeurs qui ont constitué de tout temps le véritable progrès de l’Humanité.

À notre connaissance, une municipalité, celle de Choisy le Roi, secondée par diverses associations a tenté d’y répondre en accueillant les expulsés du Hanul. Nous espérions que les élus angevins participant à cette manifestation du 4 septembre, suivraient cette voie de la sagesse, certes pas la plus facile mais de loin la plus efficace à long terme.

Notre surprise fut donc totale quand la mairie annula cette réunion, jugeant « déloyal » de notre part, d’en avoir averti la presse. Nous pensions que les élus avaient des comptes à rendre à leurs mandants et c’est en toute bonne foi et conscients des enjeux que nous avions communiqué notre démarche !

L’annulation de cette réunion nous a été confirmée, devant la mairie, par le responsable de la police municipale. Nous ne pouvons que constater l’incohérence politique des partis de la majorité municipale qui défendent les droits de l’homme en général mais qui, dans les faits, refusent de discuter au grand jour des solutions concrètes pouvant faire progresser ces mêmes droits.

Si l’image de défenseurs des droits et libertés qu’ils prétendent se donner en sort une fois de plus ternie, nous en sommes désolés, mais ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes !

Les membres du CSSP49

La France donneuse de leçons de démocratie rejette la critique européenne sur les expulsions de roms

In Uncategorized on septembre 16, 2010 at 12:18

mer, 15/09/2010 – 16:33
Sans les traditions d’accueil et de tolérance de la République Française, Nicolas Sarkozy, immigré de la seconde génération, n’aurait jamais pu en atteindre la présidence. Hélas ce petit kaiser est en train de faire table rase des derniers acquis de la révolution française et des humanistes qui ont fait l’histoire du pays des Droits de l’Homme. On avait déjà connu les charters de Charles Pasqua, mais même le fondateur du SAC n’avait jamais osé citer nommément une communauté. Le pas a été franchi.

En expulsant les roms Sarkozy se montre l’héritier direct des nazis qui les ont exterminés au même titre que les juifs ou les homosexuels dans un génocide occulté qui a pour nom Samudaripen[1].

Condamné par l’Union Européenne, dont la France est l’un des membres fondateurs et de laquelle aujourd’hui elle refuse de suivre les règles, le gouvernement français, par la voix de son parti l’UMP, hurle au complot politique : Jean-François Copé, chef des députés UMP à l’Assemblée nationale, dénonce un « procès d’intention » contre la France. « Vous ne pouvez pas toujours prendre pour argent comptant les attaques qui peuvent venir de l’Union européenne sans jamais regarder si par ailleurs il ne peut pas y avoir une arrière pensée politique venue de l’Europe », a-t-il dit. On croirait entendre les jérémiades du gouvernement congolais contre les ONG telles « Publiez ce que vous payez » et qui osent critiquer sa gestion clanique.

On ne doit pas rester sans réagir contre de tels actes qui ouvrent la porte à tous les extrêmes. Si on veut éviter que demain ce soit une autre communauté, peut être celle des mélanodermes, qui se trouve victime de ces manières fascistes il faut réagir en signant l’une des nombreuses pétitions qui circulent sur la toile.

Voici celle d’avaaz.org :

Pétition au Premier Ministre François Fillon et aux Ministres Bernard Kouchner, Hervé Morin et Fadela Amara :
Nous partageons vos préoccupations sur la politique d’expulsion des Roms et nous sommes fermement opposés à cette politique. Nous vous demandons d’agir pour obtenir du Président Sarkozy la fin immédiate des expulsions collectives et la mise en place de mesures d’accueil et d’intégration des citoyens européens d’origine rom. Aucun nouvel amendement visant les Roms ne doit être introduit dans la loi sur l’immigration, et les mesures transitoires empêchant les citoyens bulgares et roumains de travailler légalement en France doivent être supprimées.

