contrelaxenophobie

Réunions du dimanche

In Uncategorized on octobre 3, 2010 at 01:12

Aujourd’hui, dimanche 3 octobre 2010, de 15h à 18h, « dernière » réunion du Collectif contre la xénophobie, comme d’habitude à la librairie Lady Long Solo, 38, rue Keller, Pairs 11ème (entre Bastille et Voltaire).

Depuis début août, le Collectif contre la xénophobie se réunit toutes les semaines, le dimanche, de 15h à 18h. Ces réunions permettent de faire le point de la situation, et de réfléchir aux initiatives suceptibles d’être prises. La vingtaine de personnes que ces réunions rassemblaient sont maintenant plutôt une dizaine, passée la mobilisation du 4 septembre.

À quoi servent ces réunions ? À quoi sert ce Collectif ?

Lieu de réflexion et de parole, lieu à partir duquel peuvent s’exprimer des points de vue, et pour intervenir dans la cité.

Au terme de deux mois de pratique, le bilan de cette activité est contrastée. D’une part, on aura eu le sentiment de faire avancer des revendications, comme l’abrogation du carnet de circulation pour les « gens du voyage » ou le droit d’occupation des lieux sans affectation réelle.

D’autre part, on a surtout l’impression de la vanité de nos efforts – en plus de leur caractère plus ou moins velléitaire. On s’est proposé d’ouvrir un « cahier noir des villages d’insertion » : le travail reste à faire. De même, le Collectif contre la xénophobie a institué un Observatoire des pratiques communales vis-à-vs des Rroms et des « gens du voyage », mais ceci aussi reste à développer. Quant à l’idée première de ce blog d’assurer un fil d’information plus ou moins exhaustif, reconnaissons qu’elle est loin d’être vraiment aboutie.

On pourrait ainsi se lamenter sur ce qu’on voudrait faire et qu’on ne fait pas vraiment, le pire étant quand on fait des choses et qu’elles semblent ne susciter aucun écho.

Ainsi, la proposition de loi pour le droit d’occupation n’a été, à notre connaissance, reprise par personne. Ses destinataires n’en ont même pas accusé réception. On espérait qu’il y ait un député de gauche encore debout. Ce n’est pas sûr – ou bien n’aura-t-on pas réussi à le rencontrer.

On s’est aussi (un peu) mobilisés à Montreuil, dans l’espoir qu’apparaisse une solution pour les 36 roms ballotés de lieu en lieu depuis maintenant un an, et auxquels la Mairie n’a proposé que la prise en charge par des associations, de quinze en jours en quinze jours. Le scandale de cette hypocrisie municipale perdure par-delà sa dénonciation.

Des divergences sont apparues à d’autres niveaux, avec la difficulté, y compris pour leur plus proches soutiens, à comprendre leur simple revendication d’avoir un terrain. Aujourd’hui, la Mairie comme les militants montreuillois qui les entourent leur proposent de squatter une maison. Ils répondent qu’ils veulent un terrain – qu’ils sont prêts à le payer, à le « viabiliser ». Mais non : à l’unisson, autorités municipales et soutiens alternatifs leurs demandent la « normalisation » qui consisterait, là, à devenir des squatteurs comme les autres.

Même les associations roms les plus engagées à leur côté soulignent le fait qu’ils ne sont pas nomades par essence, et que des appartements, logements sociaux, seraient la meilleure solution. Eux, ils disent qu’ils veulent un terrain. Et celui dont ils ont été expulsés il y a un an maintenant est toujours vide – et le restera longtemps s’ils ne retournent pas s’y installer.

La difficulté à recevoir cette simple revendication est particulièrement inquiétante quant à l’état général de la France xénophobe que notre collectif cherche à épingler.

Ce qui apparaissait au mois de juillet, comme une simple obscénité gouvernementale, typique du néo-fascisme sarkozo-berlusconien, aura permis de mettre à jour un objet diablement plus complexe.

Les esprits sont confus de part en part du corps social – et on aura même vu des contradictions traverser notre propre collectif.

La défense du nomadisme que nous avons engagé ici aura suscité bien peu d’intérêt – en dépit de sa lourde évidence. Quant au nécessaire droit d’occupation, on peut s’effrayer de voir combien peu d’adhésions il aura recueilli – alors qu’il est simplement indispensable à l’heure où les rues sont pleines de sans abri.

On voit aussi combien il n’aura pas été facile de faire le lien entre le mouvement roms et les sans-papiers, comme entre les roms et les militants du droit au logement. Même si on peut se féliciter de certains résultats – et espérer toujours mieux pour l’avenir.

Nous nous réunirons encore ce dimanche 3 octobre. Il n’est pas sûr toutefois que ce principe de réunions hebdomadaires perdure. Autant il nous semble sain, à l’heure d’une effroyable dérive institutionnelle, que les citoyens fasse l’effort d’une réflexion soutenue – et d’une action qui l’accompagne utilement –, autant il est inutile de brasser de l’air simplement pour recevoir en retour les miasmes d’une société en putréfaction. Et si ça n’était pas complètement inutile, disons simplement qu’il peut se produire qu’on s’en lasse – ou qu’on ait d’autres choses à faire.

Donc, aujourd’hui 3 octobre, de 15h à 18h, 38 rue Keller, 75011 Paris (entre Bastille et Voltaire), « ultime » réunion du Collectif contre la xénophobie. Où l’on discutera, entre autres, de l’utilité à maintenir ces réunions hebdomadaires.

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