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Camp de roms attaqué de nuit par des hommes armés: les policiers de la BAC tirent sur les victimes

In Revue de presse on février 10, 2015 at 16:22

Quelque chose de grave

Quelque chose de grave vient d’avoir lieu en France. Une étape supplémentaire dans la banalisation d’un racisme d’État. Un ami vient m’a écrit dans la nuit pour m’en alerter, et, bien sûr, je veux relayer son alerte. Qu’ici et ailleurs les écrivains, poètes ou romanciers, journalistes ou blogueurs donnent à leur tour un écho à ce que vit le peuple R

rom aujourd’hui, en France et en Europe. Nous devons raconter. Nous devons témoigner. Je reprends les mots de Philippe Lagatie, ami de longue date avec des familles rroms établies sur le campement qui a subi l’agression policière :

 

Dimanche 8 février 2015, quatre agents de la BAC (Brigade Anti-Criminelle) sont intervenus sur le camp rrom de Quatre-Cantons, près de Lille. Il faisait nuit, il était près de 22 heures et tout était calme sur le campement. Pas d’uniformes ni de brassards, voiture banalisée, les agents ont immédiatement gazé les habitants du camp qui s’approchaient, inquiets d’une telle intervention.

Un témoin raconte : « Ils avaient l’air ivres ou drogués, ils sont tombé deux fois dans les remblais tout seuls”.
Sans raison ni explication, ils ont agressés plusieurs personnes. Essentiellement des enfants. Des adultes les ont chassés du camps, les repoussant de manière pacifique, autant que possible, de manière à protéger les enfants. Les policiers ont dégainé et tiré des coups de feu en l’air. Une grenade lacrymogène à été lancée dont les émanations ont brûlé les yeux des enfants.

Des renforts ont été appelés. À peine arrivés sur place, des agents de police en uniforme ont engueulé leur collègues pour leur comportement injustifié.

Un enfant a été étranglé, une personne blessée aux yeux : deux plaies causées par une grenade lacrymogène. Des familles sont sous le choc,  les yeux brulés par le gaz.

Aucune interpellation, aucune arrestation n’a eu lieu.

Le lendemain matin, on ignore toujours la raison de l’intervention.
Anna Maria, l’une des médiatrices du campement qui est aussi une jeune maman, à tenté de parlementer avec les fonctionnaires de police. Elle a été insultée et molestée par les agents.

Source d’information : Secret Lazar , médiateur Rom,  07.55.27.63.73.

Philippe Lagatie

 

Ce matin, lundi 9 février à 9H30, témoignage de Philippe Lagatie :
« Je reviens du camp ce matin, ou j’ai été soutenir mes amis, leur apporter mon réconfort, m’assurer que les enfants allaient bien, en compagnie de Pat Bardet.

La petite Maria, six ans a eu son manteau déchiré par un policier sur 15 centimètre du bas vers le haut, le manteau ferme quand même, mais l’intérieur, le rembourage s’en va par la déchirure. Elle était venue dimanche après midi chez moi, son manteau était alors en parfait état.
Les enfants, qui m’ont invité à partager avec eux quelques graines de tournesol passées à la poêle, en guise de petit déjeuner, m’ont dit « que les policiers ont jeté une bombe qui a fait du feu et puis boum », probablement une grenade de gaz ?

Les adultes sont choqués de cette violence et n’ont pas dormi de la nuit.

Les responsables de la communauté ont été contactés par l’AFP, une enquête est en cours, une action envisagée.

Les adultes qui ont souvent des rapports courtois avec la police à qui, il arrive c’est vrai, d’aller au camp, ont été surpris de cette manière inhabituelle et ultra violente d’agir, surtout sans se présenter ni demander quoi que ce soit. Ils ont gazé de suite.

Les francophones ont aussi été très choqués des tombereaux d’insultes racistes proférées par les fonctionnaires de police.

Aucune personne convoquée au commissariat, aucune personne arrêtée, on ne sait toujours pas pourquoi ils sont venus, et l’AFP pour l’instant n’a pas encore d’informations supplémentaires.

La Ligue des droit de l’homme à été informée, tant à Paris qu’à Lille. Le service juridique de la LDH va saisir le procureur.

Des photos ont été prises par l’équipe de l’intercollectif rom 59-62 arrivés juste aprés les faits. Elles seront diffusée ultérieurement.

Un enfant a bien été étranglé par un policier, mais il va bien, malgré les traces de strangulation

L’adulte blessé, M. D, a deux petites plaies à l’œil droit une sur l’arcade sourcilière et une en haut de la pommette, causée par « la bombe lacrymogène ».