Roms: «La Commission a l’impression de s’être fait rouler dans la farine»

PROPOS RECUEILLIS PAR ELODIE AUFFRAY (LIBÉRATION)

La procédure n’est pas encore enclenchée, ce n’est pas certain qu’elle le soit un jour. Viviane Reding n’a pas en tout cas le pouvoir d’agir seule. Il faut une décision adoptée à la majorité des membres du collège des commissaires, si possible un consensus. On va donc rentrer dans un savant jeu de négociations et de pressions politiques. La Commission européenne accentue la pression sur la France. Viviane Reding, la commissaire en charge de la Justice et des Droits des citoyens, va demander l’enclenchement de deux procédures d’infraction. La première pour transposition insuffisante de la directive européenne 2004/38/CE sur la libre circulation des ressortissants européens. La seconde pour «application discriminatoire» de cette directive. Cela vise la circulaire du 5 août 2010, qui cible explicitement les Roms.
Chercheur au CNRS, politologue spécialiste des questions européennes, Olivier Costa analyse cette décision.

En quoi consiste une procédure d’infraction ?
Cela s’inscrit dans un processus de négociation. La Commission, interpellée sur un sujet, prend d’abord contact avec les administrations nationales, via des échanges de courrier, des rencontres en face-à-face, comme ce qui s’est passé lorsque Eric Besson et Pierre Lellouche sont allés rencontrer Viviane Reding courant août. C’est seulement si l’Etat, bille en tête, poursuit sa politique que la Commission enclenche une procédure contentieuse, avec la saisine de la Cour de justice. Dans ce cas, on en a pour des mois. Mais généralement, ça se règle à l’amiable, car les Etats savent que la Cour de justice ne badine pas avec le droit communautaire. Historiquement, cette Cour a toujours essayé de donner une portée maximale au droit européen et suit certains principes. Parmi ceux-ci, la liberté de circulation prime très nettement sur la sécurité.

La Commission a d’abord exprimé «une certaine inquiétude» en août à l’égard de la politique de la France. Puis elle s’est dite satisfaite des garanties apportées par le gouvernement. Comment analyser la décision d’aujourd’hui ?
Reding l’a dit très clairement: la Commission a l’impression de s’être fait rouler dans la farine par la France, avec la dissimulation de la circulaire du 5 août (visant explicitement les Roms, ndlr). Celle-ci est tellement contraire au droit européen, elle suscite une telle indignation, que Viviane Reding n’avait plus le choix. De plus, ça fait un mois que la Commission s’agace de l’interprétation par la France du droit européen sur la libre circulation. Mais elle ne peut pas commenter à tort et à travers la vie politique d’un État membre, surtout que l’institution ne se caractérise pas par son courage politique. La divulgation de la circulaire fournit des arguments juridiques forts pour déclencher une procédure. Mais il n’y a pas que cela : Viviane Reding souhaite également engager une deuxième procédure, pour transposition insuffisante de la directive de 2004 sur la libre circulation. Tout cela est aussi une belle occasion pour la Commission de se faire entendre sur le thème des droits de l’homme. C’est une façon de montrer que, pour elle, l’UE n’est pas qu’un marché; ce sont aussi des valeurs, que l’exécutif européen entend faire respecter.
Le déclenchement d’une procédure d’infraction est-il courant ?
Les procédures d’infraction sont très rares sur des sujets aussi sensibles politiquement. Dans le droit communautaire, il y a beaucoup de choses sur le marché intérieur, des normes très techniques sur les produits. Mais sur les questions très politiques, la Commission a toujours été extrêmement prudente, elle n’aime pas les conflits avec les États membres. Généralement, c’est le Parlement européen qui monte au créneau. Mais la résolution qu’ils ont adoptée est un symbole fort. Le Parlement se prononce souvent sur ce qui se passe dans les pays tiers, mais plus rarement à propos d’un État-membre. Les précédents concernent l’arrivée de Jorg Haider au pouvoir en Autriche, les dérapages de Silvio Berlusconi ou encore la reprise des essais nucléaires français en 1995.

La France est-elle soutenue par d’autres États-membres ?
La règle en la matière, c’est que tout le monde se tait. En tout cas, personne a priori ne prendra fait et cause pour elle.

