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Toulouse : Association pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion.

In Uncategorized on décembre 15, 2011 at 17:05

Communiqué de presse du 9 décembre 2011 suite à l’audience devant le tribunal
d’instance de Toulouse.
Le Vendredi 9 décembre 2011, l’Association pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion,
un membre de la campagne 0 enfants à la rue et les familles ont été assigné devant le
tribunal d’instance de Toulouse. Leur tort : occuper un immeuble vide depuis quatre ans
appartenant à une société civile immobilière, dirigée par un homme d’affaire, également
dirigeant de plus de 20 sociétés à Toulouse.
Cet immeuble a été réquisitionné le 31 octobre 2011 dans le cadre de la campagne 0
enfants à la rue afin que des familles, forcées de vivre à la rue, aient un logement digne et
qu’elles puissent reprendre leur vie en main et décider, elles-mêmes, de leur avenir.
Pour justifier la demande d’expulsion, le cynisme et le ridicule étaient au rendez-vous. Il
serait urgent, selon l’avocat du propriétaire, de remettre les familles à la rue pour leur
propre sécurité, l’immeuble serait impropre à l’habitation. En tout état de cause, il faut
selon les propriétaires, libérer les lieux pour débuter des travaux de grande envergure :
changer quelques tuiles sur le toit pour le rendre conforme au paysage urbain : le noir
serait impropre à l’image panoramique du quartier, seul le rouge serait acceptable.
Mais, comme dans la plupart de ces procès, le dossier était vide du côté du propriétaire.
Par contre, les assignés disposaient d’un dossier solide pour faire échec à cette procédure
injuste et inhumaine. Contrairement à ce que véhiculent les préjugés sur les « squats »,
cette réquisition est à l’opposé de l’image fantasmagorique selon laquelle les squats sont
des lieux désorganisés , insalubres, nuisibles et surtout dangereux pour les « honnêtes
gens ».
Comme dans toute réquisition, dès leur arrivée sur les lieux, le Collectif pour la
Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion, les membres de la campagne 0 enfants à la rue et
les familles ont pris toutes les précautions nécessaires pour que les enfants puissent vivre
dans un logement ne comportant aucun risque pour leurs vies. Contrairement à l’Etat, ces
femmes et ces hommes ont le sens des responsabilités : des artisans, des chauffagistes,
des plombiers…ont vérifié intégralement les infrastructures de l’immeuble (chaufferies à
gaz, conduits d’eau et de gaz, réseaux électriques,…) pour s’assurer que les familles et les
enfants n’encouraient aucun risque pour leur santé et leur vie.
Cette réquisition offre alors aux familles et aux enfants toutes les conditions nécessaires
pour vivre dignement.
Chaque famille dispose d’un logement adapté à leurs besoins, d’une cuisine et d’une salle
de bains. Les enfants ont aussi, grâce à l’entraide des enfants du centre social autogéré,
des voisins et des sympathisants de la campagne 0 enfants à la rue, une salle de jeux où
ils peuvent se rencontrer, jouer et s’épanouir. En outre, les familles du 16 allée des
Demoiselles ont accès à toutes les activités éducatives et culturelles qui se déroulent au
centre social autogéré (70, allée des Demoiselles) pour qu’elles puissent souffler et
reprendre leurs vies en mains : suivre des cours d’alphabétisation, participer aux ateliers
artistiques et éducatifs….
Dans l’attente de la décision du tribunal d’instance qui sera rendue le 16 décembre
prochain, les juges doivent trancher entre deux façons de vivre ensemble.
Soit mettre en avant la toute suprématie de la propriété exclusive des individus et de l’Etat
sur nos espaces vitaux en estimant qu’un immeuble d’habitation laissé vide depuis
plusieurs années soit détourné de sa fonction d’habitation, et qu’il ne soit qu’un instrument
de spéculation, à savoir qu’il peut faire l’objet d’un pari, que sa valeur s’envole et que les
travailleurs et précaires, qui ont pourtant construit intégralement ces bâtiments, ne
puissent y avoir accès pour leur vie et celle de leurs enfants.
Soit tempérer ce droit « tout puissant » en se rappelant que la solidarité et la dignité
humaine sont des valeurs essentielles pour nos vies et notre société.
Ce sont en effet ces valeurs qui donnent le droit, en dehors de tout titre, à des personnes
d’occuper le bien d’autrui pour sauvegarder sa vie, à des juges de reporter dans le temps
une expulsion tant qu’une solution viable ne soit proposée aux occupants, à ce que l’Etat
soit contraint de loger des personnes bénéficiant du droit au logement….
C’est en ce sens que le C.R.E.A., les membres de la campagne 0 enfants à la rue et les
familles souhaitent que les juges orientent leurs décisions : la propriété ne peut l’emporter
sur nos vies et notre dignité vaut beaucoup plus que leurs profits!
Nous exigeons donc que les familles bénéficient d’un délai en cas de décision d’expulsion
et qu’en tout état de cause l’expulsion ne puisse avoir lieu qu’après que les familles aient
effectivement accès à un logement digne pour elles et leurs enfants.
En tout état de cause, le CREA et les membres de la campagne ne s’arrêteront pas là et
continueront de réquisitionner des logements vides tant que des enfants dormiront à la
rue.
En effet, à la veille des fêtes de fin d’année, plus de 20 familles ne disposent d’aucune
solution d’hébergement et encore moins d’un logement et sont donc contraintes de dormir
sur les trottoirs de notre ville, au bord de la Garonne (qui monte chaque jour de plus en
plus) ou dans une voiture.
Pourtant le nombre de logements ne manque pas, plus de 16 000 logements vides ont été
recensés sur Toulouse (INSEE 2008). Si les autorités étatiques et politiques ne savent
comment ouvrir un logement, nous savons le faire et nous les ouvrirons pour que toutes et
tous vivent dans la dignité,  disposent des moyens de s’émanciper et de construire
d’autres formes de vie et notre propre avenir.
LE PEUPLE QUI VEUT SE LIBERER DOIT S’ORGANISER PAR LUI-MEME
TOUT POUR TOUS : POUVOIR AU PEUPLE

