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Solidarité avec Raymond Gurême victime de violence policière/ Signez la pétition.

In Communiqués on novembre 11, 2014 at 18:37

Un rassemblement aura lieu le 30 Novembre à 15H à la gare de Brétigny s/Orge, où arrivaient les déportés avant d’être internés au camp de concentration de Lynas.

(En présence de Raymond Gurême et de sa famille)

Nous condamnons avec force les violences inqualifiables dont Raymond Gurême, âgé de 89 ans, a été victime le 23 septembre 2014 lors d’une intervention policière sur son terrain.

Ancien résistant qui s’est évadé des camps d’internement pour « nomades » de Vichy et des « camps de travail » nazis, Raymond Gurême présente des traces de coups et des contusions multiples qui ont été constatées par son médecin traitant. Quatre de ses enfants et petits-enfants, qui se sont interposés pour le défendre, ont également reçu des coups et ont été condamnés pour « outrage et rébellion ». Ils ont fait appel.

Nous ne nous contenterons pas des dénégations policières, émanant notamment de la commissaire qui dirigeait ce déploiement policier massif et ne se trouvait pas sur place lors de l’agression.

Mobilisés au côté de Raymond Gurême, auquel nous réaffirmons ici notre admiration pour tout ce qu’il incarne, nous demandons aux autorités françaises –  présidence de la République, Premier ministre, ministre de l’Intérieur, ministre de la Justice, secrétaire d’Etat aux anciens combattants… et aux institutions européennes de garantir une enquête approfondie et impartiale sur le cadre et le déroulement de cette intervention policière ainsi que sur les conditions dans lesquelles Raymond Gurême a reçu de multiples coups d’une grande violence.

Nous dénonçons de la manière la plus ferme les multiples entraves rencontrées depuis le 23 septembre pour porter plainte, ces obstacles étant malheureusement habituels en France pour les procédures intentées par des citoyens contre la police ou la gendarmerie.

Nous tenons à souligner en particulier que Raymond Gurême ne s’est vu délivrer aucune réquisition pour un rendez-vous à l’Unité de consultations médicojudiciaire (UCMJ), seule habilitée à faire des constatations spécialisées et à définir une durée d’ITT (incapacité temporaire totale). Et ce malgré de multiples demandes auprès de la gendarmerie d’Egly, du parquet d’Evry et de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Sa plainte n’a donc pas été correctement prise en compte et semble pour tout dire promise à un enterrement de première classe dans trois mois, à l’issue de l’enquête confiée à la commission de déontologie départementale par le parquet d’Evry.

Nous demandons aux autorités françaises et européennes d’agir concrètement et rapidement pour que des poursuites soient engagées contre les policiers mis en cause dans cette affaire et plus généralement pour qu’il soit mis un terme à l’impunité dont les forces de l’ordre bénéficient en France.

Nous demandons également que cessent enfin les multiples discriminations que continuent à subir les « gens du voyage », que leur mode de vie soit itinérant, semi-itinérant ou sédentaire. Il est inacceptable que les « gens du voyage » soient toujours enfermés dans un statut d’exception qui les prive des droits les plus élémentaires, les livre à la vindicte populaire et les rend vulnérables à toutes les formes d’arbitraire, notamment policier. Et ce malgré les multiples condamnations internationales (ONU, Conseil de l’Europe…) et l’abolition partielle de la loi de 1969 par le Conseil constitutionnel en 2012.

Plus de 70 ans après l’internement arbitraire en France et le génocide des tsiganes en Europe, il est inadmissible que les rapports de l’administration française, et notamment celui de la commissaire d’Arpajon, continuent à parler de « camps » pour désigner les terrains familiaux des voyageurs, pour ne rien dire des « gazeuses » désignant les bombes lacrymogènes.
Alors que les autorités françaises célèbrent le centenaire de la guerre de 1914 et les 70 ans de la Libération, rappelons avec force à ceux qui considèrent les Voyageurs comme d’éternels « étrangers de l’intérieur » que, comme de nombreux « forains » et « nomades », le père de Raymond Gurême a versé « le prix du sang » pendant la Première guerre mondiale et que Raymond a participé à la Résistance et à la Libération de la France dès qu’il a pu s’échapper des camps.

C’est sur cet homme-là, maillon essentiel de notre mémoire collective, que des coups se sont abattus plus de 70 ans après les coups qu’il a reçus de la police française dans les camps d’internement.

Nous exigeons que les autorités françaises sortent enfin de leur silence et qu’elles condamnent solennellement l’antitsiganisme qui, comme toutes les formes de racismes, est intolérable dans la France et l’Europe du XXIème siècle mais demeure solidement ancré au sein des institutions et des mentalités.
Fin.

SIGNEZ LA PETITION : http://www.petitions24.net/solidarite_avec_raymond_gureme

Communiqué du Collectif contre la xénophobie

In Communiqués on octobre 2, 2014 at 13:32
« Nous apprenons l’agression de Raymond Gurême, dans sa roulotte, sur son terrain, par des agents de la BAC d’Arpajon. Rappelons que Raymond, à 89 ans, est un symbole de la déportation des tsiganes pendant la seconde guerre mondiale, à laquelle il a réussi à s’échapper, à 15 ans, épisode dont il témoigne, témoignant pour toutes les victimes du Samudaripen, ainsi que s’appelle le génocide des tsiganes exécuté par les nazis. Ceux-ci bénéficiaient en France de la collaboration active de la police et de la gendarmerie française, organisant les rafles et retenant dans des camps les tsiganes, de même que les juifs. »
« L’agression gratuite, et non moins intentionnelle, d’un vieil homme par des fonctionnaires de police demande des sanctions. Et que tous les responsables aient à répondre. Or, depuis le 23 septembre, on constate qu’aucune mesure administrative ne semble avoir été prise envers les fonctionnaires qui ont commis cette agression. C’est donc au Préfet et au ministre de répondre : considèrent-ils que c’est la norme de la République, que des individus soient salariés avec l’argent des contribuables pour terroriser des citoyens ? Et surtout, qu’ils se dépêchent de s’excuser auprès de Raymond Gurême, ne serait-ce qu’au titre de ce qu’il incarne qui mérite plus d’égards que des coups de matraques. »
« La gravité de ces comportements policiers nous rappelle utilement l’urgence de la revendication souvent exprimée de la dissolution des BAC. Ces « brigades anti-criminalité » se comportent systématiquement de façon délictuelle, sinon criminelle, en vertu de leur théorie d’une présence « proactive » dans la population, qui suppose qu’elles aillent au contact des citoyens pour provoquer les incidents qu’elles répriment ensuite…
Ainsi, les fils de Raymond qui protestaient contre le tabassage de leur vieux père ont été condamnés, dès le lendemain, en comparution immédiate, pour « outrage et rébellion » ! Ces méthodes doivent cesser et nous appelons toutes les organisations de la société civile à se joindre pour obtenir au moins justice et réparations pour Raymond Gurême et ses enfants. »
Michel Sitbon
Porte parole du Collectif contre la xénophobie 
créé en 2010 suite au discours xénophobe du Président de la République, Nicolas Sarkozy, à Grenoble.