La France est donc isolée ?
Elle est vraiment sur banc des accusés. Le gouvernement va devoir au moins changer de registre et arrêter de prendre les gens pour des imbéciles, d’être arrogant en prétendant que ce sont les autres qui ne comprennent pas sa politique. D’autant que les critiques viennent de toute part. La situation est en train d’échapper à Nicolas Sarkozy, qui ne pensait sans doute pas que ça irait aussi loin. Politiquement, le chef de l’État ne peut plus faire autrement que de réagir. À mon avis, il va faire une grande déclaration, pour souligner qu’il n’a rien contre les Roms. Le ton va devoir changer.

[1] Entre 1938 et 1945, des centaines de milliers de Tsiganes ont été exterminés par les nazis et leurs alliés.  En France, ils ont pu disposer du fichage initié bien avant la guerre par la Troisième République, et de la collaboration active du régime de Vichy. Pourtant, si la France a admis sa responsabilité dans la Shoah, elle continue de l’éluder en ce qui concerne le Samudaripen, le génocide des Tsiganes.Voir la définition de Claire Auzias

Claire Auzias est une historienne française née en 1951.

Biographie

À 17 ans, elle prend part à Lyon aux évènement de mai 1968 au sein du Mouvement du 22 mars. Elle s’engage ensuite dans le mouvement féministe et devient historienne. Ses principaux thèmes de recherche concernent l’anarchisme et les Roms.

Elle a raconté sa vie dans en entretien avec Mimmo Pucciarelli paru en 2006 aux éditions Atelier de création libertaire.

Bibliographie

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Gélina Calamita, Fédérop, 1974
Emma Goldman, une tragédie de l’émancipation féministe, Syros
La grève des ovalistes, Lyon, juin-juillet 1869, écrit avec Annick Houel, Payot, 1982
Mémoires libertaires, Lyon 1919-1939, L’Harmattan, 1993 – résultat d’une thèse de troisième cycle en 1980 en sociologie à l’université Lyon II.
Les Tsiganes ou Le destin sauvage des Roms de l’Est suivi de Le statut des Roms en Europe, écrit avec Marcel Courtiade, Éditions Michalon, 1995
Les poètes de grand chemin, Éditions Michalon, 1998
Louise Michel, Éditions Monde Libertaire, 1999
Samudaripen, le génocide des Tsiganes, L’Esprit frappeur, 2000
Un Paris révolutionnaire, Illustré par Golo, Éditions Dagorno, 2001
Les funambules de l’Histoire, Éditions de La Digitale, 2002
La Bartambule, K’A, 2003
Les aventures extraordinaires de Laplume et Goudron, travailleurs de la nuit, Éditions libertaires, 2007
Choeur de femmes tsiganes, éditions Egrégores, 2009

[Source : http://congo-dechaine.info%5D

La France, l’Europe, les Roms et Le Monde

In Uncategorized on septembre 13, 2010 at 00:01

Vendredi 10 septembre, dans son édition datée du 11, Le Monde donnait son opinion sur la campagne estivale de Nicolas Sarkozy contre les Roms, dans un éditorial, en première page, sous le titre « La France, l’Europe et les Roms ».

Sur le ton ordinaire de ce genre d’exercice, l’éditorialiste commence par reconnaître que dans cette affaire, « la France a bien des torts ». D’abord, « la musique entendue cet été aux plus hauts niveaux de l’État » « a laissé penser » qu’on « assimilait immigration et criminalité », et « donné l’impression que l’on faisait peser sur l’ensemble d’une communauté Rom ou gens du voyage, la responsabilité des méfaits commis par quelques uns ».

