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Festival « Elles résistent ! »2013. La parole Errante.

In Communiqués, Vos infos. on novembre 18, 2013 at 11:36

Le festival féministe « Elles résistent ! » se déroule du 26 novembre au 1er décembre à la Parole Errante à Montreuil.

Le programme ici: http://www.ellesresistent.free.fr/programme-elles-resistent-2013.pdf

Le 1er décembre, à l’initiative d’Inés de Luna, une rencontre  aura lieu, autours du thème des expulsions, tant des maisons, des terrains, que du pays.
Des femmes vivant en squat, ou expulsées, à la rue, voisines ayant croiser leur chemin, tentent de s’organiser face à cette violence.
Ce temps de discussion, au milieu de l’urgence, leur permettra d’apporter leurs témoignages et de revenir ensemble sur les difficultés rencontrées tant de l’ordre de l’institution que dans les rapports interne au groupe. Ainsi un travail de tissages de liens s’effectue, en dehors de toutes organisations partisanes.
Vous êtes chaleureusement invité à participer à cette rencontre anti raciste et anti sexiste de 14h à 16h à La parole Errante, le premier décembre 2013.
Et pour conclure nous citerons Christianne Taubira lors d’une journée consacrée à Frantz Fannon, qui évoquait les racistes :« Ces gens-là, décidément, n’ont pas d’imagination. Voilà pourquoi ils sont déjà vaincus . Mais nous devons non seulement les vaincre, mais le leur faire savoir. Il faut qu’ils sachent qu’ils sont vaincus, du passé, déjà finis. dévitalisés, desséchés. Il faut que vous ailliez le leur faire savoir, ils sont vaincus. »

Vous pouvez écouter un montage audio de la rencontre sur le blog Radio.graphie : ici.

« La France extrade une adolescente Rom », par Philippe Alain.

In Analyses on novembre 16, 2013 at 11:37
Le blog du collectif contre la xénophobie reproduit ci-dessous un article de Philippe Alain publié sur son blog de Médiapart, et nous vous invitons à consulter régulièrement sa page riche en informations critique et particulièrement dans la région de Lyon.
Merci à lui pour ce travail remarquable.

16 NOVEMBRE 2013

Mardi 12 novembre 2013, la France a extradé vers la Roumanie Bianca, une adolescente Rom tout juste âgée de 18 ans, dans la cadre d’un mandat d’arrêt européen. Condamnée à 3 ans et demi de prison pour un vol commis en Roumanie à l’âge de 15 ans, Bianca est aujourd’hui enfermée dans un prison Roumaine.

Jeudi 31 octobre, Bianca va se promener avec ses copines à Miribel, près de Lyon. Le lac de 350 hectares et les immenses espaces verts à 15 mn de Lyon lui permettent de s’échapper de la routine sordide du bidonville où elle vite avec sa famille. Elle et ses amis sont interpellés par la gendarmerie. Les longues robes colorées des jeunes filles ont probablement contribué à attirer l’attention de nos policiers perspicaces sur ce groupe de jeunes. Tout le monde est emmené au poste pour vérification d’identité puis relâché, sauf Bianca. Après une nuit en garde-à-vue, Bianca est transférée à la prison de Corbas où elle reste quelques jours avant d’être transférée à Fresnes. Une semaine plus tard, elle est extradée vers la Roumanie.

En 2010, Bianca a 15 ans. Elle est accusée de vol à l’étalage dans un magasin de Craiova. Elle est jugée et condamnée à 3 ans et demi de prison ferme. Un mandat d’arrêt européen est émis par la justice Roumaine. Arrêtée en novembre 2012, elle est jugée à Grenoble. Lors de l’audience de la cour d’appel de Grenoble, le juge affirme : « ces gens là ont vocation à retourner chez eux en Roumanie ». Tiens, un tribunal est donc une tribune politique où un juge peut propager sans vergogne les thèses nauséabondes d’extrême droite. La cour de cassation confirme ensuite la décision de la cour d’appel. Bianca reste libre, mais la machine est lancée. Malgré plusieurs vérification d’identité, Bianca n’est jamais inquiétée. Jusqu’au 31 octobre.

