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Le comité de soutiens aux victimes de l’incendie du 163 rue des Pyrénées répond au scandaleux courrier de madame le Maire, Calandra.

In Uncategorized on décembre 9, 2011 at 21:08

Une réponse argumentée du Comité de soutien aux victimes de l’incendie du 163 rue des Pyrénées au communiqué de Madame Calandra, maire du 20ème.

Madame Calandra, maire du XX arrondissement, a adressé par voie électronique à de nombreux habitants de l’arrondissement le 2 décembre 2011 un communiqué concernant la publication des résultats de l’enquête policière portant sur l’incendie du 163 rue des Pyrénées dans la soirée du 24 novembre 2011.
Ce sinistre a coûté la vie à 1 homme et mis à la rue 113 Roms dont 43 enfants.
Le comité de soutien aux victimes du 163 rue des Pyrénées s’étonne des propos contenus dans ce communiqué qui s’apparente à  une entreprise de dédouanement par le biais d’omissions, de dénégations, de confusions et d’insinuations dont les destinataires ne sont jamais nommés, permettant ainsi tous les amalgames et entravant toute compréhension des faits et des responsabilités.

Pourquoi ces insinuations, dénégations, cynisme ?

1.  D’une part, prêter aux militants, soutiens et habitants, dévoués à leurs tâches et convictions, l’humour douteux de nommer un squat « la Baraka », relève à la fois de la dénégation et d’une tournure d’esprit pour le moins mal intentionnée. Faut-il tenir rigueur aux opprimés de s’organiser et de trouver ainsi la « protection » que les pouvoirs publics et l’État ne leur donnent pas ?

2.    D’autre part, pourquoi s’insurger contre ceux qui auraient parlé de « pogrom en plein Paris » et laisser sous entendre que tous les soutiens aux familles Roms se retrouveraient derrière cette formulation ? Si nous ne nous retrouvons pas, pour le collectif de soutien aux familles Roms derrière cette caractérisation de « pogrom », il nous semble important de bien avoir conscience que les politiques publiques actuelles et certaines attitudes attisent les racismes anti Roms. Le soutien aux manifestations contre les marchés des biffions dont un bon nombre sont des Roms attisent selon nous les tensions des riverains et commerçants. Nous sommes par ailleurs dans un contexte politique national où des discours xénophobe, particulièrement anti-roms,et autres atteintes aux droits confirment la mise en place d’un climat clairement anti roms en France. Le rôle d’une municipalité engagée contre toutes les formes de racisme doit être pour nous de contribuer clairement à encourager celles et ceux qui développent les solidarités avec les familles Roms.

3. Quant à la mise en cause d’une « cheminée de fortune » dans le déclenchement de l’incendie, quelque soit la réalité d’une telle explication, elle permet de faire porter la responsabilité de leur malheur sur les victimes elles-mêmes. Rappelons que c’est aux pouvoirs publics de créer les conditions effectives de l’accès à un logement et hébergement pour toutes et tous. En outre, les familles vivent aujourd’hui dans des conditions bien plus précaires et dangereuses que lorsqu’elles vivaient rue des Pyrénées. Les soins médicaux ne peuvent être suivis, l’entraide familiale est rompue et la scolarisation mise en péril.

Par courrier du 6 novembre 2011 le Comité de soutien aux victimes a demandé un rendez vous à la Maire.
Lors du conseil d’arrondissement du 7 novembre Madame la Maire s’était engagée à nous recevoir. Une déclaration avait été adoptée à ce conseil ainsi qu’un vœu de toute la majorité lors du Conseil de Paris des 14 et 15 novembre. Il réaffirmait notamment l’engagement de rencontrer le comité de soutien aux familles Roms et la prise en charge en terme d’hébergement d’urgence des familles d’enfants scolarisés à proximité des lieux de scolarisation. Une famille dont un enfant était scolarisé sur l’arrondissement est à la rue depuis plusieurs jours sans qu’aucune prise en charge ne lui soit proposée. Aucune concertation avec les  collectifs et associations engagés avant et après l’incendie auprès des familles n’a eu lieu et le dialogue entre ces dernières et Emmaüs – Coup de Main est à ce jour totalement inexistant. Pourquoi de tels silences ? Qu’en est-il concrètement aujourd’hui concernant les prises en charge et les accompagnements des familles ? Pourquoi n’avons-nous pas encore été reçus ?