Le syndicat de la magistrature s’indigne des choix du maire de Saint-Denis

In Communiqués on janvier 3, 2015 at 14:00

Évacuation de terrain :

Le maire de Saint Denis fait du hors piste !

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IMG_8513Photos/ Marine Danaux. Les enfants du terrain et le camion école de l’ASET avant l’expulsion…

Communiqué de presse en réaction à l’arrêté d’expulsion adopté au mépris d’une décision de justice à Saint Denis (93)

Alors que la mise à l’abri des personnes en partance pour les stations de sport d’hiver est la préoccupation du moment, à Saint Denis (93), c’est sans une once d’hésitation que le maire vient de prendre un arrêté d’évacuation à destination de la vingtaine de familles qui avait trouvé, sur un terrain communal inutilisé, un refuge déjà bien précaire.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces pratiques municipales qui consistent, dans un arrêté sibyllin, à constater une insalubrité ou un danger que ces mêmes édiles ont refusé de voir lorsqu’il leur revenait d’organiser l’accès à l’eau courante et le ramassage des ordures… Mais il a fallu à la mairie de Saint Denis passer deux autres barrières, au moins morales : celle du grand froid, qui devait conduire à privilégier un abri, même de fortune, sur la vague promesse d’un hôtel social pour deux jours et, plus fondamentale, celle du nécessaire respect des décisions de justice.

Car c’est là l’indécence de cet arrêté d’expulsion : il survient alors qu’une décision du Tribunal de grande instance de Bobigny avait assorti sa décision d’expulsion des habitants d’un délai de huit mois, jusqu’en juin 2015 : un sursis à expulser destiné à permettre la poursuite des démarches d’insertion et la scolarisation des enfants, que les évacuations brutales mettent systématiquement à mal.

Le Syndicat de la magistrature condamne avec la plus grande vigueur ces pratiques par lesquelles, ici comme aux « Coquetiers » de Bobigny, les édiles locaux bafouent les décisions de justice pour renvoyer à la rue et à l’errance des hommes, des femmes, des familles qui avaient trouvé sur un terrain inexploité un abri de fortune et une stabilité indispensable à leur survie.

mail : contact@syndicat-magistrature.org <hr /> <h3>Un bidonville rom de 300 personnes évacué en Seine-Saint-Denis. /<a href= »http://www.liberation.fr/societe/2014/12/12/un-bidonville-rom-de-300-personnes-dont-des-enfants-evacue-en-seine-saint-denis_1162260″ target= »_blank »><span class= »author »>AFP</span></a><a href= »http://www.liberation.fr/societe/2014/12/12/un-bidonville-rom-de-300-personnes-dont-des-enfants-evacue-en-seine-saint-denis_1162260″ target= »_blank »> 12 décembre 2014</a></h3> <div class= »grid-2-1 main-content line »> <div class= »mod »><section id= »news-article »><article><header class= »banner-headline »> <div class= »description »> <h4>Le terrain, évacué à la suite d’un «arrêté de péril» pris par la mairie communiste de Saint-Denis, hébergeait «plusieurs dizaines d’enfants» pour lesquels des demandes de scolarisation avaient été faites.</h4> </div> </header> <div id= »article-body » class= »article-body mod »> <div> Un bidonville rom abritant environ 300 personnes, dont plusieurs dizaines d’enfants, a été évacué à Saint-Denis, sans qu’aucune proposition de relogement n’ait été proposée à la grande majorité des occupants, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Au total, <em>«280 personnes ont été évacuées sans incident»</em> jeudi matin, a expliqué un porte-parole de la préfecture. L’Etat<em> «a proposé une solution d’hébergement provisoire pour trois familles présentant une situation de vulnérabilité particulière»</em>, a-t-elle ajouté. En pratique, seul un couple avec enfants en bas âge, un couple dont la femme était enceinte et une famille avec deux enfants ont pu dormir à l’hôtel. Un diagnostic social, prévu par la circulaire Valls d’août 2012 sur les évacuations de bidonvilles mais dont l’inefficacité est dénoncée par les associations, avait été réalisé le 30 octobre, a précisé la préfecture.<em> </em><em>«On met des enfants dans la rue sans abri»</em>, <em>«c’est toujours le même truc ridicule»</em> consistant à évacuer un camp dont les occupants iront trouver un abri précaire ailleurs, a dénoncé Umberto Guerra, de l’association Rromeurope. <p class= »others »>Lire aussi <a href= »http://www.liberation.fr/societe/2014/10/22/roms-que-le-gouvernement-respecte-la-loi_1127194″ target= »_self »>Roms : que le gouvernement respecte la loi</a></p> Selon cette association, ce campement entre Seine et voie ferrée a été évacué à la suite d’un <em>«arrêté de péril»</em> pris par la mairie communiste de Saint-Denis qui n’était pas joignable dans l’immédiat. Le terrain évacué, occupé depuis quelques mois, hébergeait <em>«plusieurs dizaines d’enfants»</em> pour lesquels des demandes de scolarisation avaient été faites à la mairie de Saint-Denis, a précisé Andrea Caïzzi, de l’association d’aide à la scolarisation des enfants tsiganes (Aset), dont le bus passait deux fois par semaine sur le site. Comme cela se produit régulièrement après ce type d’évacuations, la plupart des Roms ont trouvé refuge dans d’autres campements du département ou du Val-d’Oise voisin, notamment à Argenteuil et Saint-Ouen l’Aumône, a précisé Andrea Caïzzi. Fin novembre, la commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) s’était alarmée du <em>«nombre sans précédent»</em> d’évacuations de bidonvilles en 2014,appelant à <em>«mettre fin à la violation des droits»</em> des populations roms. <h3>Plusieurs évacuation imminentes</h3> Ces dernières années, le département de Seine-Saint-Denis est celui qui a accueilli le plus de bidonvilles roms. En octobre, la préfecture recensait une cinquantaine de campements et bidonville roms dans le département. Les évacuations, mises en œuvre par la préfecture de ce département de banlieue populaire de Paris, se sont accélérées. En 2013, la préfecture a évacué 299 campements abritant 9 929 personnes – parfois les mêmes Roms évacués de plusieurs endroits successifs. Selon les associations, plusieurs évacuation de bidonvilles sont imminentes, notamment à Stains où 350 personnes sont menacées, suite à un arrêté municipal s’appuyant sur la dangerosité des baraquements et les plaintes de riverains.