On comprend l’esprit de mesure de l’éditorialiste, mais lorsque Brice Hortefeux affirmait, à Sevran, l’équivalence entre immigration et délinquance, on ne peut pas dire qu’il « a laissé penser » qu’on puisse faire un tel rapprochement : il l’a fait. De même, le Président comme ses ministres n’ont pas « donné l’impression » de mettre en cause « l’ensemble de la communauté Rom et gens du voyage » : ils l’ont formulé explicitement, y compris par voie de circulaire aux Préfets, ainsi qu’on l’apprenait le jour même de la parution de cet éditorial. Et, comme on sait, ils n’ont pas seulement tenu des propos racistes : les actes ont suivi, et depuis les démantèlements de camps et les expulsions « volontaires » se succèdent à un rythme soutenu à ce jour. Ce n’est pas une « impression », n’en déplaise à notre éditorialiste.

Il convient néanmoins avec nous que ceci est « condamnable, inacceptable ». Mais il n’est pas sûr que de tels mots veuillent dire quoi que ce soit sous la plume de l’éditorialiste du Monde.

Il s’interroge ensuite sur « la légalité au regard du droit européen des expulsions ». Il aurait pu s’interroger de même sur la « légalité » de l’ensemble de cette politique, à commencer par les déclarations qu’il évoque – des propos racistes tombent normalement sous le coup de la loi. Que l’immunité couvre les actes présidentiels ne retire rien au scandale de cette délinquance là. L’incitation à la haine raciale à laquelle tout ce programme correspond est d’une gravité particulière, bien sûr, lorsqu’elle émane de l’État – ne serait-ce que parce qu’elle est d’autant plus efficace que ses auteurs sont supposés représenter la loi.

Quant aux expulsions camouflées en « retours volontaires », il est à craindre qu’elles ne soient pas si « illégales » que ça, par contre – sauf dans la mesure où ce sont des faux départs « volontaires », les pressions exercées alors pouvant, elles, être considérées comme non seulement scandaleuses mais également délictuelles. Mais l’éditorialiste devrait savoir que ces expulsions sont monnaie courante en France depuis plusieurs années, et qu’elle contribuent d’ailleurs largement à la « politique du chiffre » claironnée par les ministres de l’immigration successifs : les Roumains et Bulgares ainsi « expulsés » sont 10 000 sur les fameux 25 000 réclamés par le Président.

L’éditorialiste relève que « de cela, l’image de la France dans le monde est ressortie abimée ». C’est vrai, mais ce n’est malheureusement pas seulement une question d’« image ». C’est à un degré symbolique extrêmement signifiant que la catastrophe s’est produite : c’est la France « berceau des droits de l’homme » qui est mise en cause. Parce que ces droits de l’homme se sont imposés universellement, explicitement depuis la fondation de l’ONU. On est en droit d’attendre d’un pays où ceux-ci sont institués depuis plus deux siècles qu’il sache de quoi il en retourne. Et ce n’est pas seulement les droits de l’homme, mais l’ensemble de son droit que la France a exporté dans la planète entière. D’une certaine façon, on pourrait dire que c’est le pays du Droit. C’est pour ça que les prises de positions racistes du gouvernement français ont inquiété bien au-delà des frontières : il s’agit de rien de moins que d’une entreprise de légitimation universelle du racisme. Dont on peut craindre des retombées effroyables dans n’importe quel coin du globe.

« La manière dont le dossier a été mené, voire exploité à des fins électorales pèse sur la rentrée européenne » du président, d’après Le Monde. Peut-être. Rappelons qu’il ne s’agissait pas tant d’exploitation « électorale » – il n’y a pas d’élections à l’horizon de cette rentrée – que d’une manœuvre manifestement destinée à détourner l’attention du public de l’énorme scandale de corruption dont il est avéré que le parti du président, le président lui-même, et le trésorier de son parti, ministre du Budget devenu ministre du Travail, ont été bénéficiaires. Pire encore : cette corruption politique provenait de l’entreprise de produits cosmétiques l’Oréal, connue pour avoir financé des réseaux d’extrême-droite depuis les années 30. Mais Le Monde ne s’est pas vraiment avisé de cette dimension du dossier… Il faut dire que l’Oréal est son plus important annonceur publicitaire.