Nous prenons acte que Mme Calandra demande une table ronde francilienne et nous sommes favorables à y prendre toute notre place si nous y sommes conviés. Nous réitérons notre demande de rencontre afin d’engager un véritable débat qui permette un climat serein dans l’approche des questions afin que notre arrondissement réponde, comme est sa tradition,  par la solidarité et la fraternité

Le Comité de soutien aux victimes du 163, rue des Pyrénées,
LDH Paris 20, Fasti-Asti de l’Est Parisien, Collectif Baraka, RESF 20è, Harissa Sauce Blanche, MRAP, Sud Education, SNUipp FSU Paris, CGT 20, FASE, NPA, PG20è, EELV,
Avec le soutien de la Délégation de Paris du Secours Catholique.

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Témoignage sur l’arrestation des rroms de la Baraka

In Uncategorized on novembre 25, 2011 at 10:58

Les familles de la Baraka ont occupées un bâtiment du 20ème  et en ont été expulsé sans l’ombre d’une procédure judiciaire.

Ils étaient installés là pourtant depuis plus de 48 heures la police étant passées elle-même le lundi. Mais pas de procédure légale…  Une accusation de dégradation des lieux aura suffit à faire embarquer une majorité d’homme mais pas uniquement au commissariat du 20ème. Ils en sont ressortis avec des OQTF, obligations a quitter le territoire, qui  seront contestées : rappelons que la Roumanie fait partie de l’union européenne depuis 2007 !!

Ci dessous un témoignage d’une habitante du 20ème arrondissement qui connaît bien les familles installées dans le 20ème depuis un an.

Voici les dernières nouvelles des habitants de la Baraka

Hier Mardi 22 novembre 2011 des familles de la Baraka ont été expulsées du 1 rue Florian où elles avaient trouvé refuge depuis jeudi 17 novembre 2011.
La police était passée le samedi 19 novembre 2011 et avait pris l’identité des personnes qui s’étaient installées dans ce squat où quelques artistes avaient leurs ateliers, eux même devant quitter les lieux quand ils auraient vidé les ateliers, pour ce faire ils avaient quelques semaines.
Ce mardi 22 novembre 2011 à 6h40 du matin, 7 cars de police et une voiture balisée sont arrivés et ont vidé les lieux sans violence certes.
Nous étions deux à être témoins (Agnès et moi Galit).
Un des membres de la Baraka m’a téléphoné afin de m’avertir et j’ai immédiatement prévenu certaines personnes susceptibles de leur venir en aide
Nous nous sommes tous retrouvés devant le commissariat rue des Gâtines, Paris 20è.
Nous avons attendu qu’ils soient relâchés jusqu’à midi.
Les hommes ont tous reçu l’ ordre de quitter le territoire sous un mois avec 48h pour faire appel (procédure normale), quelques femmes également, mais pas toutes.
Il y avait des jeunes enfants + nouveau né (un ou deux).
Certaines femmes sont autorisées à rester en France, ce qui revient à dire qu’elles seront seules sans leurs maris et donc encore plus vulnérables.
Les très jeunes filles et enfants étaient effrayés et c’est peu dire.
La police à qui Agnès et moi même avons parlé au 1 rue Florian nous avait assuré qu’il n’y aurait aucun problème et que les familles seraient relâchées sous deux heures après vérification d’identité : MENSONGES !!!!
Nous n’avons pas eu le droit d’accompagner les familles dans le commissariat bien sûr, mais les familles nous ont dit que là, la police était beaucoup moins « cordiale » (qu’avec nous) et que le discours était plus que méprisant.
J’ai pu me rendre compte du mépris de la police lorsque nous attendions le reste des familles toujours retenues à l’intérieur !
Les conditions de relogements ne sont pas convenables, certaines familles ayant des enfants scolarisés se sont retrouvés en hôtel loin de Paris, d’où l’impossibilité pour les enfants de continuer l’école et cela malgré les dires de la maire du 20è à savoir que chaque famille avec enfant scolarisé serait relogée à l’hôtel dans le 20è (promesse non tenue)
Certains ont accepté les conditions précaires de relogement en hôtel et d’autres non, ils sont à la Rue et pour ces familles là, il es très difficile de savoir où ils sont exactement.
Certains sont repartis ou vont repartir en Roumanie, où là aussi, les conditions sont déplorables.
GB

Collectif contre la xénophobie.