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Le livre du PEROU est en librairie: « Considérant qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir. »Sur l’art municipal de détruire un bidonville.

In Revue de presse on mars 25, 2014 at 14:38

LE PEROU continue a oeuvré sur le terrain de Grigny, où des familles expulsées du bidonville de Ris-Orangis se sont réinstallées. Par ailleurs un projet de « base de vie » pour quelques famille d el’ancien terrain de Ris-Orngis a été validé et l’aménagement de cette base de vie voit enfin le jour. Vous pouvez participer les week end a son aménagement . pour cela visiter le site du journal de l’Ambassade du PEROU.

l’association:

Association loi 1901 fondée en octobre 2012 et présidée par le paysagiste et écrivain Gilles Clément, le Pôle d’exploration des ressources urbaines (PEROU) est un laboratoire de recherche-action sur la ville hostile, conçu pour faire s’articuler action sociale et action architecturale en réponse au péril alentour, et renouveler ainsi savoirs et savoir-faire sur la question. S’en référant aux droits fondamentaux européens de la personne et au « droit à la ville » qui en découle, le PEROU se veut un outil au service de la multitude d’indésirables, communément comptabilisés comme cas sociaux voire ethniques, mais jamais considérés comme habitants à part entière. Fondateur et directeur du PEROU, Sébastien Thiéry enseigne à l’EnsdadLab (Ensad Paris) et à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais et à celle de Versailles ; il est membre du comité pédagogique de l’École des Arts Politiques (Sciences Po Paris), et cofondateur de l’Université Foraine.

Le livre:

Le 29 mars dernier, le Maire de Ris-Orangis signait l’Arrêté municipal n° 2013/147 qui allait faire se précipiter trois jours plus tard les pelleteuses sur le bidonville dit de la « Nationale 7 », renommé par nos soins « Place de l’Ambassade ». Le 14 mars 2014, soit moins d’un an plus tard, nous publions Considérant qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir, ouvrage dans lequel, in extenso, est reproduit cet arrêté. Ainsi s’agit-il de rendre public un acte nous engageant collectivement, puisque signé par un élu de la République. Ainsi s’agit-il de donner ce texte de 8 pages à lire, à scruter, à comprendre autant que faire se peut, exercice démocratique fondamental puisqu’il s’agit bien de saisir ce qui s’énonce en notre nom. Tel exercice nécessite, par définition, culture de la plurivocité en opposition à ce que ce texte porte de sens unique. Nous avons alors adressé cet Arrêté municipal à trente auteurs en leur proposant de le « traduire » dans leur propre langue. Le résultat est peu commun : philosophes, architectes, poètes, artistes, traducteurs, et autres metteurs en scène brisent l’édifice, et l’ouvrent à une prise multiple, joyeuse, rageuse, sensible, ou encore clinique. Le résultat est peu commun : ce texte a priori conçu pour ne pas être lu nous apparaît, à la force des 320 pages qui composent cet ouvrage manifeste, comme monument de notre misère politique contemporaine, condensé de tous nos abandons. Telle lecture produit alors comme un appel à toutes les ripostes non seulement possibles mais nécessaires.

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Les nombreux contributeurs:

Jean-Christophe Bailly, écrivain – Étienne Balibar, philosophe – Stéphane Bérard, artiste – Chloé Bodart, architecte – Patrick Bouchain, architecte – Robert Cantarella, metteur en scène – Charlotte Cauwer, architecte – Hélène Cixous, écrivain – Julien Choppin, architecte – Gilles Clément, paysagiste – Margot Crayssac, architecte – Jean-Paul Curnier, philosophe – François Cusset, philosophe – Nicola Delon, architecte – Valérie De Saint-Do, journaliste – Jac Fol, philosophe – Jean-Michel Frodon, critique – Didier Galas, metteur en scène – Édith Hallauer, chercheuse – Cyrille Hanappe, architecte – Loïc Julienne, architecte – Isabelle Lassignardie, poète – Franck Leibovici, poète – Ronan Letourneur, metteur en scène – Francis Marmande, écrivain – Béatrice Mesini, géographe – Richard Sabatier, architecte – Merril Sinéus, architecte – Ramona Strachinaru, médiatrice – Michel Surya, philosophe – Aude Tincelin, photographe -Jean Torrent, traducteur.

chez POST Editions

 

 

 

Visionner le film de Sébastien Thiéry (PEROU) :

« Considérant qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir » : http://www.post-editions.fr/considerant.html

 

Présentation de « Roms & riverains »