Éric Besson dénonce le « diktat » du Parlement européen condamnant dans une résolution majoritaire la politique française à l’égard des Roms. Le Monde déplore qu’une telle attitude nuise à la « réputation » de la France. Surtout, il pourrait relever que cela nuit gravement à la réputation des institutions européennes, dont la France fait valoir à cette occasion qu’on élit un Parlement décoratif. Ce n’est pas seulement l’Europe qui est ainsi ridiculisée, mais la notion même d’une représentation parlementaire, dont on pourrait souligner que l’Union européenne institue la dévalorisation – nuisant gravement à l’essence même de la démocratie représentative –, ce que le gouvernement français ne se gêne pas de mettre en relief. Au-delà, c’est l’idée même du Droit qui est ici malmenée : si les Parlements, qui font la loi, ne servent à rien, c’est la Loi elle-même qui est en cause. On comprend qu’un régime qui aspire à fonder son ordre sur le principe autoritaire – et populiste – ne soit pas du tout gêné de telles conséquences – au fond, de la démocratie représentative comme d’un véritable État de Droit, il n’a que faire.

La plume de l’éditorialiste a sûrement fourché lorsqu’au paragraphe suivant il n’hésite pas à créditer le Président de la République de « quelques solides et bonnes idées ». Pour un peu on entendrait la presse servile d’autres temps et d’autres lieux encensant « le Danube de la pensée » ou quelqu’autre dictateur des Carpathes… Le journal ne se donne même pas la peine de nous dire quelles seraient ces « idées » admirables du gangster qui trône à l’Élysée.

« L’acte d’accusation prend fin ici » – on l’avait compris. « Car la France n’a pas tous les torts, loin de là »… « Loin de là » ? Certes personne ne détient le monopole de toutes les fautes. Mais l’éditorialiste n’aurait pas le sentiment d’y aller un peu fort en ajoutant « loin de là » ? La France aurait-elle manifesté quelque vertu dans cette affaire ? Il n’ose pousser jusque-là, mais notre éditorialiste a des arguments : d’autres pays agissent de même, l’Allemagne, la Suède et l’Italie, « par exemple ». En quoi cela enlèverait-il le moindre « tort » à la France ? Tant qu’à évoquer les précédents, Le Monde aurait été aussi bien inspiré de souligner le fait qu’en Italie, en effet, le gouvernement de Silvio Berlusconi a engagé depuis quelques années une campagne raciste à l’égard des Roms dont le gouvernement français s’inspire directement. Ce n’est pas vraiment une référence.

L’éditorialiste du Monde se hasarde, pour conclure, à justifier ces politiques : il s’agirait d’un « problème qu’il ne sert à rien d’ignorer et qui ne va pas disparaître », ainsi que le secrétaire d’État aux affaires européennes, l’inénarrable Pierre Lellouche,  l’aurait expliqué au Monde. Et alors ? Qu’entend-on par là ? Que de tels « problèmes » justifieraient à quelque degré que ce soit la ségrégation d’une population entière ? Et de quel type de « problème » s’agit-il donc ?

C’est que l’Union européenne aurait hérité, depuis 2007, de la « situation » faite aux Roms en Roumanie et en Bulgarie. « Situation exécrable », insiste Le Monde : « les Roms y sont traités en parias, citoyens de seconde zone, victimes du racisme »… Et en France ? N’est-ce pas précisément de ceci qu’il s’agit ? Le Monde est mal informé. Ce n’est ni en Bulgarie, ni en Roumanie qu’il existe des « citoyens de seconde zone » : c’est en France qu’un tel scandale a été institué, avec le « carnet de circulation » imposé depuis 1912 aux « gens du voyage ». Quant au racisme, à l’heure où celui-ci est proclamé au plus haut niveau de l’État, la France est certes mal placé pour le dénoncer chez d’autres.

