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Lefort demande la démission de Valls et le MRAP dépose une plainte contre le ministre de l’intérieur.

In Communiqués on octobre 11, 2013 at 02:00

IL y a la tribune de Jean-claude Lefort publiée ci-contre. Et sa demande de démission avec pétition en ligne sur Mediapart : et reproduite ci-dessous.

Et nous apprenons que le MRAP dépose une plainte contre manuel Valls pour « provocation à la violence, à la haine et à la discrimination ».

Désormais Manuel Valls doit démissionner !

Tribune et pétition de Jean-Claude Lefort contre les propos innacceptables de Manuel Valls.
Je dois reprendre aujourd’hui la plume car les bornes de l’indécence sont largement atteintes.

A la suite du Conseil des ministres de mercredi, le bruit avait fuité selon lequel Manuel Valls aurait fait amende honorable devant le Conseil et qu’il avait admis avoir commis une « maladresse »  en déclarant que  « les Roms ont vocation à rester ou repartir »  dans leur pays d’origine. Une heure après, on apprenait par son  « entourage »  que le ministre maintenait ses propos et n’avait jamais admis avoir commis pareille  « maladresse ».

De toute façon, ce n’est pas une maladresse qu’il a commise. Il a proféré des propos racistes. Et les propos racistes ne sont pas des  « maladresses »  car il n’y a pas de racisme  » maladroit « .  Et ses propos constituent un délit puni par la loi sur la presse de 1881, article 24 deuxième alinéa.

Cette loi est précise et s’applique pleinement en la circonstance.

Lisez vous-même :

« Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Manuel Valls a bien provoqué à la discrimination raciale en parlant des Roms. Aucun doute. Des poursuites judiciaires sont recevables.

Un ministre de la République ne peut distiller ou pratiquer le racisme sous quelque forme que ce soit. Il ne peut pas rester en fonction. Il doit démissionner ou être démissionné. La balle est dans les mains du Président de la république.

C’est quand même terrible que Manuel Valls ne comprenne pas, ou ne veuille pas comprendre, que des hommes et des femmes puissent fuir leurs pays d’origine du fait des discriminations qu’ils subissent. Ses parents l’ont fait qui fuyaient le régime franquiste en Espagne.

Albert Einstein, le Juif, s’est réfugié aux Etats-Unis du fait de l’antisémitisme absolu des nazis en Allemagne. Combien de Polonais Juifs l’ont également fait. Dans les Brigades internationales il y avait un bataillon juif. Des Juifs qui avaient fui leurs pays à cause de rafles, des mortels pogroms et de persécutions horribles dont ils étaient l’objet.

Varsovie, te souviens-tu Manuel ?

De toute évidence,  « Le ventre est encore fécond d’où sorti la bête immonde. »

On ne peut laisser passer. « No pasaran ! ».

Jean-Claude Lefort
Député honoraire
Fils de Manouche

Jean Claude Lefort,  » fils de manouche », ancien député s’adresse à Manuel Valls.

In Vos infos. on octobre 9, 2013 at 21:56

C’est dans une tribune de l’Humanité que l’on peut trouver l’interpellation de Jean-Claude Lefort au ministre de l’intérieur.

Jean-Claude Lefort ancien député PC en Val-de-Marne de 1988 à 2007.

Le collectif contre la xénophobie vous le reproduit tels quel dans ces colonnes :

MANUEL, SOUVIENS T’EN…

« Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.» Par Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche.

La tribune:

Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir français. Cela sans l’ombre d’un doute.

Tu avais «vocation» à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en
 Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort (1), Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient «vocation» à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces «étrangers, et nos frères pourtant»…

Manuel, «on» a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour
 devenir ou être membre de l’Union européenne: 
le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député, je suis allé à Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.

Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien «aggravée». Et ils ont «vocation» à rester dans leurs pays ou à y revenir? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français, tu ne comprends pas? Fuir son pays, tu ne comprends pas? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a «vocation» à rester ou revenir dans son pays? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot «race» va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»

Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour «ça»?

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus «ces étrangers, et nos frères pourtant».