 
Le Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion
Les membres de la campagne 0 enfants à la rue
Les familles
creatoulouse@gmail.com
http://crea-csa.overblog.com
06 79 25 13 49
07 62 36 23 31

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Intervention policière dans un campement en Seine Saint-Denis. 8 décembre 2011.

In Uncategorized on décembre 12, 2011 at 21:53

Ci-dessous un texte de Nathalie Marie qui nous informe d’une intrevention policière dans un campement de Bobigny.

Après l’intervention massive policière du 8 décembre sur le camp rte de
Paris à Bobigny, un grand merci à tous ceux et celles qui ont par leur engagement, que
ce soit par leur présence physique sur le terrain , ou par téléphone ou par
écrit, contribué à faire entendre dans les différents services
adminstratifs et judiciaires, la voix du silence, manifestant ainsi le
refus irrévocable des injustices et la pratique de la langue de bois.

Suite aux arrestations des 3 personnes sur le terrain, des enfants ont été
séparés de leurs parents et laissés seuls sur le campement, notamment une
fillette de 10 années dont les 2 parents avaient été emmenés en Garde à
Vue.

Cependant, Les services de police ont affirmét qu’aucun rom ne s’était
trouvé détenu au CRA de Bobigny que « Ces personnes
C. Gabriella et son mari C. Aurel, ainsi que I. Adrian Ovidiu, n’étaient
pas en GAV et ne l’auraient jamais été. » Elles seraient venues tout à fait
volontairement au commissariat avant que l’UTILE soit saisi. ». »

Bref, jeudi et vendredi, au greffe du JLD de Bobigny, on n’a pas non plus
trouvé trace de ces personnes disparues après qu’elles aient été emmenées
dans les fourgons jusqu’au commissariat de Bobigny. Les familles n’ont pas
été autorisées à exercer leur droit de visite, mais ont pu cependant entrer
en communication téléphonique avec leurs membres détenus.

Cependant, vendredi matin, des familles ont reçu des appels téléphoniques
« des disparus » pour indiquer qu’ils se trouvaient à l’aéroport et seraient
immédiatement expulsés vers la Roumanie, sans que leurs conjoints et enfants
aient pu être prévenus. Aujourd’hui, nous avons confirmation que Ovidiu et
Aurel se trouvent bien en Roumanie, expédiés à Bucarest à 600 km de leur
lieu d’origine , sans un sou ni aucune aucune subsistance, condamnés à
l’errance , à la mendicité et au nomadisme malgré eux.

MME C. Gabriella, dont la fillette âgée de 10 ans se trouve seule sur le
camp, après l’expulsion sauvage du père et la GAV de la mère, a été
auditionnée ce matin devant le TA de Paris, à 8h30. Son fils Gabriel a été
refoulé à l’entré du Tribunal sans pouvoir assister à l’audience qui n’était
pas à huis clos. 