Le Monde remarque les effets de l’ouverture des frontières européennes : « on a vu réapparaître des bidonvilles ici et là, aux portes des grandes villes d’Italie et de France ». Certes, mais le journal du soir pourrait s’aviser de ce que de tels phénomènes apparaissent précisément dans ces deux pays qui ont institué un traitement raciste de ce fait migratoire. Si les citoyens roumains et bulgares qui arrivent en France et en Italie sont contraints de vivre dans des « bidonvilles », c’est bien parce qu’aucune autre solution ne leur est offerte dans ces deux pays. « Sous des baraquements de fortune sont venues s’agglutiner des familles en quête d’une improbable intégration. » C’est Le Monde qui le dit. En France, en effet, des discours présidentiels jusqu’aux éditoriaux du journal « de référence », il ne semble pas qu’on envisage une quelconque possibilité d’« intégration » pour les Roms…

« Le refus de voir cette réalité relèverait d’une insoutenable légèreté radicale-chic. » Ah bon ? Et la « légèreté » de l’éditorialiste, comment faut-il la qualifier ? « Chic », la une du Monde l’est plus que toute autre. Que ce journal prenne ainsi la défense d’une politique institutionnelle raciste – faut-il qualifier ceci de légèreté ? C’est malheureusement bien plus grave. Financé par le parti nazi, Le Monde en colporte, de façon en effet très chic, tous les poncifs, à longueur de colonnes, qu’il s’agisse du Rwanda ou de la question tsigane.

Servile jusqu’au bout, le journal du soir donne le dernier mot au même Lellouche qui demande que la politique française de répression des Roms soit coordonnée à l’échelle européenne. Il s’agirait de « mettre en œuvre » un « plan d’urgence » pour les Roms. « Avec une priorité : les aider d’abord sur place [en Roumanie et en Bulgarie] », explique Le Monde. L’idée qu’il faille faire quelque chose pour, non « les aider » là-bas, mais cesser de les persécuter ici, n’effleure bien sûr pas l’éditorialiste pro-gouvernemental. Il faudrait « mettre Bucarest et Sofia face à leurs responsabilités ». La France et l’Italie racistes par contre, non. Pas plus que Le Monde. Irresponsables jusqu’au bout.

Michel Sitbon, 12 septembre

PS (du lendemain, 13 septembre) On parle aujourd’hui des démêlées du Monde avec l’Élysée, au sujet de l’affaire Woerth. Un grand journal ne peut pas être que mauvais. Et la défense qu’il exprime de la liberté d’informer et de protéger ses sources est certainement opportune. Quant aux persécutions de la DCRI, elles l’honorent bien sûr. Pour le coup, le journal du soir peut légitimement sembler moins « pro-gouvernemental », ainsi qu’on  qualifie ci-dessus sa prise de position sur les Roms. Cela n’enlève rien à l’irresponsabilité de ses éditorialistes. Notons aujourd’hui aussi le peu de place que Libé accorde au scandale de la circulaire explicitement anti-roms d’Hortefeux, dénoncé par le Gisti et le PS (voir dans les archives sur ce blog contre la xénophobie).

La circulaire discriminatoire d’Hortefeux poursuivie par le PS et le Gisti

In Uncategorized on septembre 12, 2010 at 22:46

Le Gisti prépare un recours devant le Conseil d’État contre cette circulaire du ministère de l’Intérieur qui cible expressément les Roms. Le PS demande quant à lui à l’UE « d’engager une procédure d’infraction à l’encontre du gouvernement français ».

Le Gisti et le PS ont décidé de contre-attaquer, dimanche 12 septembre, après la révélation de l’existence d’une circulaire sur les « évacuations de campements illicites » occupés par les Roms. Adressée aux préfets par le ministère de l’Intérieur, elle cible expressément les Roms.

« Cette circulaire “traduit” le discours politique » de Nicolas Sarkozy, a estimé  le Groupe d’information et de soutien des immigrés (le Gisti), qui prépare un recours en annulation devant le Conseil d’État. Actuellement, l’ONG « examine » le document pour voir « s’il constitue une infraction pénale ».

« Le président Nicolas Sarkozy a été le premier à désigner expressément les Roms. Cette circulaire traduit son discours politique », a déclaré à l’AFP le président du Gisti Stéphane Maugendre, en référence à la réunion organisée le 28 juillet à l’Élysée par le chef de l’État sur les « problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms ».