(1) En 1953

Jean-Claude Lefort

(Source: l’ Humanité)

Communiqué de l’ANAS : Restons professionnels face à l’exclusion de la population rom !

In Communiqués on octobre 8, 2013 at 15:09

L’Association Nationale des Assistants de Service Social- s’inquiète de la montée de l’intolérance et la volonté des autorités d’exclure la population des Roms du pacte républicain. Elle invite les travailleurs sociaux à se positionner dans le respect de la Circulaire du 26 août 20121 

La France accueille sur son territoire environ 20 000 Roms migrants du centre de l’Europe2. Ils font l’objet d’une politique de soutien d’intégration et de sédentarisation dans les pays de la Communauté. Cette population, qui fut historiquement victime des pires discriminations3, continue d’être maltraitée et stigmatisée principalement dans leurs pays d’origine où elle n’a actuellement que très peu d’espoir d’une vie meilleure.

Aujourd’hui cette communauté est particulièrement stigmatisée dans notre pays. Les Roms sont considérés comme ne pouvant pas s’intégrer en France et, et malgré leur nombre restreint, il est recommandé leur expulsion ou du moins leur retour dans leur pays d’origine.

Aujourd’hui de multiples confusions sont entretenues :

  • Les Roms sont présentés comme s’ils relevaient de l’immigration clandestine, alors que ce sont des citoyens européens qui disposent de la liberté de circulation.

  • Les Roms ne voudraient pas travailler : contrairement au reste de la population européenne, des dispositions dérogatoires sont établies qui limitent fortement leur possibilité d’accéder à l’emploi 4

  • Les Roms vivraient de façon indigne car ce serait le mode de vie qu’ils ont choisi : La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) précise que « Privées de ressources, placées en situation de grande précarité, les populations Roms sont contraintes à vivre dans des bidonvilles ou des squats insalubres. Si l’on peut comprendre les problèmes que ces occupations sauvages peuvent poser aux maires et aux riverains, il convient de rappeler que ces installations constituent des occupations par défaut, conséquence du manque d’hébergements et de logements accessibles aux personnes à très faible revenu et aux blocages administratifs à l’entrée dans les hébergements sociaux . »

« La situation d’errance dans laquelle se retrouvent les familles Roms présentes sur notre territoire constitue la principale entrave dans l’accès au droit commun. Elle ne permet pas le suivi social et sanitaire des populations, elle empêche la poursuite de la scolarité des enfants »5

En France, 70% de la population considère que les Roms sont un problème6 mais une courte majorité d’entre eux accepterait qu’ils soient installés dans leur voisinage dans des campements prévus à cet effet (54%). Par ailleurs l’image de cette population est fortement dégradée et systématiquement assimilée à la délinquance.

L’importante médiatisation de l’exaspération de riverains qui habitent à proximité de cette population ne doit pas faire oublier que tout être humain est susceptible de s’intégrer à la condition qu’il en ait la possibilité et les moyens. Comme tous les citoyens, les Roms ont certes des devoirs mais ils ont aussi des droits. Sans l’accès aux droits fondamentaux (se loger, se nourrir, travailler, éduquer ses enfants et vivre dans la dignité) ils ne pourront respecter leurs devoirs et vivront d’expédients qui renforceront leur exclusion.

L’ANAS demande :

  • Le respect et la stricte mise en œuvre de la circulaire du 26 août 2012 permettant de garantir l’accès au droit commun des populations Roms présentes en France.

  • Que soient condamnés vigoureusement les propos xénophobes à l’égard de cette population ainsi que les appels masqués à la violence par des élus de la république7

  • Que les Roms soient respectés en tant que personnes et qu’ils ne soient pas utilisés par des discours politiques qui renforcent les mécanismes d’exclusion.

L’ANAS invite les travailleurs sociaux de terrain, d’encadrement et en charge de direction de services publics et privés :

  • à réfléchir à ce phénomène médiatiqueet aux prises de positions qui visent à exclure une population spécifique. Ceci afin de pouvoir proposer des réponses qui valorisent l’inclusion et le respect des personnes quelles que soient leurs origines.