Le TA de Paris a rejeté la requête en annulation de l’arrêté décidant du 
placement en rétention administrative  de Gabriella – elle reste donc en CRA.
Gabriella  choisit de faire appel, plutôt que d’être expulsée en Roumanie ,
même si cela doit lui coûter plusieurs jours de rétention , sa fille Denisa restant seule,
séparée de ses père et mère,  sur un bidonville parisien.

Quand à Ghorghe, arrêté pour mendicité sur les champs Elysées, placé en GAV
à la cité, écopant d’une OQTF, sans certitude quand à l’issue du recours, et
inquiet d’avoir laissé sa femme mineure et son garçon seuls sur le camp, a
préféré « prendre l’avion » dans les meilleurs délais, pour être plus vite de
retour.

Au moment où nous nous apprêtons à illuminer nos sapins de Noël, puisse un
vent généreux de liberté et de respect souffler nos préjugés et nos
jugements à l’emporte pièce, pour embrasser de plus vastes horizons, à
l’échelle d’une europe unie et plurielle.

Nathalie-Marie

Le comité de soutiens aux victimes de l’incendie du 163 rue des Pyrénées répond au scandaleux courrier de madame le Maire, Calandra.

In Uncategorized on décembre 9, 2011 at 21:08

Une réponse argumentée du Comité de soutien aux victimes de l’incendie du 163 rue des Pyrénées au communiqué de Madame Calandra, maire du 20ème.

Madame Calandra, maire du XX arrondissement, a adressé par voie électronique à de nombreux habitants de l’arrondissement le 2 décembre 2011 un communiqué concernant la publication des résultats de l’enquête policière portant sur l’incendie du 163 rue des Pyrénées dans la soirée du 24 novembre 2011.
Ce sinistre a coûté la vie à 1 homme et mis à la rue 113 Roms dont 43 enfants.
Le comité de soutien aux victimes du 163 rue des Pyrénées s’étonne des propos contenus dans ce communiqué qui s’apparente à  une entreprise de dédouanement par le biais d’omissions, de dénégations, de confusions et d’insinuations dont les destinataires ne sont jamais nommés, permettant ainsi tous les amalgames et entravant toute compréhension des faits et des responsabilités.

Pourquoi ces insinuations, dénégations, cynisme ?

1.  D’une part, prêter aux militants, soutiens et habitants, dévoués à leurs tâches et convictions, l’humour douteux de nommer un squat « la Baraka », relève à la fois de la dénégation et d’une tournure d’esprit pour le moins mal intentionnée. Faut-il tenir rigueur aux opprimés de s’organiser et de trouver ainsi la « protection » que les pouvoirs publics et l’État ne leur donnent pas ?

2.    D’autre part, pourquoi s’insurger contre ceux qui auraient parlé de « pogrom en plein Paris » et laisser sous entendre que tous les soutiens aux familles Roms se retrouveraient derrière cette formulation ? Si nous ne nous retrouvons pas, pour le collectif de soutien aux familles Roms derrière cette caractérisation de « pogrom », il nous semble important de bien avoir conscience que les politiques publiques actuelles et certaines attitudes attisent les racismes anti Roms. Le soutien aux manifestations contre les marchés des biffions dont un bon nombre sont des Roms attisent selon nous les tensions des riverains et commerçants. Nous sommes par ailleurs dans un contexte politique national où des discours xénophobe, particulièrement anti-roms,et autres atteintes aux droits confirment la mise en place d’un climat clairement anti roms en France. Le rôle d’une municipalité engagée contre toutes les formes de racisme doit être pour nous de contribuer clairement à encourager celles et ceux qui développent les solidarités avec les familles Roms.

3. Quant à la mise en cause d’une « cheminée de fortune » dans le déclenchement de l’incendie, quelque soit la réalité d’une telle explication, elle permet de faire porter la responsabilité de leur malheur sur les victimes elles-mêmes. Rappelons que c’est aux pouvoirs publics de créer les conditions effectives de l’accès à un logement et hébergement pour toutes et tous. En outre, les familles vivent aujourd’hui dans des conditions bien plus précaires et dangereuses que lorsqu’elles vivaient rue des Pyrénées. Les soins médicaux ne peuvent être suivis, l’entraide familiale est rompue et la scolarisation mise en péril.