L’affaire Valls/La voix des rroms passait le 4 décembre à la 17ème chambre : Première audience:

In contre la xenophobie on décembre 13, 2014 at 13:39

Pourquoi Valls doit être jugé par le tribunal de droit commun

Ce jeudi 4 décembre à 14 heures s’est tenue la première audience du procès pour incitation à la haine raciale que La voix des Rroms a lancé contre Manuel Valls.  Cette première audience portait uniquement sur la compétence du tribunal pour juger cette affaire, l’avocat du prévenu ayant soulevé que, – en tant que ministre et dans l’exercice de ses fonctions, – M. Valls était justiciable uniquement devant la Cour de Justice de la République. En 20 ans d’existence, cette “cour”, composée de 12 parlementaires et de 3 magistrats, n’a prononcé que 4 condamnations. Candidat, François Hollande a promis de la supprimer. Notre avocat, maître Henri Braun, a commencé sa plaidoirie en disant au tribunal: “Je dois faire un aveu: je n’ai pas confiance en la justice … de la Cour de justice de la République ». Effectivement, il y a de quoi…

Toujours est-il qu’il faut convaincre le Tribunal de grande instance de Paris, juridiction de droit commun, qu’il est compétent car les faits que nous reprochons à Manuel Valls n’ont pas été commis dans le cadre de ses fonctions de ministre de l’Intérieur (qu’il avait alors), telles que définies par le décret de sa nomination. Ce n’est effectivement pas en tant que ministre de l’intérieur qu’il ait pu dire entre autres:

  • “C’est illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion”
  • Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation”, ou encore

“les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie

En effet, la République ne reconnaissant pas les minorités ethniques, aucun de ses ministres ne peut prétendre en avoir la charge, même partiellement. Ainsi donc, lorsque Manuel Valls parle des Rroms, il ne peut le faire en tant que ministre, mais uniquement en tant qu’homme politique, exprimant une opinion politique et non pas une politique gouvernementale, car il ne peut y avoir de politique gouvernementale sur une population qui n’est pas reconnue en tant que telle par la loi. Il en irait autrement s’il visait expressément les “habitants roumains et bulgares de bidonvilles” p. ex., puisque l’aménagement du territoire et l’immigration font partie des attributions du ministre de l’Intérieur.

Ainsi donc, pour résumer, les arguments afin qu’il soit jugé par le tribunal de droit commun ont été utilisé de la manière la plus optimale. Logiquement, ils devraient orienter le tribunal à se déclarer compétent et donc à juger Manuel Valls au mois de mai 2015. Reste à savoir si la décision du tribunal, attendue pour le 19 décembre, suivra la logique juridique qui devrait s’imposer à chaque décision de justice. Quoi qu’il en soit, La voix des Rroms n’a pas l’intention de lâcher cette affaire, car elle est importante. Si elle ne trouve pas de solution satisfaisante devant la justice française, elle risque bien de finir à Strasbourg et dans quelques années seulement, mais nous n’abandonnerons pas.

 La voix des Rroms

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