  • à s’engager dans le respect de la circulaire du 26 août 2013 qui prévoie qu’en amont de toute mesure d’expulsion des diagnostics sociaux puissent être établis8 et que des accompagnements sociaux adaptés puissent être engagés.

  • à rappeler aux autorités administratives et institutionnelles que l’accueil des personnes sans abri en situation de détresse consacré en droit interne par l’article L.345-2-2 du code de l’action sociale et des familles est inconditionnel et ne peut en aucun cas être subordonné à une condition de régularité de séjour9.

L’ANAS invite également les assistants de service social àsouligner qu’en référence à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ils sont tenus par leur code de déontologie à dela non-discrimination : « Dans ses activités, l’Assistant de Service Social met sa fonction à la disposition des personnes, quels que soient leur race, leur couleur, leur sexe, leur situation, leur nationalité, leur religion, leur opinion politique et quels que soient les sentiments que ces personnes lui inspirent. »10 

Les termes du débat actuel sur la situation des Roms aujourd’hui et peut être demain d’autres populations, appellent à la vigilance démocratique de tous. Un Etat de Droit comme la France doit continuer de se référer aux valeurs fondamentales de la Fraternité, valeur qu’il a lui même édicté comme fondement d’un idéal républicain. Cet idéal est le fondement de l’intervention des travailleurs sociaux. Il doit rester toujours d’actualité quelques que soient les circonstances sociales et économiques du présent. C’est pourquoi l’ANAS invite les travailleurs sociaux à se saisir de cette question aussi bien en tant que professionnels que citoyens.

Elsa Melon

Présidente de l’A.N.A.S.

Association Nationale des Assistants de Service Social,

15, rue de Bruxelles 75009 Paris

01 45 26 33 79

site Internet : http://www.anas.fr

mail : info.anas@yahoo.fr

1 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites

2 Roms de nationalité roumaine, bulgare, tchèque, slovaque, hongroise, moldave ou des pays de l’ex Yougoslavie (Serbie, Croatie, Kosovo notamment)

3 les Roms ont été persécutés et assassinés sous le régime nazi, ils ont fait l’objet de mesures comme l’internement arbitraire en camps de concentration et les travaux forcés.

4 Le citoyen bulgare, roumain ou croate, qui veut travailler en France, doit posséder un titre de séjour. S’il souhaite occuper un emploi salarié, il doit aussi détenir une autorisation de travail, sauf exceptions sur certain emplois. Ces dispositions spécifiques doivent disparaître en 2014.

5 Communiqué du 25 septembre 2013 de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme http://www.cncdh.fr/node/949

6 Enquête réalisée en ligne du 13 au 19 août 2013 par l’institut Harris Interactive pour le compte du journal « Valeurs Actuelles » sur un échantillon de1895 personnes considérées comme représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus http://www.harrisinteractive.fr/news/2013/21082013.asp

7 Le maire UMP de Croix, Régis Cauche, a osé le dire, et maintient ses propos ouvertement anti-Roms : « si un Croisien commettait l’irréparable contre un Rom ,je le soutiendrait ! » cet élu a prédit un dérapage « comme le bijoutier de Nice » si l’État ne fait rien…

8 extrait : « Vous veillerez à faire établir aussi rapidement que possible un diagnostic de la situation de chacune des familles ou personnes isolées. Il devra être global pour prendre en compte l’ensemble des problématiques (situation administrative, état de santé, logement, emploi, scolarisation,…) et individualisé afin de prendre en compte les spécificités de chacune des familles et de leur projet. Une attention particulière devra être apportée au repérage des personnes les plus fragiles (personnes malades, jeunes enfants, …). Pour établir ce diagnostic, vous vous appuierez sur les services de l’Etat et de ses opérateurs et rechercherez, en fonction des besoins et du contexte local, le concours des services de collectivités territoriales (conseil général, centre communal d’action social –CCAS-, aide sociale à l’enfance –ASE…). Ce diagnostic pourra également être confié à une association. »

10 Art. 2 du code de déontologie des assistants de service social.