Aujourd’hui, Bianca croupit dans un prison roumaine. Ce beau pays réputé pour le traitement généreux qu’il applique à la minorité Rom. Les juges et les policiers Français sont heureux. Outre un bâton de plus sur les statistiques chères à Manuel Valls, ils ont appliqué les consignes du patron et du juge: «Ces gens là ont vocation à retourner en Roumanie »

Maria, 2 ans, la petite fille de Bianca, elle, pleure tous les soirs et demande où est sa maman.

Ta maman, Maria, elle est en prison parce qu’elle est Rom. La Roumanie est un pays qui persécute les Roms et inflige à une enfant âgée de 15 ans, 3 ans et demi de prison pour un vol. Ensuite, ta maman a choisi la France où le racisme contre les Roms est le fond de commerce des hommes politiques, de droite comme de gauche. Enfin, si ta maman n’avait pas été Rom, elle aurait certainement bénéficié de l’article 3 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant qui stipule que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toute décision de justice. Si ta maman n’avait pas été Rom, elle n’aurait probablement jamais été arrêté ce jeudi 31 octobre par des policiers qui appliquent la politique du chiffre. Si ta maman n’avait pas été Rom, elle aurait eu le droit d’aller à l’école puis au lycée et personne n’aurait laissé ce gouvernement raciste l’extrader en silence.

Les socialistes qui s’émeuvent à juste titre du racisme à l’encontre de Madame Taubira sont étrangement silencieux quand le racisme contre les Roms est érigé en doctrine officielle par le Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui fait lui-même l’objet d’une plainte pour incitation à la haine raciale. Cette indignation à géométrie variable est d’autant plus insupportable qu’elle est fortement teintée d’hypocrisie et d’opportunisme électoral.

[SOURCE : Philippe Alain/Médiapart,

Racisme envers Christiane Taubira : « La gauche est aussi responsable »

In Analyses on novembre 15, 2013 at 16:51

INTERVIEW – Alors que la une raciste du journal d’extrême droite Minute sur Christiane Taubira défraie la chronique, le sociologue Eric Fassin analyse pour metronews le climat qui y a mené.

Une ministre de la République comparée à un singe… Comment en est-on arrivé là ?
Le fait que l’extrême-droite mobilise un discours raciste n’est pas nouveau. La nouveauté, c’est sa légitimation dans la société par le discours politique. Depuis des années, nos gouvernants ont banalisé un discours oscillant entre la xénophobie et le racisme. C’était particulièrement vrai sous Nicolas Sarkozy : la droite chassait sur les terres de l’extrême droite en parlant d’identité nationale et d’immigration, des musulmans et des Roms. Ainsi s’est installée l’opposition systématique entre « eux » et « nous ».

Mais aujourd’hui c’est la gauche qui est au pouvoir : les esprits ne se devraient-ils pas être apaisés ?
A son tour, la gauche a chassé sur les terres de la droite, cédant le terrain idéologique. Pour la « gauche populaire », il faudrait ainsi choisir entre la défense des minorités sexuelles ou raciales et celle des classes populaires. Autant dire que les Noirs, les homosexuels et les musulmans (voire les femmes) ne font pas partie du peuple ! Et puis, il y a le discours de Manuel Valls sur les Roms : hier encore, la gauche l’aurait taxé de racisme. Aujourd’hui, ce ministre s’indigne, comme si le racisme sophistiqué n’avait rien à voir avec le racisme vulgaire… Le gouvernement a tardé à soutenir Christiane Taubira ; mais aujourd’hui, il tente de se refaire une virginité sur son dos, comme s’il n’avait aucune responsabilité dans cette dérive raciste !

Comment ce discours s’est-il cristallisé sur la personne de Christiane Taubira ?
Avant la loi Taubira sur le mariage pour tous, il y a eu la loi Taubira de 2001 sur la traite et l’esclavage, reconnus comme crimes contre l’humanité. Elle incarne donc un idéal de gauche décomplexée, au moment où la gauche complexée qui est au pouvoir s’incline devant la droitisation de Manuel Valls, censé répondre aux inquiétudes sécuritaires et identitaires en jouant le « riverain » contre le « bobo ». Minute ne s’y était pas trompé, fin août, avec une couverture prenant parti contre elle : « Vas-y Manuel, mords-y l’œil ! »

L’homophobie qui s’est libérée durant le débat sur le mariage pour tous a-t-elle préparé le terrain au racisme ?
Effectivement, on assiste aujourd’hui à une convergence de toutes les « phobies » (homophobie et xénophobie, racisme et sexisme…). Ce n’est pas un hasard si Christiane Taubira en est la victime : pendant le débat sur le mariage pour tous, elle n’a pas hésité à faire le rapprochement avec son autre combat – contre l’esclavage. Pour les racistes et homophobes, elle est l’ennemie principale !