« J’ai demandé au ministre de l’Intérieur de mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms, ce sont des zones de non-droit qu’on ne peut pas tolérer en France », avait affirmé Nicolas Sarkozy.

« Avec la circulaire du ministère de l’Intérieur, on joint le geste à la parole. On vise un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une communauté. On est dans la provocation à la discrimination », a estimé Stéphane Maugendre.

Demande de “procédure d’infraction”

« Cette circulaire est absolument contraire à de nombreux textes juridiques français, européens et internationaux, et contrevient à plusieurs droits fondamentaux reconnus par l’Union européenne et la France et notamment le principe de non-discrimination », a jugé de son côté le député européen Harlem Désir (PS), dans un communiqué.

Dans ce communiqué, le numéro deux du Parti socialiste demande à la Commission européenne et à son Président José Manuel Barroso « d’engager une procédure d’infraction à l’encontre du gouvernement français pour que cesse le traitement indigne et la stigmatisation inacceptable des citoyens européens que sont les Roms ».

“En priorité ceux des Roms”

Datée du 5 août et signée par Michel Bart, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, la circulaire rappelle en préambule aux préfets les « objectifs précis » fixés par le président Sarkozy : « 300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d’ici trois mois, en priorité ceux des Roms ». [Voir la circulaire elle-même ci-dessous.]

Les démantèlements des camps de Roms ont valu à la France des accusations de « racisme d’État » et de « xénophobie ».

Face aux critiques, le ministre de l’Immigration Eric Besson a assuré jeudi dans un communiqué que « la France n’a pris aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms » qui, a-t-il prétendu, « ne sont pas considérés en tant que tels mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité ».

Depuis le tour de vis sécuritaire annoncé par le président Sarkozy fin juillet, plus d’un millier de Roms ont été reconduits en Roumanie et en Bulgarie soit de “manière volontaire”, avec une aide de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant, soit de “manière contrainte”, sans ce pécule.

[Source : Nouvelobs.com]


Les Roms ciblés par une circulaire de l’Intérieur

In Uncategorized on septembre 12, 2010 at 22:29

Contrairement aux déclarations d’Éric Besson, une circulaire du ministère de l’Intérieur adressée aux préfets sur les « évacuations de campements illicites » cible expressément les Roms.

Une circulaire du ministère de l’Intérieur aux préfets sur les « évacuations de campements illicites », dont l’AFP a obtenu une copie vendredi 10 septembre, cible expressément les Roms, contrairement aux assurances données jeudi à ce sujet par le ministre de l’immigration Eric Besson.

En préambule, cette circulaire datée du 5 août 2010 et signée par Michel Bart, le directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, rappelle aux préfets les « objectifs précis » fixés par le président Nicolas Sarkozy : « 300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d’ici trois mois, en priorité ceux des Roms ».

« Il revient donc, dans chaque départements, aux préfets d’engager (…) une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms », dit le texte. « Les préfets de zone s’assureront, dans leur zone de compétence, de la réalisation minimale d’une opération importante par semaine (évacuation / démantèlement / reconduite), concernant prioritairement les Roms », poursuit la circulaire qui est accompagnée d’un tableau type.

« Aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms« 

La circulaire faisait suite aux décisions prises par Nicolas Sarkozy fin juillet, qui visaient déjà les Roms. « J’ai demandé au ministre de l’intérieur de mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms, ce sont des zones de non-droit qu’on ne peut pas tolérer en France », avait affirmé Nicolas Sarkozy. Face aux critiques du parlement européen sur les récentes reconduites à la frontière, Eric Besson a assuré jeudi dans un communiqué que « la France n’a pris aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms ». « Les Roms ne sont pas considérés en tant que tels mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité », a-t-il affirmé en assurant que la France « ne met en œuvre aucune ‘expulsion collective' ».

[Source : Nouvelobs.com]