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Chasse aux Rroms : procés du Collectif contre la xénophobie

In Uncategorized on février 24, 2012 at 18:09

La justice est-elle aux ordres ?

Vendredi 17 février, Michel Sitbon, porte-parole du Collectif contre la xénophobie, passait en jugement devant la 17ème chambre correctionnelle de Paris, répondant à une plainte diligentée par le ministère de l’Intérieur, pour avoir « insulté » le Préfet de Seine Saint Denis en dénonçant la politique raciste mise en œuvre vis-à-vis des Rroms.

Les ministres de l’Intérieur, Brice Hortefeux et Claude Guéant ont demandé au Tribunal de Paris, de poursuivre le Collectif contre la xénophobie, pour un texte publié sur son blog, dénonçant la chasse aux Rroms organisée par le Préfet Lambert en Seine Saint Denis. Pratique du bâillon ou théorie des baïonnettes intelligentes : s’agit-il là de faire taire la critique ou de justifier l’obéissance à des ordres criminels ?

La chasse aux Rroms répondant aux instruction présidentielles était pénalement condamnable. Le blog du collectif contre la xénophobie se voulait un observatoire de la politique raciste.

On a pu témoigner de comment les policiers disaient qu’ils n’agissaient que sur les ordres directs du Préfet.

La guerre contre les Rroms était alors déclarée comme telle.

A l’audience, la procureure a reconnu la légitimité d’une critique politique, mais se sera livrée à des découpages de phrases, admettant que certaines parties de phrases auraient été acceptables, mais pas d’autres. Elle aura salué la rigueur intellectuelle du prévenu, mais n’en aura pas moins demandé une peine d’amende.

Aurait été critiquable, selon l’accusation, le fait que le nom du Préfet Papon ait été évoqué pour décrire l’action criminelle du Préfet de Seine Saint Denis aujourd’hui. « Papon » serait une insulte du fait que celui-ci a été condamné pour crime contre l’humanité du fait de sa participation à la déportation de juifs pendant la guerre mondiale. La défense aura invoqué le fait que c’était aussi pour son action en temps que Préfet de la Seine, de 1958 à 1962, et sa politique meurtrière contre les algériens alors. Aura été défendu le droit aux rapprochements historiques : on peut comparer Alexandre à Napoléon, même si le premier ne disposait pas de canons.

La défense conclura que non seulement l’injure n’était pas constituée, mais que la procédure elle-même était une injure faite à l’accusé.

L’accusé a souligné le fait que le Préfet Lambert ait été nommé exprès le 30 juillet 2010, à la suite du discours de Grenoble du Président de la République, pour appliquer une politique de persécution déclarée.

Aura été rappelé qu’une circulaire produite alors par le ministère de l’Intérieur ordonnait de viser spécifiquement les populations Rroms. La France a échappé de peu alors à des poursuites diligentées par la Commission européenne, en retirant la dite circulaire, remplacée par une deuxième qui évitait de mentionner les Rroms, mais n’en visait pas moins l’application de la même politique de persécution de ceux-ci.

Finalement l’accusé aura souligné la nécessité de sanctionner… le ministère de l’intérieur, pour dissuader celui-ci de recourir à ce typique abus de pouvoir lorsqu’il mobilise ainsi indûment la justice contre des citoyens qui ne font qu’exercer leur droit de critique.

Aura été insuffisamment souligné peut-être le fait que cette plainte a été émise contre un citoyen qui s’était distingué pour ouvrir les portes d’un local privé pour que les roms puissent échapper à la chasse sans fin que le ministre et ses Préfets avaient ordonné. Le fait est que cette plainte procédait manifestement du désir de sanctionner un acte de solidarité humaine.

Rappelons ici le fait que ministère de l’Intérieur bénéficie d’un privilège régalien qui lui permet de déposer les plaintes qu’il veut devant le parquet de Paris qui les reçoit automatiquement sans que la validité de celles-ci soient examinées.

A été demandé au tribunal de rétablir les conditions d’un débat démocratique en sanctionnant un ministère qui abuse manifestement de ses pouvoirs. Sera-t-on entendu, ou bien faudra-t-il constater encore une fois que la justice est aux ordres du pouvoir politique ?

La délibération sera rendu le 06 avril 2012.

A Paris, le 22 février 2012

Collectif contre la xénophobie

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