Avec cette parole libérée, les racistes et les homophobes ont-ils gagné?
Les droits des homosexuels avancent ; les homophobes ont donc perdu la bataille, d’où leur exaspération. En revanche, les racistes se portent bien : leur discours est légitimé au plus haut niveau. Reste, pour ne pas sombrer dans le désespoir, que le fait majeur, c’est qu’une femme noire est ministre ; seule l’extrême droite ose le déplorer. Certes, il y a les attaques racistes, mais elles font scandale. Bref, comme le reconnaît la Une de Minute, c’est Christiane Taubiraqui a gagné : elle restera dans l’Histoire. Quant à ses détracteurs racistes, ils sont voués aux poubelles de l’Histoire…

* Auteur de Démocratie précaire, chroniques de la déraison d’État, aux éditions la Découverte.

Eric Fassin interviewé par Metronews

Emission de radio le jour de la sirène

In Vos infos. on novembre 5, 2013 at 12:39

« Le jour de la sirène » une émission réalisée avec Radio.Graphie et La voix des rroms, tous les premiers mercredi du mois…le jour où retenti la sirène

Mercredi 6 novembre sur Fréquences Paris Plurielles ( 106.3) en direct de 17 heures à 18 heures ce sera la septième émission.

Vous pourrez entendre :

une rencontre avec jean-Claude Lefort enrgistrée à Ivry.

le retours sur les infos avec « un autre regard » : le cas Leonarda, ou l’histoire du kosovo /cas de nombreux Kosovar apatrides de fait. / les anges blonds ou les diables noirs ? diabolisation des familles rroms.

En réécoute ici et ici

Bonne écoute.

Roms. De la sanction médiatique à la répression : le grand évitement

In Uncategorized on novembre 5, 2013 at 12:24

Un texte publié sur le site de Urbarom, qui à le mérite de poser les bonnes questions : le racisme envers les rroms, n’est-il pas afin d’évacuer les vrais questions économiques, sociales et politiques qui devraient traverser l’Europe d’aujourd’hui. le collectif contre la xénophobie s’associe à cette analyse pertinente et peu diffusée.

May.

4 novembre 2013

A la “Une” d’Urba-Rom, une tribune que nous devions publier dans le Monde mais qui a finalement été refusée par l’équipe de direction, non pas pour des raisons relatives aux idées exprimées par les auteurs que pour le fait d’avoir, pour illustrer le traitement de la “question rom” par les médias…, pris l’exemple de l’édition numérique du Monde (LeMonde.fr)! Nous laissons aux lecteur le soin de juger par eux-mêmes.

Quartier de la Plaine Saint-Denis, 1998 : autour du Stade de France récemment inauguré, des familles roumaines et bulgares vivent en squats et en bidonvilles. Mais les sièges sociaux des grands groupes comme SFR ont progressivement succédé aux habitats précaires. C’est donc désormais dans les rares friches urbaines ou aux confins du Grand Paris que sont relégués les Roumains, Bulgares et Polonais venus travailler à la Plaine, sur les grands chantiers ou dans le secteur informel (travail au noir, mendicité, récupération). À Paris comme ailleurs, la « reconquête urbaine » des anciennes marges contraint les moins fortunés, migrants ou non, à se loger à distance croissante des centres d’activité économique ou à se satisfaire d’un habitat précaire.