Par courrier du 6 novembre 2011 le Comité de soutien aux victimes a demandé un rendez vous à la Maire.
Lors du conseil d’arrondissement du 7 novembre Madame la Maire s’était engagée à nous recevoir. Une déclaration avait été adoptée à ce conseil ainsi qu’un vœu de toute la majorité lors du Conseil de Paris des 14 et 15 novembre. Il réaffirmait notamment l’engagement de rencontrer le comité de soutien aux familles Roms et la prise en charge en terme d’hébergement d’urgence des familles d’enfants scolarisés à proximité des lieux de scolarisation. Une famille dont un enfant était scolarisé sur l’arrondissement est à la rue depuis plusieurs jours sans qu’aucune prise en charge ne lui soit proposée. Aucune concertation avec les  collectifs et associations engagés avant et après l’incendie auprès des familles n’a eu lieu et le dialogue entre ces dernières et Emmaüs – Coup de Main est à ce jour totalement inexistant. Pourquoi de tels silences ? Qu’en est-il concrètement aujourd’hui concernant les prises en charge et les accompagnements des familles ? Pourquoi n’avons-nous pas encore été reçus ?

Nous prenons acte que Mme Calandra demande une table ronde francilienne et nous sommes favorables à y prendre toute notre place si nous y sommes conviés. Nous réitérons notre demande de rencontre afin d’engager un véritable débat qui permette un climat serein dans l’approche des questions afin que notre arrondissement réponde, comme est sa tradition,  par la solidarité et la fraternité

Le Comité de soutien aux victimes du 163, rue des Pyrénées,
LDH Paris 20, Fasti-Asti de l’Est Parisien, Collectif Baraka, RESF 20è, Harissa Sauce Blanche, MRAP, Sud Education, SNUipp FSU Paris, CGT 20, FASE, NPA, PG20è, EELV,
Avec le soutien de la Délégation de Paris du Secours Catholique.

Le MRAP attend dès 2012 la levée des « mesures transitoires » pour les citoyens bulgares et roumains

In Uncategorized on décembre 9, 2011 at 16:46

Le MRAP appelle le gouvernement français à ne pas demander la
prolongation des mesures transitoires qui restreignent l’accès au
travail des ressortissants roumains et bulgares au delà du 31 décembre
2011, comme il en a la possibilité.

Rappelons que tous les ressortissants de pays membres de l’Union
Européenne bénéficient de la liberté de circulation à l’intérieur de
l’espace européen, mais que seuls les Roumains et les Bulgares ne
peuvent, du fait de ces mesures, travailler sans y être expressément
autorisés. Ce n’est qu’à la condition d’informer la Commission
européenne de l’existence de perturbations graves sur le marché du
travail national que le gouvernement français pourra se voir autorisé à
prolonger ces mesures jusqu’au 31 décembre 2013, date à laquelle elles
devront impérativement prendre fin.Or, la Commission européenne a publié
le 11 novembre dernier un rapport sur la mobilité des travailleurs
roumains et bulgares à travers l’UE, où elle constate un effet positif
de cette mobilité sur le marché de l’emploi de la construction, qui plus
est, sans impact sur le taux de chômage des pays d’accueil.

De nombreuses familles roumaines et bulgares, souvent roms mais pas
exclusivement, ont quitté leur pays pour la France, où certaines sont
installées depuis plusieurs années. Elles ne peuvent accéder à un emploi
qu’exceptionnellement, au prix de démarches extrêmement, longues et
compliquées. Elles requièrent en particulier de trouver un employeur
acceptant de les embaucher dans des catégories de métiers très limitées,
pour un emploi à temps plein, avec contrat à durée indéterminée et
d’attendre plusieurs mois la réponse incertaine de la Préfecture.

Ces mesures transitoires les contraignent à vivre de petits boulots, de
récupération, de vente d’objets, parfois de mendicité, leur impose de
loger dans des habitations de fortune insalubres, sans eau, avec risques
d’incendies, de maladies, obstacles à la scolarité des enfants et les
exposent à des expulsions de leurs lieux de vie. Ils contribuent pour
une grande part à la réalisation des objectifs chiffrés gouvernementaux
de reconduites à la frontière d’étrangers en situation irrégulière. Il
leur est fait grief de leur ‘défaut d’insertion’ alors que la levée des
mesures transitoires, en permettant l’accès au travail, favoriserait
l’accès à tous les droits qui leurs sont aujourd’hui déniés.

Les Roms roumains et bulgares installés en France dans des conditions
précaires ne représentent pas plus de 15 000 personnes vivant en
familles et comprennent des personens âgées et environ 50 % d’enfants.
Le nombre de personnes susceptibles de travailler est estimé à environ
3000. Il ne saurait donc être argüé qu’un si petit nombre de personne
puisse causer une perturbation grave du marché du travail.

Le MRAP demande donc la levée immédiate de ces mesures transitoires
éminemment discriminatoires.

Paris, le 8 décembre 2010