In Rroms, Vos infos. on mars 10, 2014 at 12:29
Éric Fassin, Carine Fouteau, Serge Guichard et Aurelie Windels présenteront Roms & riverains à l’invitation de la Librairie du Jeu de Paume le jeudi 13 mars de 19h à 21h.
L’argument est le suivant : ce qui se passe autour des Roms n’est pas l’éternel retour d’une haine du nomade (les Roms bougent surtout parce qu’ils sont chassés.), ce n’est pas identique à ce qui se passe autour des immigrés extra-européens (précisément parce qu’ils sont européens), ce n’est pas non plus la simple répétition de ce qu’on a connu sous Sarkozy (et si c’est pire, c’est que les mesures transitoires touchent à leur fin). Il s’agit ici de race – et non pas simplement de racisme. En effet, parce que les Roms sont (quasi) européens, ils ne peuvent (plus) faire l’objet de discriminations légales. Pour autant, il n’est pas question de les intégrer. En pratique, se met en place aujourd’hui ce qu’on peut appeler « auto-expulsion : on rend la vie impossible aux Roms pour les dissuader de rester ou de venir. Pour justifier la discrimination, il faut supposer, a priori ou a posteriori, une différence radicale – qui seule autorise ce traitement inhumain. C’est en cela qu’il faut bien parler de race. Il n’est donc pas étonnant qu’on retrouve un discours sur la « culture » qui est la forme moderne de la « race » : les Roms sont de nature différente (« ils n’ont pas vocation à rester en France », « ils ont vocation à rentrer dans leur pays » – Manuel Valls). Ce qui est frappant, c’est qu’on ne trouve pas ici de justifications « démocratiques », comme c’est le cas pour l’immigration et l’islam (au nom de l’égalité entre les sexes, ou de la laïcité, ou encore parce qu’à la différence de « nous », « eux » seraient homophobes ou antisémites, autrement dit, antidémocratiques). Le racisme à l’encontre des Roms n’a pas à être justifié : La différence radicale s’impose comme une évidence. Comment fonder une politique de la race, que les principes de la France et de l’Europe interdisent ? En la dépolitisant. La dépolitisation passe par un double déplacement : d’une part, un transfert de l’État aux autorités locales – une municipalisation ; la politique d’État se donne ainsi comme une simple réponse à la demande locale ; d’autre part, en même temps, les autorités municipales revendiquent pareillement de ne pas faire de politique – elles s’abritent derrière une demande populaire : les riverains. Il importe ici d’éviter toute équivoque : il ne s’agit pas de valider ce populisme, mais de montrer comment il s’autorise du peuple. Le riverain n’est pas une catégorie sociologique. C’est une catégorie produite politiquement. Toutefois, elle peut devenir réelle : le riverain, avec l’aide des autorités locales, peut mener des pogroms. Reste une question : si le racisme n’est pas la cause, mais l’effet de la politique (autrement dit, si l’on inverse la logique du populisme), pourquoi nos politiques, en particulier de gauche aujourd’hui, réinventent-ils la race – alors même qu’ils se veulent antiracistes ? L’hypothèse ( banale mais fondée), c’est que le racisme d’Etat (ou sa version municipalisée) est l’envers logique, voire nécessaire, du ralliement de la gauche aux politiques néolibérales.

Éric Fassin, Carine Fouteau,Serge Guichard et Aurelie Windelsprésenteront Roms & riverains (La fabrique éditions, paru le 20 février 2014) à l’invitation de la Librairie du Jeu de Paume (espace éducatif – 1, place de la Concorde 75008 Paris) le jeudi 13 mars de 19h à 21h.

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Pour éviter race, mot par trop malsonnant, on admet plutôt que la « question rom » est une affaire de culture. De fait, la culture rom, sorte d’errance sans but dans un paysage d’ordures, de boue et de rats, est difficilement compatible avec « la nôtre ». D’où leur vocation – à ne pas séjourner chez nous, à être expulsés vers leurs pays d’origine où ils trouveront plus facilement leurs marques.

Ce livre montre comment l’État français, empêché par ses propres lois de traiter les Roms, citoyens européens, comme il traite les sans papiers tunisiens ou maliens, délègue aux municipalités la tâche de démolir les camps et de chasser leurs habitants. Il montre comment, pour ce faire, maires et adjoints s’appuient sur un réel ou supposé « ras-le-bol » des riverains. Il montre aussi, circulant comme des fantômes, les enfants roms, par terre avec leur mère sur un carton rue du Temple ou cheminant dans la nuit sur le bord de la nationale pour gagner l’école d’une commune éloignée qui accepte de les recevoir.

Un livre pour voir ce que nous avons chaque jour sous les yeux.

  • Éric Fassin est professeur à Paris 8 (département de Science politique et Centre d’études féminines et d’études de genre) et chercheur à l’IRIS et au LabTop /CRESPPA.
  • Carine Fouteau est journaliste à Mediapart.
  • Serge Guichard est militant, membre fondateur de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines roms (Asefrr).
  • Aurélie Windels est journaliste et coordinatrice du collectif Cette France-là.

Source : http://lafabrique.atheles.org/livres/romsrive…
Source : http://www.librairiejeudepaume.org/agenda.php