Ces Roumains et ces Bulgares vivant en bidonville et que l’on appelle désormais « Roms » seraient ainsi près de 16 000 sur l’ensemble du territoire français, soit une (infime) partie des 3,6 millions de mal-logés et des 133 000 sans domicile fixe officiellement recensés. De ces « Roms », il est pourtant très régulièrement question : du  1er janvier 2012 au 1er octobre 2013, le Monde.fr a publié 379 articles sous son onglet « société/immigration et diversité » et 30% (113) de ces articles ont été consacrés aux soi-disant « Roms ». Environ 16 000 personnes occupent donc 30% de l’attention duMonde.fr sur les questions d’immigration. Rappelons qu’il y a plus de 100 000 Roumains en France et 2,7 millions d’étrangers. Pourquoi privilégier ainsi le traitement ethnique de l’immigration roumaine et bulgare aux dépens du cadre habituel de la nationalité ? Comment, par ailleurs expliquer  une telle disproportion entre le nombre effectif des migrants pauvres et leur traitement médiatique ?

Cette disproportion vient sans doute, en partie, d’une hyper visibilité de la grande pauvreté au cœur des métropoles. Un bidonville, une femme mendiant sur les Champs Elysées ou à la Défense influencent davantage la communication politique que toutes les statistiques sur la précarité dans les quartiers périphériques. En outre, cette visibilité de la « pauvreté étrangère » se trouve renforcée par les évacuations régulières des lieux de vie : la mise en circulation forcée de petits groupes forge, à l’échelle locale et dans les médias, l’impression d’une invasion permanente. Le caractère cyclique de l’actualité « rom » produit ainsi les clivages nécessaires au spectacle politique et les médias se nourrissent de ces emballements avec l’assurance d’obtenir un débat animé.

Manuel Valls prétend ainsi évacuer les bidonvilles et reconduire les personnes hors du territoire national ; il affirme par ailleurs vouloir évaluer la capacité des personnes à s’intégrer à l’aune des modes de vie. Dans les faits, nombre de mairies refusent de scolariser les enfants et les actions locales en faveur de l’hébergement et de l’insertion ne concernent qu’une petite minorité des habitants des bidonvilles, et ce même si l’État a fait du relogement des personnes une priorité avec la circulaire du 24 août 2012. Ainsi, la démission de l’État est flagrante, en tout cas en ce qui concerne la protection des personnes : le silence de la ministre des Affaires sociales est assourdissant et il est bien difficile d’identifier la politique qu’entend mener la ministre de l’Égalité, des Territoires et du Logement dans les « campements roms »….. Où en est on par ailleurs la coordination des initiatives locales d’insertion? Quel est le bilan du Délégué Interministériel à l’Hébergement et à l’Accès au Logement, chargé par Matignon du dossier « Rom » ? La séquence lamentable à laquelle nous venons d’assister pose ainsi de vraies questions non seulement sur la récurrence prévisible d’une « question rom » désormais au cœur de la stratégie de légitimation politique à gauche comme à droite, mais aussi sur les modalités effectives du travail interministériel et sur l’articulation des différents niveaux de pouvoir.

De notre point de vue, un autre enjeu de la « question Rom » concerne le nivellement européen de la valeur travail. Près de quatre millions de Roumains sont aujourd’hui expatriés : le salaire médian en Roumanie stagne autour de 350 euros par mois, et aucun mécanisme de rattrapage n’a été prévu lors de l’entrée du pays dans l’UE en 2007. À cela s’ajoutent des  régimes différenciés de mobilité selon les statuts socio-économiques des citoyens communautaires. Il existe par conséquent une Europe à plusieurs vitesses, laquelle décide manifestement de dissimuler la question de la précarité qu’elle engendre derrière une fausse polémique sur la place d’une « minorité » fantasmée dans l’UE. Il est vrai qu’un débat sur les inégalités sociales ou sur le rééquilibrage des salaires et la construction d’une Europe des droits sociaux serait plus complexe à mener et nécessiterait davantage de volonté politique ou tout simplement de courage de la part des institutions européennes et des États-Membres que de discourir sur les « Roms » !

Grégoire Cousin, Ludovic Lepeltier-kutasi, Olivier Legros, Martin Olivera, Tommaso Vitale, membres de Urba-Rom, Observatoire européen des politiques publiques en direction des Roms/tsiganes, ainsi que Ilsen About historien, Thomas Aguilera politologue, Bruno Cousin sociologue

http://urbarom.hypotheses.org/242